Critique de concert Beth Hart


Même si son nom ne vous est peut-être pas familier, à tout juste quarante ans, Beth Hart est déjà à la tête de deux décennies de carrière et d’une belle réputation scénique.
C’est donc face à une Cigale complète depuis un bon moment que la chanteuse se présente. D’entrée, elle impose sa voix puissante, qui se promène avec aisance d’un genre à l’autre : de la soul au blues, de la pop au folk, du jazz de Melody Gardot (dont elle reprend le magnifique Your Heart Is As Black As Night) au rock sudiste de cet Alabama qui l’a adoptée alors qu’elle traversait les pires difficultés. Des difficultés qui ont sans doute contribué à tailler cette voix rocailleuse et énergique, qui sait pourtant aussi se faire d’une grande douceur ; une voix à laquelle rien ne résiste.

Le set alterne ainsi les genres et les ambiances, les morceaux soul puissants et les rocks abrasifs. Beth Hart fait aussi se succéder compositions (notamment son tube L.A. Song) et reprises inspirées, qui composent son dernier album, sorti l’an dernier et réalisé en collaboration avec Joe Bonamassa. On voit ainsi passer, en plus du titre de Melody Gardot, une version endiablée du Something’s Got A Hold On Me d’Etta James, le Chocolate Jesus de Tom Waits ou encore, pour finir le deuxième rappel, le magnifique Don’t Explain de Billie Holiday.
Accompagnée d’un groupe qui tient parfaitement la route sans jamais être dans l’esbroufe, Beth Hart met une grande claque à Amy Winehouse, avec qui la comparaison est évidente et fréquente, ne serait-ce que parce qu’au contraire de la diva destroy britannique, elle est revenue de la drogue, de l’alcool et même de la prison, et que sa voix et son talent sont intacts. Mais aussi parce qu’elle amène sur scène toute sa joie de vivre, l’amour qu’elle porte à son mari et tout simplement son plaisir d’être là.

C’est tout cela qui fait la puissance de Beth Hart, sa force tellurique, cette force qui a retourné La Cigale comme elle retournera l’Olympia en mars 2013. C’est tout cela qui inspire ses envolées soul saisissantes, ses canailleries rock électriques, ses plaintes blues magnétiques. En fait, plus qu’une claque, elle réussit la synthèse parfaite entre le rock écorché de Janis Joplin et la soul habitée d’Amy Winehouse.
Beth Hart est une très grande artiste, qui prend toute sa dimension sur scène, et qu’on ne peut donc que vous encourager à aller voir et revoir encore si l’occasion vous en est donnée.
Merci à Pierre chez Gérard Drouot Productions.
Signature : fredcle 16/07/2012
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Photographe : fredc
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