J'avais déjà eu l'honneur d'assister au concert de Bob Dylan à Amneville en 2005 et je dois dire que ce concert à Strasbourg ne m'a pas déçu. On connait le magnifique quiproquo qui oppose aujourd'hui les fans de Bob Dylan (dont je suis indéniablement) aux vagues dilettantes qui en sont restés aux années 60, 70 sans se préoccuper ni du virage chrétien (qui l'amena d'ailleurs à une forme de fascisme, si éloigné de l'image d'Epinal qu'ont lui a apposé un peu trop rapidement, cf. les discours xénophobes de la période saved), ni du cul de sac "has been"...
Je ne me placerais pas sur ce terrain plus que houleux. Je dirais simplement qu'un vieil homme de 69 ans, qui a vu mourir et naître des tonnes d'artistes, qui a trainer ces costumes rockabilly dans tous les bouges musicales comme un marlou magnifique -du reggae au rap en passant par le disco-... cet homme n'a rien à prouver. Il peut se permettre de faire des concerts dans lesquels il va malmener et son répertoire et son public; et c'est ce que j'aime. Ecouter une chanson de n'importe quel concert: le début est tatonnant, bob dylan cherche, expérimente, balbutie, prend son élan pour finalement implosé et le public en bon homoncule de gibet se plaint brillamment... tout cela est adorable.
Déjà en 1966 les mauvais apôtres que sont les fans huaient ses spectacles et le traitaient de "judas"... Au vu des critiques présentes sur ce site je pense pouvoir dire que Bob Dylan s'est trompé sur un point. The Times They Aren't A-Changing.
Mes highlights du concert: Masters Of War incroyable, d'une intensité à faire mugir les constellations, un John Brown En perpétuelle évolution qui fini a demi-slamé et enfin This Wheel's on fire pas parce que Dylan prend sa guitare (je m'en contre fou de la guitare) mais parce qu'il fait passer une énergie magnifique. Un bon souvenir également ce Just Like A Woman dans lequel Bob Dylan refuse que le public chante en choeur et pour cela décale le refrain... du grand art.
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