Critique de concert Belle & Sebastian + Jean-Louis Murat + Haven (Le Printemps de Bourges 2002)

Le groupe Haven débute la soirée avec son pop-rock peu original mais très pro. Ils ont tous des coupes de cheveux incroyables : on ose se coiffer de cette manière uniquement Outre Manche. C’est dommage, c’est assez drôle à voir !
Le chanteur a une démarche à la Liam Gallagher et il chante un peu comme Fran Healy de Travis mais avec plus de tics. Si on a l’impression d’avoir déjà entendu ces chansons de nombreuses fois, il faut toutefois reconnaître que certains titres sont accrocheurs et bénéficient d’un mur de guitares assez impressionnant !
C’est à onze musiciens que Belle & Sebastian s’est déplacé pour cette tournée européenne. Les deux chanteurs/guitaristes trônent au centre de la scène, ils sont secondés par un bassiste/guitariste/trompettiste discret, un batteur très subtil, une section de cordes absolument magnifique, des claviers réussis et une chanteuse/guitariste/violoncelliste ressemblant à une Spice Girl mais chantant comme une Belle & Sebastian girl.

Cet orchestre est parfaitement réglé et produit une pop absolument réjouissante. Tout est génial : les voix, l’instrumentation, l’attitude du groupe, les lumières.

En un mot, tout le monde a l’air subjugué par le groupe : des tonnerres d’applaudissements saluent chaque fin de morceau. Ce soir, beaucoup de titres de l’album The boy with the arab strap seront joués, plus quelques nouveaux titres à paraître en juin.

Avec un concert pareil, je suis heureux pour trois jours, quoiqu’il arrive ! J’ai même envie de faire comme ces deux japonaises que le groupe fera très gentiment monter sur scène et chanter : suivre Belle & Sebastian autour de la Terre entière ! Non content d’avoir une voix à pleurer, le chanteur principal compose des chansons hallucinantes de beauté.

Tout ce qu’ils produisent a un côté frais, naïf, délicieusement kitsch. En plus, ils échangent leurs instruments et chaque titre cache une surprise : une montée de cordes majestueuse, un solo de guitare à la George Harrisson, une partie de claviers originale… Loin d’être le groupe reclus enregistrant dans une église et tétanisé sur scène, ils sont plutôt souriants, assez loquaces et à l’aise sur les planches : ils ont l’air de s’amuser et d’être heureux ! La reprise de « Harley Davidson » de Serge Gainsbourg restera comme un moment inoubliable : cette chanson, très réussie à l’origine, est magnifiée par le chant en français avec un accent anglais et par les « Shtonk, Shtonk » retranscrits à la guitare désaccordée. Après ce concert mémorable, je veux bien mourir les cheveux dans le vent sur mon terrible engin (un vélo) !
Passer après un tel miracle de pop n’est pas chose aisée mais Jean-Louis Murat et ses deux musiciens, Fred Jimenez à la basse, et Jean-Marc Butty à la batterie, ont réussi à donner un excellent concert ! La nouvelle formule scénique apporte un changement bienvenu : les voir jouer, regroupés autour de la batterie, fait penser à Neil Young & Crazy Horse, le son de la guitare, saturée mais pas trop, rappelle les longues chevauchées du Loner. Murat se concentre sur le chant et sur les guitares acoustiques au début puis bien électriques le restant du concert. Commencé avec « Foule Romaine », un bon titre du dernier album où Murat fait étalage de sa forme vocale, le spectacle se poursuit avec les envoûtants « Molly » et « Polly Jean ». Les titres se suivent et ne se ressemblent pas malgré l’instrumentation assez réduite : au contraire, une unité de ton bienvenue ressort de ce traitement « power trio ». « L’au-delà », le morceau qui passe en radio actuellement, mériterait de faire un hit : il est accrocheur et entraînant sans être putassier ! Sur « Johnny welcome home », Murat commence à la guitare, poursuit au piano et reprend sa Telecaster. Le concert se termine avec le titre phare de « Mustango », « Nu dans la crevasse », une longue chevauchée rappelant « Cowgirl in the sand » ou « Like a hurricane » de Neil Young mais avec des influences soul sur le refrain et un texte beau et amusant. J’ai hâte de revoir ce trio à La Coopérative de Mai la semaine prochaine !
Set List Jean-Louis Murat :
Foule romaine
Molly
Polly Jean
Si je devais manquer de toi
Ceux de Mycènes
Libellule
L’au-delà
Hombre
Johnny welcome home
Nu dans la crevasse
(Photos Flore-Anne Roth)
Le chanteur a une démarche à la Liam Gallagher et il chante un peu comme Fran Healy de Travis mais avec plus de tics. Si on a l’impression d’avoir déjà entendu ces chansons de nombreuses fois, il faut toutefois reconnaître que certains titres sont accrocheurs et bénéficient d’un mur de guitares assez impressionnant !
C’est à onze musiciens que Belle & Sebastian s’est déplacé pour cette tournée européenne. Les deux chanteurs/guitaristes trônent au centre de la scène, ils sont secondés par un bassiste/guitariste/trompettiste discret, un batteur très subtil, une section de cordes absolument magnifique, des claviers réussis et une chanteuse/guitariste/violoncelliste ressemblant à une Spice Girl mais chantant comme une Belle & Sebastian girl.

