Critique de concert Blah Blah + Conger! Conger!

Enfin, enfin, on a trouvé le bon soir pour se rendre à l'Enthröpy après un paquet de faux départs : chouette, chouette, ce sera pour les vigoureux Blah Blah et les puissants Conger! Conger! ! autant dire des valeurs sacrément sûres qu'on a déjà souvent vantées ici par le passé... En plus, on ne peut que se réjouir de l'arrivée de cette nouvelle salle alternative, à la programmation touffue et motivée !
Bon, on pourrait aussi déplorer que 2 magasins de musique aient fermé dans le 13001 en moins d'un an (l'Enthröpy a remplacé un des deux), mais ça c'est une autre histoire. Ca fait toujours un local que ces sacs à merde de banquiers et autres agents immobiliers n'auront pas... Et puis ici l'accueil est sympa et détendu, la bière n'est pas chère et elle est même bonne (incroyable forfait de 10 € les 5 bières, qui dit mieux ?), l'endroit certes tout petit mais l'acoustique pas mal du tout. Enfin ça, on ne le verra qu'un peu plus tard, quand Blah et Blah auront fini de furer, draguer ou papoter, et daigneront monter sur scène !
Dès le départ ça joue fort et bien, sur une intro de remix noisy d'Ennio Morricone (et si c'était pas ça l'idée, ça y ressemblait). Le batteur du groupe est toujours le même que celui des Bérus (ce qui donne des petites intonations familières à la chose), la voix de Mr Blah-Punk ressemble toujours agréablement, tantôt au regretté Mano Solo époque Frères Misères, tantôt à Bertrand Cantat (oui vous savez, le cover boy de Paris Match...) ou même à François des Béru... Quant à Blah-Skin, il s'éclate toujours autant sur scène et fait plaisir à voir assaillir sa Gretsch rouge de toutes les manières possibles, avec la banane affichée en permanence.
Monsieur qui suit est un de leurs meilleurs morceaux, de la chanson française sauce punqueroque et dans un mélange parfaitement digeste, ça enchaîne sur divers morceaux pogo-punk (ou presque hard) chantés, même s'il n'y a pas tout à fait assez de monde pour déclencher une bagarre - ils ont fait largement pire que les 30 et quelques entrées de ce soir qui remplissent aux deux tiers la salle ! De même la chanson Rien est un sommet de l'absurde qu'on redécouvre avec plaisir, en attendant le match au sommet : l'arrivée de la totalité de Conger! Conger! sur scène pour un battle sonique surpuissant.
Suit alors un long intrumental jappé qui me fera penser brièvement aux transes de The Black Angels, soit un mur de guitares appuyé sur la frappe lourde du Congre en chef (on dirait que ses bras pèsent une tonne chacun). Le son afflue, reflue, et finit en apothéose sonique et fascinante : c'est superbe. Les poissons remis dans la bassine, retour aux affaires des deux zigues pour d'autres titres plus basiques - riff/solo/hurlement salace - mais tout à fait plaisants : après le rayon poissonerie, Les Problèmes des Gens nous fera même penser à de la Boucherie Production, grande époque.
Elle est Morte est plutôt dans la veine des Hurlements d'Leo, réaliste et tragicomique (mais sur un riff Béruréen, a vue de nez genre Vivre Libre ou Mourir ?), le Collectif Tricard, autre tube patenté du groupe, achève de surexciter la groupie du guitariste qui, dans la foulée, réclame et obtient après Evidemment, son fameux Boucherie que d'aucuns appellent Porcherie, en version branque et classieuse... d'ailleurs Sarkozy rime aussi bien avec porcherie pas vrai ? Le titre consacré au Petit Chef final (serait-ce le même ?) est tout à fait fabuleux et déchaîné : on a bien de la chance d'avoir les pratiquement seuls dignes héritiers du punk français alterno, ici et rien que pour nous !

