Critique de concert Blonde Redhead + Interpol

Pour commencer, quel clin d'oeil sympathique que d'aller voir jouer Interpol à... Lyon ! Oui, elle est facile, mais quand même !
Avant Interpol, l'air de rien, il y avait une 1ère partie, et quelle 1ère partie : Blonde Redhead ! Excellentissime ! Jouïssif ! C'est quand même rare de dire ça d'une 1ère partie ! Il est vrai que je m'étais rencardé et m'étais procuré leurs 2 derniers albums. Blonde Redhead, c'est un groupe... new-yorkais, évidemment : c'est un pré-requis pour faire la 1ère partie d'Interpol ! New-yorkais, oui, mais new-yorkais d'adoption, car c'est avant tout un très improbable trio composé d'une chanteuse... japonaise (je ne plaisante pas) et de deux jumeaux... italiens (ouais, je sais, au départ, ça fait sourire) : un guitariste/chanteur et un batteur. Vous êtes pas au courant ? Tout de suite, je note une bizarrerie : le batteur tient sa baguette gauche comme s'il allait manger du riz au cours d'un repas chinois ! Un truc de dingues. Leur musique est paraît-il proche de celle de Sonic Youth (que je n'ai jamais fréquenté, donc je ne peux pas me prononcer). Personnellement, j'y ai reconnu des similitudes avec Flaming Lips. Globalement, c'est pas très FM, voire même pas FM du tout, si vous voyez ce que je veux dire. Bon, ne tournons pas autour du pot : c'est pour les connaisseurs ! Enfin bref, je me suis ré-ga-lé ! Comme ça, à chaud, la meilleure 1e partie que j'ai jamais vu (hors festivals). Ils ont joué un peu moins d'une heure. Bon, moi, je n'en ai vu que 30 minutes, un grand merci aux bouchons... lyonnais, évidemment (bien, celle-là, non ?) ! Au passage, je note que la conjonction de l'organisation d'un match à Gerland et des travaux du tramway qui quadrillent la ville fait de la circulation locale une horreur absolue. A un moment donné, j'ai bien cru que j'arriverais jamais au Transbo (quand tu veux montrer que tu fréquentes un endroit assidûment, tu utilises son nom abrégé... ça marche toujours. Exemple : le désormais célèbre "Courch" des skieurs les plus aisés). Donc pour ce qui me concerne, 30 minutes de bonheur. Ils ont joué la quasi-totalité de leur dernier album ("23", album de l'année, j'vous l'avais pas dit ?). Une réussite.
Le temps d'aller me chercher l'indémodable duo jambon-beurre/demi, et voici qu'Interpol s'annonce. Il est 21h35. Les 5 membres du groupe prennent place dans la pénombre. Les groupies hurlent. Du grand classique. Et les premières notes de "Pioneer to the Falls" tombent... Une intro sur le 1er titre du nouvel album, évident... En même temps, avec un titre pareil, ça démarre pas à 100 à l'heure... ça tombe bien, le chanteur se la joue mystérieux, se cachant derrière sa frange blonde, un peu à la Kurt Cobain. Mais voilà que ça enchaîne avec "Obstacle 1"... et là, ça démarre vraiment. Bim, bam, boum, en avant Guimgamp, en arrière Quimper ! Bon, j'vais pas vous raconter tout le concert. Mention spéciale, tout de même, à "The Lighthouse", que je pensais injouable en concert : Daniel Kessler y fut pro-di-gieux. Et coup de coeur personnel pour "Evil", leur meilleur titre à mon sens (très "Strokes", ceci explique peut-être cela). Derrière, l'enchaînement avec "The Heinrich Maneuver" fut énorme. La salle était à fond. Le rappel, enfin, est une sorte de best of de "Turn on the Bright Lights", avec notamment le géantissime "Stella was a diver and she was always down" (avec un intro très "The Cure", ceci explique peut-être cela). Bon, pour finir péchu, "PDA" était un très bon choix.
Globalement, j'ai trouvé le chanteur très très bon. Sur certains titres, son timbre de voix se rapproche carrément de celui de Bowie... C'est propre, très propre, car je doutais vraiment de son aptitude à pouvoir maintenir ce timbre de voix sur un concert complet... Franch'ment, il est impressionnant. C'est donc très pro, mais statique, terriblement statique (en même temps, je les vois pas grimper au rideau sur ce type de musique, même quand c'est péchu)... Seul Daniel Kessler, le guitariste, costard-cravate impeccablement ajusté, semble complètement habité par ses riffs. Lui, c'est sûr, y tourne pas à la badoit !
