Critique de concert Black Lips + Duchess Says + Acid Baby Jesus


Soirée rock 'n roll et acouphènes à la Coopérative de Mai (Clermont-Ferrand) avec par ordre d'apparition sur la scène du club – finalement bien rempli, ouf ! Mais pas très énervé, voire mou, flûte ! –, les garagistes pop psyché d'Acid Baby Jesus, la furie électro punk rock Duchess Says et les indécrottables branleurs pop garage bruitistes des Black Lips... C'est à dire trois excellents groupes jouant à très (trop ?) fort volume, dans un lieu à taille humaine parfait pour brancher les guitares et faire le bruit, voir plus si affinités !

Acid Baby Jesus
C'est dans une ambiance morne et froide que débute la soirée avec la pourtant très bonne prestation d'Acid Baby Jesus, un groupe évoluant dans un style proche des Black Lips : une sorte de rock 'n roll garage débraillé et psychédélique... La formule est simple mais gagnante : le batteur assure un sixties beat sautillant et frais et ses acolytes à la basse et aux guitares salissent le son avec jubilation. Et puis, il y a aussi un gars qui empoigne le micro et hurle dedans d'un ton désabusé et camé/bourré. Cela pourrait être n'importe quoi, mais comme les morceaux sont bien foutus, que la troupe à l'attitude qu'il faut, ça donne un bon concert se finissant par un titre ultra psyché, malheureusement devant un public encore en train d'arriver et pas très proche du groupe. Une chose est sûre : Acid Baby Jesus est un bon combo à voir en live !

Duchess Says
Duchess Says fait partie de la même catégorie qu'Acid Baby Jesus, c'est à voir absolument en concert ! Ce groupe canadien originaire de Montréal, Québec et sa chanteuse proposent des prestations scéniques totalement jubilatoires, on pense à une synthèse foutraque et explosive entre Yeah Yeah Yeahs, The Fall, le groupe de Courtney Love, Hole, à ses débuts, Le Tigre, de la New Wave bruitistico gothique et du grindcore.

Oui, ça hurle, ça trépigne, ça grince et ça botte les fesses à chaque titre. La vocaliste complétement hallucinée du groupe en fait des kilos (mimiques débiles, kung fu dans le vide, petit tour dans le public pour faire réagir, peine perdue, ce soir c'est soirée Musée Grévin à la Coopé... ), boostant encore plus le raffut produit par un sosie de Johnny Ramone des Ramones triturant méchamment un synthétiseur et un bassiste/guitariste, roi du riff qui fait mal ou de la ligne de basse bien rentre dedans.

L'assistance, tétanisée par la surprise, peut tout aussi bien se prendre un tube de synth pop facétieux (Narcisse) ou une démente ode au bruit hurlé (Mayakovsky), c'est selon l'humeur des trois musiciens. Le groupe Duchess Says possède des morceaux marquants, qu'il se fait fort de présenter en live avec une présence à la fois hyper rock 'n roll, drôle et terrifiante. Du grand art !

Black Lips
Arabia Moutain, le dernier album des Black Lips, est excellent, on est fans des concerts débiles au possible du groupe américain, mais, là, à la Coopé, ils présentent un show service minimum, trop court (à peine une heure, pas de rappel), trop fort (pointes à 124 décibels et moyenne à 110 dès le 1er morceau, très intelligent tout ça !) et trop répétitif si on a déjà vu le groupe en live.

Les gimmicks " je crache partout " et " et j'appuie sur mon pied de micro pour le faire basculer puis je le faire revenir ", c'est marrant cinq minutes mais là, heu, ça suffat comme çi, merci les gars ! On est d'accord, le show est admirablement bruitiste, noisy et psyché garage, les morceaux sont tous très bons - les tubes frais et remuants du groupe plus les meilleurs titres du dernier opus -, mais il y a cette impression tenace que le combo de sales gosses d'Atlanta décide d'en faire le moins possible puisqu'on est en province et que le public est un peu mou du genou ce soir.

Pas de scènes d'hystérie collective, de bagarres (ça, ça ne manque pas, hein !), de slams et de strip teases ce soir, les Black Lips – sans doute fatigués par l'alcool – sont en pilotage automatique mode déjante pour effrayer les grands mères ou les fans de variétés (Obispopo, Melle Caca, Black Eyed Pipis, Cocon... ). Bon, certes on les a déjà vus meilleurs et le show se termine en queue de poisson juste après le traditionnel Bad Kids... Mais c'est quand même jouissif de voir Joe Bradley, le batteur chanteur, faire le lapin Duracell croisé avec Kermitt la Grenouille sous ecsta, de regarder Jared Swilley et Cole Alexander hurler à s'en faire péter une durite tout en ferraillant sur leurs basses et guitares et de contempler Ian San Pé travailler nonchalamment au corps sa six cordes accordée fort bizarrement. Et puis, surtout, se prendre Hippie Hippie Hourah (l'éternelle reprise de Dutronc), Family Tree, O Katrina !, Dirty Hands, Modern Art, Raw Meat, New Direction et autres perles dans les esgourdes, c'est pas exactement dégeu, non ? Non ! La prochaine fois, il faudra juste penser à dire aux Black Lips d'axer leur plan de défonce sur les drogues qui énervent et qui font durer longtemps...

Photos prises les 4 et 5 décembre 2011 à Paris (Maroquinerie et Point Ephémère) par Robert Gil. Retrouvez plus de photos sur son site www.photosconcerts.com/black-lips-paris-maroquinerie et www.photosconcerts.com/duchess-says-paris-point-ephemere
Liens : www.facebook.com/pages/Acid-Baby-Jesus, http://slovenly.bandcamp.com/album/acid-baby-jesus-self-titled-lp, www.facebook.com/duchesssays, www.facebook.com/theblacklips, www.lacoope.org...
Signature : pierre andrieule 09/12/2011
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