Critique de concert Arnold Turboust

Épatant, épatant, épatant… et très convaincant !
Arnold Turboust chantant derrière son piano droit et ponctuellement un vieil orgue électronique, simplement accompagné par deux guitaristes, malgré la petite crainte que j’avais, ça fonctionne !
Non pas qu’il n’y ait pas de guitares dans les titres studio d’Arnold, mais il est vrai qu’il a toujours eu le goût pour les sons électroniques qui, bien que devenus non dominants depuis de nombreuses années, participent toujours (et particulièrement sur son nouvel album) à l’identité sonore de ses chansons. En ayant appris la configuration du concert, j’avais donc quelques appréhensions quant au résultat… mais j’ai été finalement convaincu.

En outre, il faut reconnaître que les deux musiciens l’accompagnant n’étaient pas des amateurs, ayant bossé avec moult pointures de la chanson française, et étaient plaisants à entendre et voir : Roberto Briot, officiant avec une sobriété classe à la guitare basse et la contrebasse électronique (Johnny, Lavilliers, Christophe, Marc Lavoine, Mylène Farmer…).

Roberto Briot
Et Xavier ‘ Tox’ Géronimi, guitariste de légende (enfin, pas tout à fait puisque j’ai pu le voir devant mes yeux ébahis !), sur scène ce soir dans une attitude très cool (Bashung, Higelin, Alan Stivell, Thiéfaine, Indochine, et en premier lieu Etienne Daho et Arnold)

Xavier Géronimi
Et puis un iMac assurait la rythmique, pour les titres où elle était nécessaire. Enfin, le lieu était vraiment sympa : cette cave voûtée transformée en salle de concerts aux lumières chaleureuses, avec ses rangées de bancs en bois façon chapelle et la proximité fabuleuse avec les artistes. Pas plus d’une quarantaine de personnes dans le public, sur une capacité totale théorique de 120 personnes, en plus, ça rapproche !
Certes, c’est un peu triste de constater qu’Arnold attire si peu de monde, mais en même temps je n’ai pas l’impression qu’une pub gigantesque ait été faite ni pour l’album ni pour le concert, et je suis certain que lors des prochaines prestations qu’il envisage, à Paris et dans l’Ouest, le public sera plus nombreux.
Le concert est ouvert par une "vieille connaissance". Pas si vieux que ça en fait ! Mais de toute façon il semble assumer parfaitement l’impitoyable Loi du Temps : "Salut les p’tits clous. Bon, moi j’ai un peu morflé, mais vous aussi !" Marc Toesca vient présenter avec humour l’un des artistes du label Monte-Carlo Records qu’il manage. Je n’ai jamais été un grand fan du Top 50, mais le personnage est sympathique. Et puis c’est très cool de venir promouvoir sur scène quelqu’un en qui on croit. Et pas par simple nostalgie, comme il l’explique, mais par intérêt pour ses nouvelles chansons, qui sont très éloignées des tubes des années 80 écrits par Arnold pour Daho puis lui-même.
Ces nouvelles chansons, ce sont elles qui seront à l’honneur ce soir.

Car ce concert était destiné avant tout à faire découvrir le nouvel album d’Arnold. Comme la plupart des concerts, certes, mais de manière un peu plus marquée. L’album, sorti début novembre 2010, c’est Démodé. Or, il ne l’est pas vraiment, puisque Arnold n’y ressert pas de vieilles recettes musicales à la mode par le passé. On y retrouve fortement son style, donc il y a forcément un air de déjà vu (et tant mieux quand on aime, comme moi), mais Arnold, sauf lors d’un court interlude dans sa carrière, durant la seconde moitié des années 80, n’a jamais été un "chanteur à la mode".
Tous les titres de l’album seront interprétés, en partant par le premier, J’en parlais pas (moi non plus d’ailleurs… allez si, quand même, la musique est parfaitement "Turboust Trade Mark"). Seuls titres non joués : l’instrumental (dommage) et le duo (logique).
Bien entendu on entendra des versions réorchestrées du fait de la configuration musicale sur scène. Avec plus ou moins de bonheur, mais de belle manière dans l’ensemble, au point où certains titres que j’avais à peine remarqué lors de mes premières écoutes de l’album prirent une autre dimension à mes yeux (ou plutôt à mes oreilles).

Par exemple C’est bien ma veine, aux paroles amusantes évoquant la vieille "Loi de l’emmerdement maximum" utilisée par les militaires pour anticiper les problèmes même les plus improbables, et sa version caricaturale la Loi de Murphy, que nous sommes sans doute nombreux à avoir eu la faiblesse de croire les jours où décidément rien ne va comme on le veut : cette loi édicte que si quelque chose peut mal tourner, alors cela tourne forcément mal ! Le titre fonctionne bien en live (voire mieux qu’en studio ?).
Le titre Démodé est toujours aussi touchant, même si le bon son de basse synthétique a disparu au passage, mais c’est recentré davantage sur la partie de piano et ses jolies envolées.