Au final, je me répète, c'est extrêmement propre. Trop. Y'a rien qui dépasse. Tu fermes les yeux, tu oublies les odeurs de fumigène, et tu es dans ton salon. Toute la question est là : pourquoi va-t-on assister à un concert ? Si c'est juste pour voir les mecs "en vrai" débiter leur musique de le manière la plus parfaite possible, alors ce fût un grand concert. Voire un très grand. Si c'est pour sentir de l'émotion, un contact avec le public, quelques intro modifiées/rallongées, quelques solos, alors non, il ne fallait pas venir au Transbo dimanche soir. Pour ce qui me concerne, la 1e partie aidant, le positif l'emporte tout de même largement. Je me suis vraiment régalé.
La setlist ? Très "mathématique", avec 5 titres du 1er album, 6 titres du 2e et... 7 titres du dernier ! Logique, après tout... Mais un peu surprenante dans son "déroulé" puisque les 3 titres du rappel étaient tous du 1er album ! A part ça, du très classique, et plutôt péchu :
Pioneer to the Falls (Our love to admire)
Obstacle 1 (TOTBL)
C'Mere (Antics)
NARC (Antics)
Pace is the trick (Our love to admire)
A time to be so small (Antics)
Say Hello to the Angels (TOTBL)
Mammoth (Our love to admire)
No I In Threesome (Our love to admire)
Slow Hands (Antics)
Rest My Chemistry (Our love to admire)
The Lighthouse (Our love to admire)
Evil (Antics)
The Heinrich Maneuver (Our love to admire)
Not Even Jail (Antics)
- - - - - - - -
Untitled (TOTBL)
Stella was a diver and she was always down (TOTBL)
PDA (TOTBL)
Ah, au fait, last but not least, le concert a duré plus d'une heure et demie ! Par les temps qui courent, c'est une révolution ! Bon, ok, il a duré 1h35 (!), c'est pas géant, mais ça a suffi à mon bonheur...
Voilà. Un vrai concert, avec 2 vrais groupes et 1 vrai son... et l'impression, une fois n'est pas coutume, d'en avoir eu pour son argent.
Prochains compte-rendus : Babyshambles, si Pete Doherty n'est pas mort d'une overdose avant, et les Smashing à Bercy...
Avant Interpol, l'air de rien, il y avait une 1ère partie, et quelle 1ère partie : Blonde Redhead ! Excellentissime ! Jouïssif ! C'est quand même rare de dire ça d'une 1ère partie ! Il est vrai que je m'étais rencardé et m'étais procuré leurs 2 derniers albums. Blonde Redhead, c'est un groupe... new-yorkais, évidemment : c'est un pré-requis pour faire la 1ère partie d'Interpol ! New-yorkais, oui, mais new-yorkais d'adoption, car c'est avant tout un très improbable trio composé d'une chanteuse... japonaise (je ne plaisante pas) et de deux jumeaux... italiens (ouais, je sais, au départ, ça fait sourire) : un guitariste/chanteur et un batteur. Vous êtes pas au courant ? Tout de suite, je note une bizarrerie : le batteur tient sa baguette gauche comme s'il allait manger du riz au cours d'un repas chinois ! Un truc de dingues. Leur musique est paraît-il proche de celle de Sonic Youth (que je n'ai jamais fréquenté, donc je ne peux pas me prononcer). Personnellement, j'y ai reconnu des similitudes avec Flaming Lips. Globalement, c'est pas très FM, voire même pas FM du tout, si vous voyez ce que je veux dire. Bon, ne tournons pas autour du pot : c'est pour les connaisseurs ! Enfin bref, je me suis ré-ga-lé ! Comme ça, à chaud, la meilleure 1e partie que j'ai jamais vu (hors festivals). Ils ont joué un peu moins d'une heure. Bon, moi, je n'en ai vu que 30 minutes, un grand merci aux bouchons... lyonnais, évidemment (bien, celle-là, non ?) ! Au passage, je note que la conjonction de l'organisation d'un match à Gerland et des travaux du tramway qui quadrillent la ville fait de la circulation locale une horreur absolue. A un moment donné, j'ai bien cru que j'arriverais jamais au Transbo (quand tu veux montrer que tu fréquentes un endroit assidûment, tu utilises son nom abrégé... ça marche toujours. Exemple : le désormais célèbre "Courch" des skieurs les plus aisés). Donc pour ce qui me concerne, 30 minutes de bonheur. Ils ont joué la quasi-totalité de leur dernier album ("23", album de l'année, j'vous l'avais pas dit ?). Une réussite.
