Critique de concert Battant + Relatif Yann + Ivan Smagghe + Tim Paris

C’est lentement mais sûrement que se remplit le Cabaret Aléatoire ce soir. Pour ouvrir le bal Relatif Yann a choisi une sélection soft et tamisée, si je puis dire, oscillant entre un registre électro minimale, électro disco à la Glass Candy, parfois new wave, en passant paraît-il (je devais fumer une clope à ce moment là), par de la musique africaine! (Je suis très déçue d’avoir manqué ce moment). Une bonne entrée en matière pour annoncer ce qui suit...
… Le Cabaret entre temps s’est peuplé et le groupe se fait attendre. Ça n’est qu’à 00h30 que les trois londoniens de Battant font leur entrée. Les deux garçons et la fille cultivent un look teenage tendance intello/NERD, un rien distancié (un côté Joy Division en accord avec l’esthétique noir et blanc du trio), chemise et tweed pour les garçons, tunique cintrée pour la chanteuse, chaussures fines, y’a rien à faire les londoniens ont la classe!
Bien vite le côté froid directement hérité de la cold wave et du postpunk est brisé par l’énergie brûlante de la meneuse dont la présence scénique est tout simplement irréprochable: on ne peut qu’être séduit par cette beauté androgyne.
Je dois avouer que j’étais encore un peu sceptique après écoute de l’album, il faut dire que j’ai souvent du mal avec les « revivals », quels qu’ils soient (surtout que le revival année 80 a été bien usé, notamment par la vague electroclash). Sorti en Février 2009, l’album No Head (leur premier), produit par Ivan Smagghe et Tim Paris (une première pour eux en tant que producteurs de rock), n’est en effet pas sans rappeler certains noms tels que, pour les plus récents, The Horrors, Motormark, Ladytron, Elastica, Adult ou encore, en cherchant plus loin dans le temps, Joy Division, A Certain Ratio ou Wire.

Encore une fois ferait-on du neuf avec de l’ancien ? Y’aurait-il de plus profondes similitudes entre les années 70/80 et le XXIème siècle naissant ? No Future, No Future… Moi je dis plutôt, envers et contre tout, Yes Future! Tout en sachant pertinemment qu’on peut pas pondre un album révolutionnaire (si tant est que ce terme ait encore un sens) à chaque coup…
Enfin bref, voilà quelques unes des questions suscitées par le ténébreux No Head.
Et bien le live a achevé de me persuader. Sur scène, le côté punk- rock décharné et brut (plus présent que sur le disque où la patte électronique des deux producteurs se fait d’avantage ressentir), les riffs corrosifs, les beats électro primitifs et minimalistes, l’énergie démente de la chanteuse, saisissent d’emblée par leur puissance. Authentiques et directs, sans pose (ou alors juste ce qu’il faut), sans fioriture Battant nous livre avec les dents un rock hybride, compact et rageur qui va droit à l'essentiel. Du vrai rock qui a faim!
Un live convaincant en somme… mais trop court!
C’est Ivan Smagghe qui prend la relève avec un début de set tout en finesse et en minimalisme. Ce que j’aime chez Smagghe c’est que justement il sait sortir de ce minimalisme pour nous emmener ailleurs. Les beats se font progressivement plus lourds si bien que l’on passe sans s’en rendre compte à de la techno minimale et du son (un peu) plus fat. C’est à ce moment là que Tim Paris le rejoint mais aussi que mon ami me fait signe qu’il souhaiterait mettre les voiles… Bon bon je me sens pas vraiment de danser with myself.
C’est donc bel et bien la fin de cette soirée et de cet article.
Je quitte le Cabaret avec la sensation d’une soirée complète et érudite, un vrai bon moment, une belle programmation. Avec cette nouvelle signature, Kill The DJ nous montre à quel point Ivan Smagghe et sa team sont autant à l’aise avec les productions rock qu’avec les productions techno, signe d’une (trop) rare ouverture d’esprit. Une chose est certaine : affaire à suivre!
… Le Cabaret entre temps s’est peuplé et le groupe se fait attendre. Ça n’est qu’à 00h30 que les trois londoniens de Battant font leur entrée. Les deux garçons et la fille cultivent un look teenage tendance intello/NERD, un rien distancié (un côté Joy Division en accord avec l’esthétique noir et blanc du trio), chemise et tweed pour les garçons, tunique cintrée pour la chanteuse, chaussures fines, y’a rien à faire les londoniens ont la classe!
Bien vite le côté froid directement hérité de la cold wave et du postpunk est brisé par l’énergie brûlante de la meneuse dont la présence scénique est tout simplement irréprochable: on ne peut qu’être séduit par cette beauté androgyne.
Je dois avouer que j’étais encore un peu sceptique après écoute de l’album, il faut dire que j’ai souvent du mal avec les « revivals », quels qu’ils soient (surtout que le revival année 80 a été bien usé, notamment par la vague electroclash). Sorti en Février 2009, l’album No Head (leur premier), produit par Ivan Smagghe et Tim Paris (une première pour eux en tant que producteurs de rock), n’est en effet pas sans rappeler certains noms tels que, pour les plus récents, The Horrors, Motormark, Ladytron, Elastica, Adult ou encore, en cherchant plus loin dans le temps, Joy Division, A Certain Ratio ou Wire.
Encore une fois ferait-on du neuf avec de l’ancien ? Y’aurait-il de plus profondes similitudes entre les années 70/80 et le XXIème siècle naissant ? No Future, No Future… Moi je dis plutôt, envers et contre tout, Yes Future! Tout en sachant pertinemment qu’on peut pas pondre un album révolutionnaire (si tant est que ce terme ait encore un sens) à chaque coup…
Enfin bref, voilà quelques unes des questions suscitées par le ténébreux No Head.
Et bien le live a achevé de me persuader. Sur scène, le côté punk- rock décharné et brut (plus présent que sur le disque où la patte électronique des deux producteurs se fait d’avantage ressentir), les riffs corrosifs, les beats électro primitifs et minimalistes, l’énergie démente de la chanteuse, saisissent d’emblée par leur puissance. Authentiques et directs, sans pose (ou alors juste ce qu’il faut), sans fioriture Battant nous livre avec les dents un rock hybride, compact et rageur qui va droit à l'essentiel. Du vrai rock qui a faim!
Un live convaincant en somme… mais trop court!
C’est Ivan Smagghe qui prend la relève avec un début de set tout en finesse et en minimalisme. Ce que j’aime chez Smagghe c’est que justement il sait sortir de ce minimalisme pour nous emmener ailleurs. Les beats se font progressivement plus lourds si bien que l’on passe sans s’en rendre compte à de la techno minimale et du son (un peu) plus fat. C’est à ce moment là que Tim Paris le rejoint mais aussi que mon ami me fait signe qu’il souhaiterait mettre les voiles… Bon bon je me sens pas vraiment de danser with myself.
C’est donc bel et bien la fin de cette soirée et de cet article.
Je quitte le Cabaret avec la sensation d’une soirée complète et érudite, un vrai bon moment, une belle programmation. Avec cette nouvelle signature, Kill The DJ nous montre à quel point Ivan Smagghe et sa team sont autant à l’aise avec les productions rock qu’avec les productions techno, signe d’une (trop) rare ouverture d’esprit. Une chose est certaine : affaire à suivre!
Signature : S Gonthier
le 31/03/2009
Photographe : sami
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