Avec les beaux A l’Est est l’Ouest et Vol au-dessus, on s’envole un peu plus encore (oui je sais c’était facile).
Et A little bit rencontre un certain succès ; Reste à savoir si, malgré les démentis d’Arnold, ce n’est pas le fait qu’il semble évoquer un certain personnage de petite taille assez connu des Français, qui anime le public ! Concernant l’aspect musical de cette chanson, la version live est plus tonique, même si le remplacement, sur les accords de la fin du refrain, du son très arnoldien de clavecin électro par des sons de guitare est un peu dommage.

Tous ces titres furent quand même entrecoupés de quelques bonnes surprises issues des deux albums précédents (seul le premier ne fut pas représenté). De l’album Toute sortie est définitive (2007) d’abord : Hillary avec un refrain étrangement modifié mais qui fonctionne tout aussi bien. Et Platonique, où toute personne mal intentionnée osant douter du statut de pianiste confirmé d’Arnold peut entendre qu’il révise bien régulièrement ses gammes pentatoniques ! Beaucoup plus ancien, l’album Mes amis et moi (1994) est représenté seulement par un des titres aux paroles les plus mystérieuses d’Arnold, de mon point de vue : Pandora. Les deux dernières chansons sont effectivement bien adaptées à une prestation minimale autour d’un piano, ce qui explique probablement en partie leur choix pour le set.


Et, d’après Arnold sous la "pression" (pas de la salle en tout cas, même si manifestement plusieurs personnes attendaient ça), le concert se termine par un Adélaïde chant/piano, donc très éloigné du gros tube d’Arnold, et avec le côté amusant "duo à une seule voix".

J’aurais bien aimé pouvoir entendre certains de mes titres favoris comme Les histoires, Le philosophe ou encore Toute sortie est définitive, mais bon c’est déjà très agréable d’avoir pu assister à cette prestation intimiste et originale.
D’autant plus qu’elle aura été l’occasion pour moi de discuter avec Arnold, à l’issue du concert pour partager un peu ses impressions et celles d’autres membres du public, mais surtout avant le concert, dans le cadre d’une interview lisible ici : http://www.concertandco.com/interview/interview-arnold-turboust/interview-1-37947.htm.
La première photo est de Grégory Brasseur, un de mes deux "voisins de banc" (merci à lui !), et les autres de moi (une première pour une chronique, mais du coup c’est de vraiment moins bonne qualité que pour les chroniques précédentes, désolé).
J’ai également filmé quelques extraits de chansons, mais comme j’ai préféré profiter du concert, c’est très court ! Je les mettrai peut-être sur Youtube, s’il n’existe pas déjà des vidéos plus complètes d’interprétations des morceaux concernés (bien que j’en doute vu la rareté des performances d’Arnold).
Arnold Turboust chantant derrière son piano droit et ponctuellement un vieil orgue électronique, simplement accompagné par deux guitaristes, malgré la petite crainte que j’avais, ça fonctionne !
Non pas qu’il n’y ait pas de guitares dans les titres studio d’Arnold, mais il est vrai qu’il a toujours eu le goût pour les sons électroniques qui, bien que devenus non dominants depuis de nombreuses années, participent toujours (et particulièrement sur son nouvel album) à l’identité sonore de ses chansons. En ayant appris la configuration du concert, j’avais donc quelques appréhensions quant au résultat… mais j’ai été finalement convaincu.

En outre, il faut reconnaître que les deux musiciens l’accompagnant n’étaient pas des amateurs, ayant bossé avec moult pointures de la chanson française, et étaient plaisants à entendre et voir : Roberto Briot, officiant avec une sobriété classe à la guitare basse et la contrebasse électronique (Johnny, Lavilliers, Christophe, Marc Lavoine, Mylène Farmer…).

Roberto Briot
Et Xavier ‘ Tox’ Géronimi, guitariste de légende (enfin, pas tout à fait puisque j’ai pu le voir devant mes yeux ébahis !), sur scène ce soir dans une attitude très cool (Bashung, Higelin, Alan Stivell, Thiéfaine, Indochine, et en premier lieu Etienne Daho et Arnold)

Xavier Géronimi
Et puis un iMac assurait la rythmique, pour les titres où elle était nécessaire. Enfin, le lieu était vraiment sympa : cette cave voûtée transformée en salle de concerts aux lumières chaleureuses, avec ses rangées de bancs en bois façon chapelle et la proximité fabuleuse avec les artistes. Pas plus d’une quarantaine de personnes dans le public, sur une capacité totale théorique de 120 personnes, en plus, ça rapproche !
Certes, c’est un peu triste de constater qu’Arnold attire si peu de monde, mais en même temps je n’ai pas l’impression qu’une pub gigantesque ait été faite ni pour l’album ni pour le concert, et je suis certain que lors des prochaines prestations qu’il envisage, à Paris et dans l’Ouest, le public sera plus nombreux.
Le concert est ouvert par une "vieille connaissance". Pas si vieux que ça en fait ! Mais de toute façon il semble assumer parfaitement l’impitoyable Loi du Temps : "Salut les p’tits clous. Bon, moi j’ai un peu morflé, mais vous aussi !" Marc Toesca vient présenter avec humour l’un des artistes du label Monte-Carlo Records qu’il manage. Je n’ai jamais été un grand fan du Top 50, mais le personnage est sympathique. Et puis c’est très cool de venir promouvoir sur scène quelqu’un en qui on croit. Et pas par simple nostalgie, comme il l’explique, mais par intérêt pour ses nouvelles chansons, qui sont très éloignées des tubes des années 80 écrits par Arnold pour Daho puis lui-même.
Ces nouvelles chansons, ce sont elles qui seront à l’honneur ce soir.

