Critique de concert Anna Calvi + Milkymee


Ce n’était pas une erreur : le concert d’Anna Calvi a bien eu lieu au Café Julien alors qu’elle aurait pu remplir deux fois le plus vaste Espace adjacent. Sans doute une volonté de la divine anglaise de jouer dans une salle à taille humaine en attendant d’avoir un répertoire plus conséquent.
Même sur le site de l’Espace Julien, il n’était nulle part mention d’une première partie. C’est donc les poings tout faits que nous voyons débarquer une demoiselle avec sa guitare.

La jeune fille saura vite nous rendre pacifiques avec ses armes à elle : sa fraîcheur, l’harmonieuse association de sa voix et de sa guitare au service de tendres ballades folky et de pièces plus enlevées.

Dans la première catégorie, de véritables perles comme Sally avec sa corde basse envoûtante, Nathalie Brown, chanson sur son (amie d’)enfance à Maison-Alfort, et même un des titres les plus dynamiques des Beatles (Help ! ) magistralement transformé en berceuse.
Dans la seconde, une pidjéharvesque "chanson pour Ben Schrager" et même un rock’n roll, Screwdriver.

Le public devient vite enthousiaste et Milkymee alias Emilie Hanak obtient même un rappel. Elle choisit de jouer une chanson sur l’hiver suédois, qu’elle a dû affronter 7 ans.
Jolie découverte ! Au stand merchandising, on s’aperçoit qu’elle a déjà deux albums à son actif, Songs For Herr Nicke (2007) et To All The Ladies In The Place With Style & Grace (2010) plus la Bande Originale du film Domaine avec Béatrice Dalle.

Pour sa prochaine tournée en automne, elle prévoit de se produire avec un groupe. La jolie découverte pourrait prendre une tout autre dimension…
In A Rented Room
The Truth
Too Fast
Help (Beatles cover)
Nathalie Brown
Screwdriver
Bring My Harp
Sally
No End In Sight
Sleezy Bar
Rappel :
All Skies Stained White

Anna Calvi débute également en solo : le chorus introductif de son merveilleux premier album. Elle en embellit encore la partie hispanisante, guitare hautement harnachée et manche à 45°.

Elle est souvent comparée à PJ Harvey. Mais sur No More Words, elle est plus proche des Rita Mitsouko. Avec un argument de plus – ce n’est pas faire injure à Catherine Ringer – la grâce. Escarpins à talons, pantalon noir, chemisier rouge et visage maquillé avec soin style glamour, sa beauté est un atout dont elle use avec bonheur. Nous en profitons d’autant plus que le lieu est exigu. Sans doute est-ce l’ingrédient qui transforme un très bon concert en instant magique.

Si je croyais en la réincarnation, je voudrais peut-être devenir guitare d’Anna Calvi. Ou plutôt son micro. Car si elle serre sa six cordes contre son cœur et y promène rapidement ses doigts pour Blackout, un dénommé Christian (?) la rejoint avec la sienne sur I’ll Be Your Man et elle la délaissera jusqu’au dernier titre.

Elle se consacrera alors entièrement à son micro. Premier tête à tête sur First We Kiss, tout un programme. Suit une reprise d’Elvis Presley, Surrender, 50 ans, pas une ride, avec ses parfums de Mexique.
L’accompagnement est très percutant avec l’excellent Daniel Maiden-Wood à la batterie et Mally Harpaz plus souvent aux percussions qu’à l’harmonium.

Cet instrument ouvre le sublime Desire, sommet des performances vocales qui ont agrémenté le set, titre qui justifie le plus la filiation qu’on lui attribue à Polly Jean. L’a-t-elle nommé ainsi par hasard à propos ?

Quant au sommet instrumental, il se situe sur le morceau final Love Won’t Be Leaving. Anna Calvi y reprend sa guitare et son solo nous file des frissons. Non, l’amour ne partira pas. Et Anna non plus avant de nous offrir deux derniers moments de pur bonheur. Inquiétant de constater que les thèmes en sont le diable et une princesse dévorée par les chiens…
Rider To The Sea (solo guitare)
No More Words
Blackout
I’ll Be Your Man
First We Kiss
Surrender (Elvis Presley cover)
Morning Light
Suzanne & I
Desire
Love Won’t Be Leaving
Rappel :
The Devil
Jezebel
Un double merci à Philippe qui m’a parlé le premier de la belle Anglaise et a eu la bonne idée d’être absent de Marseille ce weekend, me laissant profiter de sa place.
Plus de photos par Pirlouiiiit en cliquant ici
et une petite de Milkymee ici
Signature : mcyavellle 18/04/2011
Envoyer un message à mcyavell
Voir toutes les critiques de concert rédigées par mcyavell
Photographe : pirlouiiiit
Envoyer un message à pirlouiiiit
Voir toutes les critiques de concert photographiées par pirlouiiiit
>> Réponse (le 18/04/2011 par Pirlouiiiit)

>> Réponse (le 23/04/2011 par Philippe) De rien, enfoiré, je te déteste... Je me vengerai, j'ai bien l'intention de la voir 2 ou 3 fois en concert cette année. Ravi qu'elle tienne toutes ses promesses en live, en tout cas, ça donne très envie ! > Réagir à cette critique

le 7 novembre 2011 - Olympia, Paris (par Pierre Andrieu)


le 2 juillet 2011 - Presqu'île du Malsaucy, Evette Salbert, 3 juillet 2011 (par Philippe)
Café Julien - Marseille


le 08 avril 2012 - Café Julien – Marseille (par vand)
Copyright © Neolab Production 2000-2012. Reproduction totale ou partielle interdite sans accord préalable.
Conditions générales d'utilisation
Conditions générales d'utilisation


















