Accueil Chronique de concert Bénabar + Archimède
Dimanche 22 octobre 2017 : 12903 concerts, 24657 chroniques de concert, 5181 critiques d'album.

Chronique de Concert

Bénabar + Archimède

Bénabar + Archimède en concert

Montpellier - Zénith 29 mars 2012

Critique écrite le par

Archimède
C'est dans un Zénith aux faux-semblants que débute la première partie de Bénabar : Archimède.
En effet, les lieux sont loin d'afficher complet, et les grands drapés noirs qui condamnent la moitié des sièges rapportent à 3000 le nombre de spectateurs possible.
Un tour de passe-passe pour qu'un maximum de personnes se retrouve dans la fosse et simule un volume qui n'existe pas, peut-être ?...
Et malgré ça, il reste encore des places vides.



C'est donc un set acoustique que nous propose Archimède, avec un groupe habituel de cinq musiciens tronqué pour l'occasion en guitare, basse et un chouïa d'harmonica.
Le concert démarre assez lentement, et on sent que le public n'est pas encore embarqué dans l'histoire. Il est dissipé, ça parle, ça bouge, ça souffle.
Fait plus qu'inattendu, le chanteur nous annonce dès le début qu'il ne sera présent qu'une vingtaine de minutes en notre compagnie !
On ne peut s'empêcher de penser qu'on a entendu mieux pour dévergonder les foules... Et c'est vrai que pour une première partie aussi courte fallait peut-être autre chose que de la guimauve.
Même par simple mimétisme, le public se prête timidement au jeu de "je tape dans mes mains", mais ne pousse pas l'effort jusqu'à les lever au-dessus de la tête, tellement c'est mou.



C'est à peu près au moment où on commence vraiment à s'inquiéter pour la suite, qu'Archimède nous balance son tube L'Eté Revient.
Enfin un petit air frais et léger qui nous titille les oreilles de son souffle. Ça fait un petit temps maintenant que ce morceau à fait le tour des radios, mais c'est toujours agréable de sentir son popotin dodeliner doucement, et même de s'apercevoir qu'on se souvient encore du refrain.
Mais les sourires s'estompent vite lorsque le duo comique entre le chanteur et son frangin à la guitare nous gratifie de blagounettes graveleuses entre les chansons.
Va falloir que ça se termine, et vite.
Aussitôt pensé, mon vœu est exaucé ; et même plus que ça.
C'est avec une reprise de Hygiaphone (de vous savez qui) qu'Archimède va enfin captiver notre attention. "Et j'aimerais bien vous voir les mains levées sur ce titre !!" ça veut tout dire...



Et c'est vrai qu'il y a du Aubert dans cette voix. Quel dommage...
Et même si c'est plus pour l'hommage à Téléphone que grâce au chanteur présent sur scène, la salle s'est enfin réveillée ; juste à temps...


BENABAR
Sentant le chanteur tout près de nous, à quelques secondes d'entrer sur scène, c'est pourtant sa voix qui nous parvient en premier. Bénabar feint une interview futuriste, où le journaliste demanderait ses impressions sur le concert que nous nous apprêtons à vivre : "Montpellier, le 29 mars...est-ce que le public était chaud ?..."
Et ce même public, composé majoritairement de pères de famille et de copines d'enfance semble-t-il, accueille, dans une immense clameur, le chanteur, slim violet, cheveux gominés, veston noir cintré.



Pour cette entrée, le décor est encore minimaliste, avec une ambiance cosy servie par quelques projecteurs, un rideau blanc et des lampadaires de salon sur scène.
Alors quelle ne fut pas notre stupeur lorsque, sur le refrain de la deuxième chanson, le rideau s'est écarté au son de voix féminines sur un décor cabaret pailleté ; des musiciens ont surgi aux côtés des choristes, un accordéon et deux cuivres surexcités, que des projos montés sur une rampe en arc de cercle baignaient de leurs tournoiements en tous sens. Des gros cubes rétro éclairés par des dizaines de couleurs permettent à certains zicos de prendre de la hauteur.
Cosy ?..... Que nenni. Ambiance funky burlesque !



Tout le long du concert la teinte musicale va varier en passant de l'esprit bal musette à un univers plus jazzy, tout en faisant un détour par des fanfares aux accents kusturiciens. Les musiciens multi-instrumentistes s'échangeront régulièrement leurs jouets, et ajouteront au répertoire de la formation classique des banjos, mandolines, flûtes, tubas, percussions diverses et même un piano à queue !