Car ce concert était destiné avant tout à faire découvrir le nouvel album d’Arnold. Comme la plupart des concerts, certes, mais de manière un peu plus marquée. L’album, sorti début novembre 2010, c’est Démodé. Or, il ne l’est pas vraiment, puisque Arnold n’y ressert pas de vieilles recettes musicales à la mode par le passé. On y retrouve fortement son style, donc il y a forcément un air de déjà vu (et tant mieux quand on aime, comme moi), mais Arnold, sauf lors d’un court interlude dans sa carrière, durant la seconde moitié des années 80, n’a jamais été un "chanteur à la mode".
Tous les titres de l’album seront interprétés, en partant par le premier, J’en parlais pas (moi non plus d’ailleurs… allez si, quand même, la musique est parfaitement "Turboust Trade Mark"). Seuls titres non joués : l’instrumental (dommage) et le duo (logique).
Bien entendu on entendra des versions réorchestrées du fait de la configuration musicale sur scène. Avec plus ou moins de bonheur, mais de belle manière dans l’ensemble, au point où certains titres que j’avais à peine remarqué lors de mes premières écoutes de l’album prirent une autre dimension à mes yeux (ou plutôt à mes oreilles).

Par exemple C’est bien ma veine, aux paroles amusantes évoquant la vieille "Loi de l’emmerdement maximum" utilisée par les militaires pour anticiper les problèmes même les plus improbables, et sa version caricaturale la Loi de Murphy, que nous sommes sans doute nombreux à avoir eu la faiblesse de croire les jours où décidément rien ne va comme on le veut : cette loi édicte que si quelque chose peut mal tourner, alors cela tourne forcément mal ! Le titre fonctionne bien en live (voire mieux qu’en studio ?).
Le titre Démodé est toujours aussi touchant, même si le bon son de basse synthétique a disparu au passage, mais c’est recentré davantage sur la partie de piano et ses jolies envolées.

Avec les beaux A l’Est est l’Ouest et Vol au-dessus, on s’envole un peu plus encore (oui je sais c’était facile).
Et A little bit rencontre un certain succès ; Reste à savoir si, malgré les démentis d’Arnold, ce n’est pas le fait qu’il semble évoquer un certain personnage de petite taille assez connu des Français, qui anime le public ! Concernant l’aspect musical de cette chanson, la version live est plus tonique, même si le remplacement, sur les accords de la fin du refrain, du son très arnoldien de clavecin électro par des sons de guitare est un peu dommage.

Tous ces titres furent quand même entrecoupés de quelques bonnes surprises issues des deux albums précédents (seul le premier ne fut pas représenté). De l’album Toute sortie est définitive (2007) d’abord : Hillary avec un refrain étrangement modifié mais qui fonctionne tout aussi bien. Et Platonique, où toute personne mal intentionnée osant douter du statut de pianiste confirmé d’Arnold peut entendre qu’il révise bien régulièrement ses gammes pentatoniques ! Beaucoup plus ancien, l’album Mes amis et moi (1994) est représenté seulement par un des titres aux paroles les plus mystérieuses d’Arnold, de mon point de vue : Pandora. Les deux dernières chansons sont effectivement bien adaptées à une prestation minimale autour d’un piano, ce qui explique probablement en partie leur choix pour le set.


Et, d’après Arnold sous la "pression" (pas de la salle en tout cas, même si manifestement plusieurs personnes attendaient ça), le concert se termine par un Adélaïde chant/piano, donc très éloigné du gros tube d’Arnold, et avec le côté amusant "duo à une seule voix".

J’aurais bien aimé pouvoir entendre certains de mes titres favoris comme Les histoires, Le philosophe ou encore Toute sortie est définitive, mais bon c’est déjà très agréable d’avoir pu assister à cette prestation intimiste et originale.
D’autant plus qu’elle aura été l’occasion pour moi de discuter avec Arnold, à l’issue du concert pour partager un peu ses impressions et celles d’autres membres du public, mais surtout avant le concert, dans le cadre d’une interview lisible ici : http://www.concertandco.com/interview/interview-arnold-turboust/interview-1-37947.htm.
La première photo est de Grégory Brasseur, un de mes deux "voisins de banc" (merci à lui !), et les autres de moi (une première pour une chronique, mais du coup c’est de vraiment moins bonne qualité que pour les chroniques précédentes, désolé).
J’ai également filmé quelques extraits de chansons, mais comme j’ai préféré profiter du concert, c’est très court ! Je les mettrai peut-être sur Youtube, s’il n’existe pas déjà des vidéos plus complètes d’interprétations des morceaux concernés (bien que j’en doute vu la rareté des performances d’Arnold).
Signature : floriburle 06/01/2011
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