Le temps d'aller me chercher l'indémodable duo jambon-beurre/demi, et voici qu'Interpol s'annonce. Il est 21h35. Les 5 membres du groupe prennent place dans la pénombre. Les groupies hurlent. Du grand classique. Et les premières notes de "Pioneer to the Falls" tombent... Une intro sur le 1er titre du nouvel album, évident... En même temps, avec un titre pareil, ça démarre pas à 100 à l'heure... ça tombe bien, le chanteur se la joue mystérieux, se cachant derrière sa frange blonde, un peu à la Kurt Cobain. Mais voilà que ça enchaîne avec "Obstacle 1"... et là, ça démarre vraiment. Bim, bam, boum, en avant Guimgamp, en arrière Quimper ! Bon, j'vais pas vous raconter tout le concert. Mention spéciale, tout de même, à "The Lighthouse", que je pensais injouable en concert : Daniel Kessler y fut pro-di-gieux. Et coup de coeur personnel pour "Evil", leur meilleur titre à mon sens (très "Strokes", ceci explique peut-être cela). Derrière, l'enchaînement avec "The Heinrich Maneuver" fut énorme. La salle était à fond. Le rappel, enfin, est une sorte de best of de "Turn on the Bright Lights", avec notamment le géantissime "Stella was a diver and she was always down" (avec un intro très "The Cure", ceci explique peut-être cela). Bon, pour finir péchu, "PDA" était un très bon choix.
Globalement, j'ai trouvé le chanteur très très bon. Sur certains titres, son timbre de voix se rapproche carrément de celui de Bowie... C'est propre, très propre, car je doutais vraiment de son aptitude à pouvoir maintenir ce timbre de voix sur un concert complet... Franch'ment, il est impressionnant. C'est donc très pro, mais statique, terriblement statique (en même temps, je les vois pas grimper au rideau sur ce type de musique, même quand c'est péchu)... Seul Daniel Kessler, le guitariste, costard-cravate impeccablement ajusté, semble complètement habité par ses riffs. Lui, c'est sûr, y tourne pas à la badoit !
Au final, je me répète, c'est extrêmement propre. Trop. Y'a rien qui dépasse. Tu fermes les yeux, tu oublies les odeurs de fumigène, et tu es dans ton salon. Toute la question est là : pourquoi va-t-on assister à un concert ? Si c'est juste pour voir les mecs "en vrai" débiter leur musique de le manière la plus parfaite possible, alors ce fût un grand concert. Voire un très grand. Si c'est pour sentir de l'émotion, un contact avec le public, quelques intro modifiées/rallongées, quelques solos, alors non, il ne fallait pas venir au Transbo dimanche soir. Pour ce qui me concerne, la 1e partie aidant, le positif l'emporte tout de même largement. Je me suis vraiment régalé.
La setlist ? Très "mathématique", avec 5 titres du 1er album, 6 titres du 2e et... 7 titres du dernier ! Logique, après tout... Mais un peu surprenante dans son "déroulé" puisque les 3 titres du rappel étaient tous du 1er album ! A part ça, du très classique, et plutôt péchu :
Pioneer to the Falls (Our love to admire)
Obstacle 1 (TOTBL)
C'Mere (Antics)
NARC (Antics)
Pace is the trick (Our love to admire)
A time to be so small (Antics)
Say Hello to the Angels (TOTBL)
Mammoth (Our love to admire)
No I In Threesome (Our love to admire)
Slow Hands (Antics)
Rest My Chemistry (Our love to admire)
The Lighthouse (Our love to admire)
Evil (Antics)
The Heinrich Maneuver (Our love to admire)
Not Even Jail (Antics)
- - - - - - - -
Untitled (TOTBL)
Stella was a diver and she was always down (TOTBL)
PDA (TOTBL)
Ah, au fait, last but not least, le concert a duré plus d'une heure et demie ! Par les temps qui courent, c'est une révolution ! Bon, ok, il a duré 1h35 (!), c'est pas géant, mais ça a suffi à mon bonheur...
Voilà. Un vrai concert, avec 2 vrais groupes et 1 vrai son... et l'impression, une fois n'est pas coutume, d'en avoir eu pour son argent.
Prochains compte-rendus : Babyshambles, si Pete Doherty n'est pas mort d'une overdose avant, et les Smashing à Bercy...
Signature : steph
le 15/11/2007
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le 15/11/2007
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