Critique de concert Le Bal Des Songe-Creux (Poum Tchack / Compagnie La Parenthèse)

La Station Alexandre frappe immédiatement par son côté spacieux. De confortables fauteuils sont disposés devant la scène. A gauche un pianiste crée une ambiance feutrée. Les places des premiers rangs sont balisées d’écharpes ou d’autres effets. Leurs propriétaires, certainement des habitués du lieu se restaurent à l’extrémité de ce grand hall, ancienne gare de triage de l’huilerie du Canet. Les instruments sont installés au niveau supérieur accessible par deux escaliers symétriques.
Le Bal Des Songe-Creux est une création pour ce lieu. Trois représentations y ont lieu du 1er au 3 octobre. La présence de Poum Tchack (musique originale en live) m’a fait braver la crainte d’un concept un peu trop avant-gardiste à mon goût : "Une histoire d’accrocheur de lune qui entraine les gens ordinaires vers des rivages extraordinaires".
Cinq personnages en grappe inspirent de manière désordonnée. Lorsque se manifestent les premières notes de guitare, on sent que la magie peut opérer.
Le son est d’une qualité exceptionnelle, les personnages, bizarrement accoutrés sont d’on ne peut plus originaux "Songe-Creux".
Un sixième personnage qu’on prend alors pour un conteur arrive et déclame "Elle avait décidé que lorsque la pointe de ses seins tomberait plus bas que la pliure de ses coudes, la vie ne vaudrait plus la peine d’être vécue". Un pamphlet contre la peur de vieillir et de grossir qui peut pousser au suicide. Louable mais longuet. Lionel Elian (accordéon) et ses acolytes se manifestent à nouveau pour un tango. Les danseurs vont savamment occuper l’espace constitué de trois niveaux. Jeux de chaises et de lumières.
Je ne saisis pas tout. Un bal a lieu. Le conteur est aussi danseur et y invite une spectatrice. Lorsqu’à la fin du bal, la spectatrice ne revient pas, sa voisine s’inquiète : "Ils ont embarqué Simone !" Mais Simone regagnera sa place juste à temps pour le meilleur moment de la soirée, un inoubliable solo de violon de Jean-Philip ‘Pee Wee’ Steverlynck délicatement souligné d’un trait de contrebasse et de guitare. On est du coup davantage tolérant pour la répétitive tirade suivante : "Tu sais quand tu m’vois traverser la maison enveloppé dans mes draps et chantant de l’opéra, c’est pas pour faire rire que je fais ça !"
Une belle pièce de piano, un violon Grappellien, une danse endiablée sur un flamenco alimentent la colonne plus, la contemplation par les six protagonistes de chevaux au loin la colonne moins. L’esprit de Christophe Garcia, chorégraphe et fournisseur d’idée originale, est trop tortueux pour moi, surtout en fin de semaine. Je n’ai décelé ni accrocheur de lune, ni rivages extraordinaires. Encore moins de gens ordinaires.
Les personnages campés par les danseurs de la Compagnie franco-canadienne La Parenthèse sont au contraire fort singuliers à l’image de la mangeuse de gâteaux qui termine le spectacle bien cellulitée. Le mariage entre leur étrange univers et les compositions du guitariste Alexandre Morier incitent à revenir en ce lieu de création où la qualité du son m’a scotché. Peut-être dès le 17 octobre pour Cécile McLorin.
Bonus vidéo :
Le Bal Des Songe-Creux est une création pour ce lieu. Trois représentations y ont lieu du 1er au 3 octobre. La présence de Poum Tchack (musique originale en live) m’a fait braver la crainte d’un concept un peu trop avant-gardiste à mon goût : "Une histoire d’accrocheur de lune qui entraine les gens ordinaires vers des rivages extraordinaires".
Cinq personnages en grappe inspirent de manière désordonnée. Lorsque se manifestent les premières notes de guitare, on sent que la magie peut opérer.
Le son est d’une qualité exceptionnelle, les personnages, bizarrement accoutrés sont d’on ne peut plus originaux "Songe-Creux".
Un sixième personnage qu’on prend alors pour un conteur arrive et déclame "Elle avait décidé que lorsque la pointe de ses seins tomberait plus bas que la pliure de ses coudes, la vie ne vaudrait plus la peine d’être vécue". Un pamphlet contre la peur de vieillir et de grossir qui peut pousser au suicide. Louable mais longuet. Lionel Elian (accordéon) et ses acolytes se manifestent à nouveau pour un tango. Les danseurs vont savamment occuper l’espace constitué de trois niveaux. Jeux de chaises et de lumières.
Je ne saisis pas tout. Un bal a lieu. Le conteur est aussi danseur et y invite une spectatrice. Lorsqu’à la fin du bal, la spectatrice ne revient pas, sa voisine s’inquiète : "Ils ont embarqué Simone !" Mais Simone regagnera sa place juste à temps pour le meilleur moment de la soirée, un inoubliable solo de violon de Jean-Philip ‘Pee Wee’ Steverlynck délicatement souligné d’un trait de contrebasse et de guitare. On est du coup davantage tolérant pour la répétitive tirade suivante : "Tu sais quand tu m’vois traverser la maison enveloppé dans mes draps et chantant de l’opéra, c’est pas pour faire rire que je fais ça !"
Une belle pièce de piano, un violon Grappellien, une danse endiablée sur un flamenco alimentent la colonne plus, la contemplation par les six protagonistes de chevaux au loin la colonne moins. L’esprit de Christophe Garcia, chorégraphe et fournisseur d’idée originale, est trop tortueux pour moi, surtout en fin de semaine. Je n’ai décelé ni accrocheur de lune, ni rivages extraordinaires. Encore moins de gens ordinaires.
Les personnages campés par les danseurs de la Compagnie franco-canadienne La Parenthèse sont au contraire fort singuliers à l’image de la mangeuse de gâteaux qui termine le spectacle bien cellulitée. Le mariage entre leur étrange univers et les compositions du guitariste Alexandre Morier incitent à revenir en ce lieu de création où la qualité du son m’a scotché. Peut-être dès le 17 octobre pour Cécile McLorin.
Signature : mcyavellle 02/10/2009
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Photographe : manu bighelli
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