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Vendredi 15 décembre 2017 : 10973 concerts, 24777 chroniques de concert, 5189 critiques d'album.

Chronique de Concert

Benjamin Clementine

Fourvière, Lyon 29 juin 2017

Critique écrite le par

Le public est venu en nombre ce soir garnir les marches de l'amphithéâtre de Fourvière, rassuré de voir le ciel se dégager et la menace d'une soirée perturbée comme les précédentes voire même annulée s'estomper... et assister donc dans une ambiance bon enfant à, tout le monde l'espère, une belle performance, profondément habitée, à l'image de ce personnage qui se fait attendre avant d'entrer sur scène... Et voilà la troupe au complet apparaissant, avec, comme le laissait suggérer la mise en place scénique, 4 choristes, un batteur, un bassiste, une claveciniste qui utilisera aussi le violoncelle qui traîne au détour de la batterie et, évidemment, un pianiste... celui-là même qui réunit tout le monde ce soir en ce lieu... Leur tenue de scène est, pour le moins, peu commune, différente, dans une unité certaine, les musiciens vêtus d'une combinaison de travail bleue, les choristes parées de la même mais blanche et l'artiste qui prends alors toute la lumière simplement différencié de ses acolytes par une dentelle blanche recouvrant les épaules de sa combinaison d'un peu de raffinement... Benjamin Clémentine est Anglais ne l'oublions point !

Le concert commence, avec l'impression étrange qu'il manque quelque chose. Le son est bien trop chargé en basses, à la limite du confortable, le placement de chacun un peu approximatif et surtout, cette voix que tout le monde attend, celle qui touche autant par la profondeur de ses graves que la légèreté de ses envolées n'atteint pas sa cible... deux morceaux passent, j'entrevois la déception qui me ramènera chez moi si c'est le ton général de cette performance... un troisième morceau, le son s'améliore, un peu... la fin est pas mal... et puis il se lève, prends la parole... je me rends compte de l'impression que j'avais, comme s'il n'était pas encore arrivé, jouant sans âme, machinalement, chantant de la même manière... quelques mots en français, quelques réflexions sur le cadre du jour et l'environnement particulier du lieu, puis il s'amuse à aller titiller le public gentiment mais destiné à le faire réagir : le foot pour commencer, d'autres sujets viendront ensuite avec cette pointe d'humour anglais, toujours dans cette façon nonchalante de s'exprimer, comme des pensées à voix haute, sans fil conducteur... c'est un personnage, dont l'excentricité de sa chevelure n'est qu'un indice de la fantaisie qui l'anime... il en devient attachant, plus humain, s'assoit à nouveau, et c'est à partir de ce moment que la magie opère... Une voix qui transporte, une intensité saisissante, une facilité rythmique et mélodique pour jouer avec les morceaux et ses paroles, ses musiciens de haut vol s'évertuant à le suivre avec quelques sourires surpris face à la spontanéité du phénomène... il se passe vraiment quelque chose, ce musicien autodidacte ne peut s'exprimer qu'en laissant ses émotions et son ressenti s'exprimer, seul au piano, il est dans son univers, accompagné d'un violoncelle sur "Adios" le temps s'arrête... en voilà du talent et de la musique comme on aimerait en côtoyer plus souvent... ces quelques morceaux sont ce que l'on espérait en venant ce soir, et même au-delà, avec en prime toujours ses réflexions bien personnelles les entrecoupant comme par exemple sa vision du couple présidentiel fraîchement désigné par la peuple français, il fallait bien que l'humour anglais vienne railler un peu le voisin d'en face, cela reste bon-enfant !

Le tournant de cette soirée fut néanmoins sans conteste "condoleance" que Benjamin Clémentine a fait suspendre lorsque le public s'est allié en bloc pour la reprendre en chœurs... tel un prof de chant, il s'est obstiné à faire répéter ces quatre phrases, dans le détail, insistant bien sur la précision et les accents à apporter... un cours de chant en soi... des dizaines de fois, jusqu'à obtenir une belle chorale et une satisfaction non simulée sur son visage, le public investi ayant bien joué le jeu. Mais ce refrain reviendra ensuite, demandé par le public joueur, entre les morceaux, à tel point que l'artiste lui demandera même une version en français qui, au passage l'a conquis... Mais à force de répéter ce même refrain, encore, et encore, et une dernière fois, promis, finalement encore une autre, et des dizaines de fois plus tard, la fin du concert s'en est approchée, alors qu'elle meilleure conclusion a-t-il estimé que de reprendre "condoleance" encore, et encore, et encore... le public jouant tout de même vraiment le jeu. Je reste ainsi sur ma faim, ayant entrevu ce qui aurait pu être une soirée mémorable par le talent présent sur cette scène mais dont la prestation fut écourtée par une public prenant une place immense dans le set du soir qui ne l'aura vu interpréter "London" ou "Nemesis" ... L'impression d'avoir vu une étoile filante, de l'entrapercevoir seulement car le sentiment que ce fut bien trop furtif, ces quelques morceaux du milieu de concert... je reviendrai c'est certain, car cet artiste a du talent, immense, mais la prestation du soir m'a frustré quelque peu, je reviendrai donc avec des attentes, pour en avoir le cœur net...


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