Je constate alors avec soulagement que Pirlouiiiit est arrivé : il va donc pouvoir mettre des photos à la place de mes immondices - au fait on photographie aussi difficilement ici qu'à la Machine à Coudre avec un petit appareil, forcément, c'est sombre et les gens qui jouent ont la bougeotte. Conger! Conger! est en place, commence pour tromper son monde sur un petit xylophone, avant de déclencher la tempête infernale (My Neighbour's Dreams). Sonic Youth, les Melvins (itrains), Fantomas, Gomm aussi : toute cette sorte de choses furibardes, krautrock, noisy, experimental, death, pop, thrash et globalement terrifiantes, en somme, et qui nous zombifient la tête.

Parce qu'il faut savoir qu'avec ce trio, on ne rigole pas trop, ça défouraille et ça vous secoue la tripe, il y a deux fracasseurs de corde sur les côtés, il y a un type au regard fou qui cogne comme un sourd devant et chante de façons extrêmement variées, parfois même en se tapant sur la glotte ou en secouant la tête. On y joue aussi du xylophone ou du melodica s'il le faut, on entame des titres pop aigus qui finissent en thrash hurlé, ou le contraire, ou bien on joue des trucs improbables et inqualifiables : du free jazz metal miaulé, par exemple ?

Les Elektrolux au grand complet apprécient la performance en connaisseurs : c'est pratiquement génial et en tout cas tout le temps surprenant, même si à notre troisième concert on commence enfin à reconnaître les titres dont la plupart sont assez marquants. Etant hélas dépourvu de leur disque (en ont-ils seulement un ?), on ira pas plus loin sur la question que ceux écoutables sur myspace. A noter quand même, une reprise détraquée de Billie Jean au mégaphone, amusante, on finit par y onduler en rythme. Puis en regardant le chanteur se taper sur la glotte dans une chanson lente et morbide, qui se finit en hurlé-cogné par un possédé (Clouds), on se demande : mais QUI écrit des chansons pareilles ?

A minuit approchant, alors que la salle est en pleine transe, le taulier vient leur demander de refermer la porte des Enfers, après un dernier titre appelé Nevermind, tuerie dingo et destructurée : Conger! Conger! est bien le projet de rock expérimental le plus excitant du moment, et sans doute bien au delà de la cité phocéenne. Gageons qu'un jour, ils tourneront par delà les Alpes et le Rhône... et que le Monde saura, enfin. Cela dit si on pouvait déjà trouver leur disque en attendant...

Bref, on quitte la salle heureux et un peu saoûls, ravis d'une soirée à la hauteur de l'attente, avec 2 excellents groupes du cru mais de dimension nationale, tandis que Karpienia incognito semble vouloir se lancer dans une black-session improvisée au micro. Le petit plus "vieux con" de l'Enthröpy ? Le respect des voisins impose de finir à minuit, ce qui permet de ne pas se coucher trop atteint quand la semaine n'est pas finie. On reviendra sûrement bientôt donc, en espérant y refaire d'autres soirées aussi cool, cool!
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Signature : Philippele 15/02/2010
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Photographe : pirlouiiiit
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>> Réponse (le 16/02/2010 par pat! congre!) merci! merci! à tous présent! ainsi qu'aux blahteurs! juste pour signaler qu'on a deux cds! un de 4 titres ''icarus'' par nous mêmes! et un de 5 titres chez XCROCS records! produced by nico! et fred! des killzefrill! comme on dit chez nous! dispo lors des concerts! (mais on oublie tout le temps d'en dire deux mots!)et via notre espace my!(et n'oubliez pas les points !c'est juste insupportable!) conger!conger! > Réagir à cette critique
>> Réponse (le 06/03/2010 par Jul) Ahrg je n'y étais pas mais pour ce qui est de trouver leur disque, il y en a deux, un qu'il faut commander sur le site du label xcrocs records... http://xcrocsrecords.free.fr L'autre (icarus) sur leur myspace Pas si compliqué > Réagir à cette critique

le 21 juin 2009 - La Machine à Coudre, Marseille (par Philippe)


le 15 janvier 2011 - Machine à Coudre, Marseille (par Philippe)

le 5 juin 2010 - Enthröpy - Marseille (par Senti)
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