Critique de concert Anything Maria + Lilly Wood And The Prick


Une vague parisienne déferlait samedi 13 novembre au Portail Coucou. Sous égide féminine, la salle salonnaisse était dans de bonnes mains. Entre celle de la ravissante Anything Maria et celles l’énergique Lilly Wood accompagné de The Prick, le public avait de quoi passer une très bonne soirée.

White Stripe
Pour l’occasion Sophie alias Anything Maria avait vêtu tout spécialement sa plus jolie bande blanche. Seule sur scène, elle était quand même accompagnée de deux-trois machines ainsi qu’une d’une bonne vieille guitare, le strict minimum pour capter l’attention durant le temps imparti (pas assez longtemps selon moi mais première partie oblige), par conséquent pas si seule que ça. Savant mélange de trois grandes gueules musicales au féminin, PJ Harvey, Cat Power et plus récemment Beth Dito, Anything Maria possède toutes les cartes pour marquer la France de sa ligne… blanche !

Stoïque, AM fixe l’horizon, pour faire court l’obscurité d’un Portail coucou très bien rempli. Dans la fosse le public commence à s’entasser, par la suite ce sera pire, bon signe donc pour la demoiselle. Guitare en main, Anything ne se laisserait presque pas déconcentrée. C’était sans compter la ferveur d’un public masculin conquis qui hurle à tout va "Maria, on t’aime" en faisant des petits cœurs avec leurs mains, mignon n’est il pas ? C’est toujours mieux qu’un vulgaire "t’es trop bonne ".

" Cook him up ", assurément le morceau le plus électro de la soirée remettra les choses en place. Tendances gossipiennes assurées à la sauce AM. Entrainant, électrique, tout simplement puissant. A ce prix là, la mort dans l’âme, je laisse la jolie blondinette me cuisiner, comme elle l’entend ! Ensorcelé ? Absolument. Conquis ? Comme Christophe Colomb avec l’Amérique. Si sa la voix de Sophie y est pour quelque chose, ses danses et autres gesticulations n’y sont pas étrangères non plus…

La parole est d’argent, le silence d’or mais chez AM il est blanc. Allez savoir pourquoi, surement une histoire de bande… Quoi qu’il en soit, la douce influence de Cat Power se fait légèrement ressentir. Bercés par la douce voix de la midinette, les derniers spectateurs réticents succombent, seulement en restait il ? Forte de son succès l’ingénue Maria reviendra pour interpréter une reprise de Roy Orbison, un truc de la trempe des crooners anglais repris sans faute de gout.

Another Prick in The Wall
Lilly wood and the Prick, comme le nom ne l’indique pas il ne s’agit en aucune façon d’un duo… Enfin si mais pas sur scène. Allez comprendre. En tout cas, là où le public pensait trouver de la pop folk gentillette c’est naturellement que s’impose un rock folk un tantinet enragé. Emmenés par la délicieuse Nili Hadida, les boys n’ont qu’à bien se tenir ! Jolie mise en abime par " Water Man" qui ne donne qu’une envie, découvrir la suite. Et pour sur, le public allait en avoir pour ses 18 euros !

Fatigué ? Pas le moins du monde, le prick band aligne les titres sans faiblir. La pêche des grands soirs, qui rend les morceaux " Kids " ou la fameuse "Love song " que meilleurs. Le fait que le duo (qui n’en est pas vraiment un) soit accompagné par d’autres musicos est un réel atout au niveau musical. La formation évite ainsi le manque cruel de punch dans les compositions trop souvent talon d’achile des duos comme Hundred In The Hands… " Hey it’s okay "…, le résultat est vraiment sympa.

Et puisque tout à l’heure nous parlions de bandes blanches et actuellement de choses sympathoches, le moment tombe à pic pour parler d’ "Hopless kids ". Qui fait donc penser à un titre de …. De… de ??? Si vous suivez vous trouverez. En attendant Nili aka Lilly Wood se retrouve dans la fosse au milieu du public avant que le public ne se retrouve au milieu des pricks sur la scène. Là aussi il faut suivre. Quoi qu’il en soit, artistes et spectateurs prennent du bon temps parsemé d’anecdote de Lilly and son groupe. L’échange, celui d’une artiste qui s’identifie à son public, plus jeune de seulement quelques années.

Il est à peu prêt "middle night" quand à l’issue de "My best " qui, paradoxalement n’est pas le meilleur morceau du groupe, Lilly Wood and The Prick se retirent de la scène. Immédiatement de retour, le concert s’achèvera dans l’antichambre du Portail Coucou en face du bar -de facture Sud Side- sur demande expresse du band. " Dés que nous sommes arrivés nous avons dit que nous voulions jouer ici, et même si c’est plus petit nous nous aimons ça !" s’enthousiasmait Nili. Dans la succursale, un silence d’outre tombe s’impose. Acoustique oblige, d’un comme un accord tacite avec le groupe le public reste muet. Pendant ce temps Lilly brille une dernière fois devant les bouches béates. Renouant avec leurs racines Folk, les parisiens du Prick ne pouvait pas trouver meilleure façon de solder cette soirée riche en talent. Good Job Dude !
Signature : bobyle 22/11/2010
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Photographe : -clo-
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