Une partie intégrante de ce genre de spectacle c'est aussi l'enthousiasme débordant des divers protagonistes. Et Bénabar l'a bien compris. C'est un personnage très haut en couleur qu'il interprète, avec beaucoup de gestuelle, de mimiques et un phrasé toujours bien senti de ses paroles, ponctuées là où il faut.



Porté par un son de bonne qualité, le public est réceptif et, sur Politiquement Correct, va même jusqu'à participer et proposer des expressions pour changer le refrain "Je t'emmerde !" ; de bien belles paroles destinées à certains journalistes bien attentionnés. Quelques voix s'élèvent dans la salle et en profitent pour crier leur amour, et Bénabar leur rend en faisant un trait d'humour sur une commande de 3000 pass VIP pour aller l'embrasser dans les loges.
Et lorsqu'il se trompe dans les paroles, c'est sans prise de tête qu'il est déjà tout pardonné par un public plié en deux. Bon enfant, tout ça...
Bon ok, on a compris, c'est pas le concert le plus "défouloir" qu'on ait vu, mais l'ambiance est décontract' comme une fin de journée de boulot, un verre de vin à portée de main, découpant le saucisson pour l'apéro entre amis. On se détend et ça fait plaisir.
Parfois on se laisserait envahir par un éclat de rire face à ce que l'on voit sur scène, comme sur l'intro de Quatre Murs Et Un Toit, où un petit pas de deux est chorégraphié avec le band au complet, lampadaires en mains.



Mais parfois c'est aussi la carte de l'émotion qui est jouée. Le 115 est un titre très intimiste que le chanteur a choisi d'interpréter sur le bord d'un bras de scène ; une avancée simplement éclairée par des petits projecteurs orangés qui subliment cette pièce pour voix et accordéon.
Ça donne juste l'impression d'assister à une représentation théâtrale du XIXe.
"C'est une sorte d'autobiographie" nous explique Bénabar, "on jouait ça depuis longtemps dans les bistrots pourris, bien avant qu'on soit pourri par l'argent."
Nous écrasons une larme nostalgique en bons trentenaires que nous sommes, juste avant qu'il nous rebalance une couche de performance absurde. Des instruments artisanaux font leur apparition sur scène avant que le chanteur n'explique : "C'est la crise, Carglass répare, Carglass remplace, enfin... on va quand même faire un peu de musique".
Rires dans le public. Il se retourne et un encart McDo est accroché dans son dos. Le public se tient les côtes.
Vous l'aurez compris, c'est bien A Notre Santé qui démarre.
Toute la séquence émotion n'était qu'une ruse pour nous faire passer d'une gamme de sentiments à une autre, et les rires n'en sont que plus intenses.
Mais on ne l'arrête plus, et sur l'intro de Les Râteaux il nous avoue sans retenue : "Je suis obligé de faire croire à ma mère que je participe à des partouzes sinon elle croit que j'ai pas de copains".



Ça y est, on est parti, on est dedans. Il ne manquait plus que le morceau ultime de sa réussite pour nous conquérir, et le voilà. Le Diner. Comme Bernadette Soubirous, la foule est en extase, et Bénabar n'est pas loin du point de non-retour non plus.
Pourquoi c'est pas comme ça depuis le début ?! C'est ce qu'on pourrait se demander, et on aurait bien raison ; surtout si on savait que la fin est proche.
Mais pour l'instant il les enchaîne, ses succès. Et le bonheur est tel que même l'énoooorme fausse note hurlée sur le refrain de L'Effet Papillon, n'a plus aucune importance.
Les pères de famille tapent des pieds ; les copines s'égosillent en tapant des mains.

Pour le rappel, Bénabar se met au piano à queue, tout en haut, et fait une version acoustique et très perso de Love Me Tender, qui devient tout de suite bénabartesque ; comprendre, plus ciblée sur l'autodérision.
Adieu le king....

Le deuxième rappel, lui, est un a cappella interprété par tout le groupe sur L'Itinéraire.
Allez-y, rapprochez-vous, tendez bien l'oreille.... Les paroles de cette chanson sont la raison même de venir à ce concert.
Et dire qu'on commençait à peine à s'amuser...



Setlist :
Quelle Histoire
Infréquentable
Où T'étais Passé ?
Adolescente
Pas Du Tout
L'Agneau
Politiquement Correct
Y'a Une Fille Qu'Habite Chez Moi
Moins Vite
Quatre Murs Et Un Toit
Le 115
Maritie Et Gilbert Carpentier
Dis-Lui Oui
A Poings Fermés
La Berceuse
A Notre Santé
Les Râteaux
Le Diner
Je Suis De Celles
L'Effet Papillon
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Love Me Tender
Les Epices Du Souk Du Caire
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L'Itinéraire



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