Critique de concert Binaire + Overmars + Lowhat

Il est clair que cette soirée est sous le signe du ramonage de cage à miel. A venir deux combos des plus bruitistes de l'Hexagone. C'est l'Embobineuse qui programme, n'hésitant pas à faire jouer ses contacts dans la diaspora stephano-lyonnaise installée à Marseille pour faire venir des sauvages de là-haut (ceci est un compliment).
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Mais c'est Lowhat qui débute, groupe qui fait son premier concert mais qui est loin d'être constitué d'inconnus, vu qu'au chant et à la guitare se trouvent deux ex Sandals of Majesty, groupe marseillo-écossais qui nous avait déjà impressionné ici, et à la batterie, le pilier de Conger! Conger! groupe dont on ne tarit pas d'éloges dans ces colonnes. Bref, que du beau monde.
Musicalement, on reste dans le post-punk, avec un côté qui lorgne parfois vers The Ex, pour le côté destructuré mais mélodique (je me comprends).
La voix possède ce côté nonchalant très anglo-saxons, à ajouter au côté juvénile du chanteur qui a pourtant de la bouteille. La guitare est affûtée, les multiples pédales sont mises à contribution, non pas pour l'esbrouffe mais pour jongler entre les cavalcades effrénées et les ambiances plus plombées. Et niveau batterie, rien à redire, on sait que l'on y a un kador, mois en avant que chez les Congre, mais qui sait être efficace tout en ne s'interdisant aucune inventivité.
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On passe donc à des morceaux, non plutôt à des moments, les breaks et changements de ton ayant lieu à l'intérieur même des morceaux, on passe donc de moments calme, où la voix parle presque, on dirait presque une séance d'hypnose, avec des riffs sous-jacent et un martèlement narcotique, à des passages plus speed, avec voix hachée, et qui appellent à pogoter, sans toutefois oublier ce côté dissonant, rappelant que tout cela ne doit pas être lisse, en aucun cas.
Overmars débarque sur scène. Enfin, il leur faut du temps, vu qu'ils sont six et qu'il y a du matos. Deux grattes, deux machines (dont un jonglant avec une troisième gratte), un bassiste, un batteur et des projections. Le groupe écume, sous divers lineup, la galaxie bruitiste depuis une décennie, et je reconnaîtrais quelques gueules aperçues ailleurs dont le bassiste (de mes chouchous Kabbu Ki Buddha) et le grand gratteux (Binaire). Je ne suis pas assez cultivationné pour choper le pédigrée de tout le monde, mais c'est pas des débutants.
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Musicalement je vais assister à un des concerts les plus terrifiant qu'il m'ait été donné d'assister. Terrifiant car le côté obsessionnel est porté jusqu'à son paroxysme, une chape de plomb étouffante qui te cloue sur place. Un genre de GodSpeedYou mais infiniment plus glauque, sans lyrisme, sans espoir. On me souffle à l'oreillette que c'est une sorte de doom / black metal expérimental, mais vu que ce sont des scènes que je ne fréquente pas habituellement, je ne pourrais confirmer. Les morceaux sont longs, sans exception, ne laissant aucune occasion de respirer. Le tout illustré par des projections de molécules, accouchements, psychédéliques, le tout monté de façon syncopée il va sans dire.
Mais c'est bien ou pas ? Là n'est pas la question, on se trouve comme après EraserHead, le souffle coupé, l'envie de crier au génie mais dérangé par le côté noir, malsain. La bande originale rêvé pour un récit de Lovecraft décrivant une horreur abyssale, qu'elle évoque des monstres indicibles ou bien nos terreurs les plus intimes. Car il n'y a aucun répit, les riffs plombés étant seulement entrecoupés de hurlements des gars aux machines se saisissant d'un micro pour se convulser avec des cri déchirant.
Nulle urgence ici, tout semble ralenti, la douleur lancinante doit durer. Attention, la violence est omniprésente, au niveau décibels notamment, mais aucun morceau de speed, que des montées en puissance qui prennent le temps d'installer une atmosphère oppressante. Entre la saturation des guitares, le côté metalliques et plombées de la basse, les boucles indus obsédantes des machines, la lourdeur obsessionnelle de la batterie, les psalmodies gutturales et les hurlements désespérés on a là la bande son d'une crise d'angoisses mises en musique.
Une claque.Térrifiant. Moi qui croyait que l'expression musique pour fin du monde n'était qu'une expression journalistique à la con, elle a trouvé ce soir une illustration, même s'il s'agit plus d'angoisse intérieures que de guerre thermo-nucléaire. En tout cas un concert dont on ne sort pas indifférent, voire carrément chamboulé.
Avec Binaire, je suis déjà plus en terrain connu. Ayant pris une claque à chaque fois lors de leurs concerts. Et, comme les autres fois, je suis entré en transe.
Les Binaire jouent aussi au pied de la scène. Machine vs Punk, concept de Binaire. Deux hommes se font face, séparés par un pied de micro bicéphale, chacun hurlant tour à tour, tout en faisant hurler leurs guitares sur une boite-à-rythme glaciale. Entre noise indus et punk hardcore, leur set est une claque magistrale. Oppressante leur musique l'est incontestablement, mais, étrangement, elle me fait remuer plutôt que de me tétaniser. Furie primitive, rage urbaine, terreur sonique pour une musique viscérale et implacable.
Au fil du set, la transe gagne le public. etrange comme cette musique obsessionnelle arrive à déchainer les coprs dans une épilepsie somme toute furieusement joyeuse. La soirée prend fin lorsque léssivés, ils nous lâchent après un rappel réclamés à corps et à cris.
www.destroyalldreamers.org
