Ce soir nous nous rendons au Café Julien (qui jouxte l’Espace Julien) à un concert "Chavana" … mais curieusement la moyenne d’âge est légèrement plus élevée que d’habitude. C’est que Chavana en plus d’organiser des concerts de "punk" s’intéresse aussi au blues ! Et ce soir le blues c’est le blues roots de Big Ed Sullivan, cet imposant new yorkais dont on oublie le physique des qu’il se met à jouer. Mais reprenons les choses dans l’ordre chronologique. Arrivés en retard pour cause de Pharmassilia, nous voila – je pense – au milieu du set de Pilou Face qui fait la première partie. Il semblerait que les bluesmen marseillais soient incapable d’être sérieux dans leur nom de scène (je pense à Djam Deblues en disant ca).
Pilou Face c’est un chanteur – guitariste, une guitariste, une bassiste et un batteur. Compos originales en anglais, mais introduites / expliquées en français. Bonne humeur sur scène, mais je n’accroche pas franchement. Trop classique peut être ? La chaleur insoutenable qu’il règne ne m’aide pas a faire l’effort … et je finis par sortir pour m’aérer avant que le Big Ed ne monte sur scène.
Lorsque je reviendrai il aura tout juste attaqué. Il fait toujours aussi chaud mais le charisme du bonhomme et son jeu de guitare sont captivants. Les parties chantées sont anecdotiques, même si bien sympathique, elles servent souvent juste a marque le début et la fin de nouveaux morceaux. Apres le reste du temps on a les yeux rivés sur Big Ed … sur son visage grimaçant et ruisselant … et encore plus sur ses doigts qu’il passe parfois entre les cordes. Quand il prend une bouteille de bière c’est pour s’en servir d’abord comme un médiator puis comme tous les autres guitaristes pour coincer les cordes sur le manche (ca se sent que je ne suis pas musicien ?).
Le public est aux anges … les plus vieux comme les plus jeunes (dont certains font parties de "petits" groupes qui montent). Sur scène le batteur et le bassiste qui l’accompagne imperturbables et souriants sont constamment a l’écoute et il suffit d’un manche de guitare un peu plus levé, d’un quart de tour de tête de la part de Big Ed pour qu’ils comprennent qu’il faut accélérer ou au contraire s’arrêter. Très vite Big Ed Sullivan (qui s’amusera à les taquiner) finira par quitter la scène pour se rapprocher du public … donnant des coups de griffes, faisant "siffler" sa guitare comme le loup de tex avery …
N’étant pas musicien je serai tout de même impressionné par son adresse … par les multiples sons qu’il sort de sa guitare dont il joue normalement, mais aussi derrière sa tête (sans que ca fasse "hey les gars vous avez vu ce que je sais faire !" ou même a travers sa serviette … Ayant dit au Pinguin que je le rejoindrai au festival Trident* j’ai fini par m’échapper de cette fournaise, laissant Big Ed Sullivan appuyé sur le bord de la scène au même niveau que le public …
* pas la peine de chercher des photos de N-twin en co en me pointant devant le Lounge je me suis rendu compte que ce soir c’était a la Machine à Coudre … désolé.