Cet orchestre est parfaitement réglé et produit une pop absolument réjouissante. Tout est génial : les voix, l’instrumentation, l’attitude du groupe, les lumières.

En un mot, tout le monde a l’air subjugué par le groupe : des tonnerres d’applaudissements saluent chaque fin de morceau. Ce soir, beaucoup de titres de l’album The boy with the arab strap seront joués, plus quelques nouveaux titres à paraître en juin.

Avec un concert pareil, je suis heureux pour trois jours, quoiqu’il arrive ! J’ai même envie de faire comme ces deux japonaises que le groupe fera très gentiment monter sur scène et chanter : suivre Belle & Sebastian autour de la Terre entière ! Non content d’avoir une voix à pleurer, le chanteur principal compose des chansons hallucinantes de beauté.

Tout ce qu’ils produisent a un côté frais, naïf, délicieusement kitsch. En plus, ils échangent leurs instruments et chaque titre cache une surprise : une montée de cordes majestueuse, un solo de guitare à la George Harrisson, une partie de claviers originale… Loin d’être le groupe reclus enregistrant dans une église et tétanisé sur scène, ils sont plutôt souriants, assez loquaces et à l’aise sur les planches : ils ont l’air de s’amuser et d’être heureux ! La reprise de « Harley Davidson » de Serge Gainsbourg restera comme un moment inoubliable : cette chanson, très réussie à l’origine, est magnifiée par le chant en français avec un accent anglais et par les « Shtonk, Shtonk » retranscrits à la guitare désaccordée. Après ce concert mémorable, je veux bien mourir les cheveux dans le vent sur mon terrible engin (un vélo) !
Passer après un tel miracle de pop n’est pas chose aisée mais Jean-Louis Murat et ses deux musiciens, Fred Jimenez à la basse, et Jean-Marc Butty à la batterie, ont réussi à donner un excellent concert ! La nouvelle formule scénique apporte un changement bienvenu : les voir jouer, regroupés autour de la batterie, fait penser à Neil Young & Crazy Horse, le son de la guitare, saturée mais pas trop, rappelle les longues chevauchées du Loner. Murat se concentre sur le chant et sur les guitares acoustiques au début puis bien électriques le restant du concert. Commencé avec « Foule Romaine », un bon titre du dernier album où Murat fait étalage de sa forme vocale, le spectacle se poursuit avec les envoûtants « Molly » et « Polly Jean ». Les titres se suivent et ne se ressemblent pas malgré l’instrumentation assez réduite : au contraire, une unité de ton bienvenue ressort de ce traitement « power trio ». « L’au-delà », le morceau qui passe en radio actuellement, mériterait de faire un hit : il est accrocheur et entraînant sans être putassier ! Sur « Johnny welcome home », Murat commence à la guitare, poursuit au piano et reprend sa Telecaster. Le concert se termine avec le titre phare de « Mustango », « Nu dans la crevasse », une longue chevauchée rappelant « Cowgirl in the sand » ou « Like a hurricane » de Neil Young mais avec des influences soul sur le refrain et un texte beau et amusant. J’ai hâte de revoir ce trio à La Coopérative de Mai la semaine prochaine !
Set List Jean-Louis Murat :
Foule romaine
Molly
Polly Jean
Si je devais manquer de toi
Ceux de Mycènes
Libellule
L’au-delà
Hombre
Johnny welcome home
Nu dans la crevasse
(Photos Flore-Anne Roth)
Signature : pierre andrieule 12/04/2002
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