www.myspace.com/binaire / www.binaire.info
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Mais c'est Lowhat qui débute, groupe qui fait son premier concert mais qui est loin d'être constitué d'inconnus, vu qu'au chant et à la guitare se trouvent deux ex Sandals of Majesty, groupe marseillo-écossais qui nous avait déjà impressionné ici, et à la batterie, le pilier de Conger! Conger! groupe dont on ne tarit pas d'éloges dans ces colonnes. Bref, que du beau monde.
Musicalement, on reste dans le post-punk, avec un côté qui lorgne parfois vers The Ex, pour le côté destructuré mais mélodique (je me comprends).
La voix possède ce côté nonchalant très anglo-saxons, à ajouter au côté juvénile du chanteur qui a pourtant de la bouteille. La guitare est affûtée, les multiples pédales sont mises à contribution, non pas pour l'esbrouffe mais pour jongler entre les cavalcades effrénées et les ambiances plus plombées. Et niveau batterie, rien à redire, on sait que l'on y a un kador, mois en avant que chez les Congre, mais qui sait être efficace tout en ne s'interdisant aucune inventivité.
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On passe donc à des morceaux, non plutôt à des moments, les breaks et changements de ton ayant lieu à l'intérieur même des morceaux, on passe donc de moments calme, où la voix parle presque, on dirait presque une séance d'hypnose, avec des riffs sous-jacent et un martèlement narcotique, à des passages plus speed, avec voix hachée, et qui appellent à pogoter, sans toutefois oublier ce côté dissonant, rappelant que tout cela ne doit pas être lisse, en aucun cas.
Overmars débarque sur scène. Enfin, il leur faut du temps, vu qu'ils sont six et qu'il y a du matos. Deux grattes, deux machines (dont un jonglant avec une troisième gratte), un bassiste, un batteur et des projections. Le groupe écume, sous divers lineup, la galaxie bruitiste depuis une décennie, et je reconnaîtrais quelques gueules aperçues ailleurs dont le bassiste (de mes chouchous Kabbu Ki Buddha) et le grand gratteux (Binaire). Je ne suis pas assez cultivationné pour choper le pédigrée de tout le monde, mais c'est pas des débutants.
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Musicalement je vais assister à un des concerts les plus terrifiant qu'il m'ait été donné d'assister. Terrifiant car le côté obsessionnel est porté jusqu'à son paroxysme, une chape de plomb étouffante qui te cloue sur place. Un genre de GodSpeedYou mais infiniment plus glauque, sans lyrisme, sans espoir. On me souffle à l'oreillette que c'est une sorte de doom / black metal expérimental, mais vu que ce sont des scènes que je ne fréquente pas habituellement, je ne pourrais confirmer. Les morceaux sont longs, sans exception, ne laissant aucune occasion de respirer. Le tout illustré par des projections de molécules, accouchements, psychédéliques, le tout monté de façon syncopée il va sans dire.
Mais c'est bien ou pas ? Là n'est pas la question, on se trouve comme après EraserHead, le souffle coupé, l'envie de crier au génie mais dérangé par le côté noir, malsain. La bande originale rêvé pour un récit de Lovecraft décrivant une horreur abyssale, qu'elle évoque des monstres indicibles ou bien nos terreurs les plus intimes. Car il n'y a aucun répit, les riffs plombés étant seulement entrecoupés de hurlements des gars aux machines se saisissant d'un micro pour se convulser avec des cri déchirant.
Nulle urgence ici, tout semble ralenti, la douleur lancinante doit durer. Attention, la violence est omniprésente, au niveau décibels notamment, mais aucun morceau de speed, que des montées en puissance qui prennent le temps d'installer une atmosphère oppressante. Entre la saturation des guitares, le côté metalliques et plombées de la basse, les boucles indus obsédantes des machines, la lourdeur obsessionnelle de la batterie, les psalmodies gutturales et les hurlements désespérés on a là la bande son d'une crise d'angoisses mises en musique.
Une claque.Térrifiant. Moi qui croyait que l'expression musique pour fin du monde n'était qu'une expression journalistique à la con, elle a trouvé ce soir une illustration, même s'il s'agit plus d'angoisse intérieures que de guerre thermo-nucléaire. En tout cas un concert dont on ne sort pas indifférent, voire carrément chamboulé.
Avec Binaire, je suis déjà plus en terrain connu. Ayant pris une claque à chaque fois lors de leurs concerts. Et, comme les autres fois, je suis entré en transe.
Les Binaire jouent aussi au pied de la scène. Machine vs Punk, concept de Binaire. Deux hommes se font face, séparés par un pied de micro bicéphale, chacun hurlant tour à tour, tout en faisant hurler leurs guitares sur une boite-à-rythme glaciale. Entre noise indus et punk hardcore, leur set est une claque magistrale. Oppressante leur musique l'est incontestablement, mais, étrangement, elle me fait remuer plutôt que de me tétaniser. Furie primitive, rage urbaine, terreur sonique pour une musique viscérale et implacable.
Au fil du set, la transe gagne le public. etrange comme cette musique obsessionnelle arrive à déchainer les coprs dans une épilepsie somme toute furieusement joyeuse. La soirée prend fin lorsque léssivés, ils nous lâchent après un rappel réclamés à corps et à cris.
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www.myspace.com/binaire / www.binaire.info
Signature : mystic punk pinguinle 07/12/2010
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Photographe : pixxxo
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Embobineuse - Marseille


le 19 avril 2012 - Embobineuse - Marseille (par Pirlouiiiit)

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