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Dimanche 27 mai 2012 : 9162 concerts, 20891 critiques de concert, 4719 critiques de CD.

Critique de concert Bonnie Prince billy +Suzanna Wallumrød


Bonnie Prince billy +Suzanna Wallumrød en concert


5 étoiles, concert à ne pas manquer

Jaime

Après la Cigale et le Printemps de Bourges, et avant Turin et Bologne, Bonnie Prince Willy était sur la scène du Poste à Galène à Marseille ce dimanche soir pluvieux.

Une scène que l’Américain de Louisville dans le Kentucky n’avait pas foulée depuis 8 ans. Et 8 ans chez Will Oldham (de son vrai nom), c’est un peu toute une vie, tant le bonhomme est prolixe.

Car le nouvel album qu’il présente ce soir-là, Beware, doit être son 21 ou 22 disques depuis There is no-one will take care of you en 1993. Et il se pourrait bien que ce dernier effort constitue, à l’instar de I see a darkness en 1999, un tournant dans sa riche discographie.

C’est en tout cas le sentiment qui nous animait en sortant 2 heures plus tard du Poste. Car l’homme nous a réservé une sacrée surprise sur scène.

À ceux qui, comme moi, attendaient de se réjouir d’entendre un folk décharné porté par une voix presque étouffée, Bonnie Prince Billy nous a réservé… Un concert de rock en bonne et due forme avec de multiples influences et plus seulement celles de Bob Dylan, Neil Young et Johnny Cash.


Mais revenons une minute sur la première partie, assurée par la blonde vénitienne Suzanna Wallumrød. La jeune Norvégienne monte sur scène à 21h30, s’installe derrière son piano, comme à jouer et là, on se dit qu’on est en train d’écouter Tori Amos à ces tous débuts.


Mélodie lente, voix portée, diction lente, recherche d’emphase, c’est pas mal. Elle est rejointe par un guitariste et un batteur qui ont manifestement pour mission de rester le plus discret possible.
Car la demoiselle aime par-dessus tout chanter len-te-ment sur quelques notes de piano. Mais sa prestation paraît au final interminable tant la demoiselle se complait dans ce registre de jazz vocal où sévissent déjà un grand nombre de « grandes voix », de Lisa Ekdal à Madeleine Peyroux.

L’arrivée sur scène de Bonnie Prince Willy pour un duo sirupeux, ni, plus tard, celle de trois musiciens pour des chœurs, n’y changeront rien.

Finalement, on est soulagé de voir débarquer une bande de barbus pour le changement de plateau minimaliste. D’autant plus qu’ils font une vague balance en écoutant Johnny Cash.


À 21H30, changement de décor. Monte sur scène un ours à la batterie (Jim White), un grand barbu à la contrebasse électrique (Josh Abrams), un jeune homme souriant à la guitare (Emmett Kelly) et une très charmante jeune femme au violon (Cheyenne Mize). Puis apparaît Bonnie Prince Billy, qui en a profité pour revêtir son costume de scène : salopette de fermier sur chemise blanche éclatante et khôl sous les yeux.


Tout de suite, on est frappé par la musique produite : on n’est plus dans le folk, encore moins dans la country.

Le Bonnie « Prince » Billy de 2009 n’est plus l’ermite sauvage et dépressif qui alignait ces dernières années des albums aussi beaux que désespérants (et voire quand même aussi, de temps en temps, assez lénifiant).


Comme son mentor Dylan, Bonnie a branché sa guitare sur les amplis et s’est mis à écouter assidûment quelques groupes récents.

On pense à Arcade fire pour la richesse des arrangements et la construction des morceaux en forme de cathédrale autour du violon, Nick Cave pour sa façon de dicter ses textes comme un preacher inquiétant et sa théâtralité, à Mogwai également pour quelques passages carrément bruitistes.


Difficile d’ailleurs de retrouver les titres de son dernier album pendant le concert (bien qu’ils furent tous joués) tant le traitement rock sur scène bouleverse vraiment les repères.


L’autre grande découverte de ce concert, c’est également la violonniste, Cheyenne Mize.

Non contente de jouer avec délicatesse de son violon au milieu de tous ces (faux) fermiers du middle west américain, la demoiselle chante la plupart des titres en duo avec Bonnie Prince Willy et c’est là qu’on repense à Suzanna Wallumrød.


La comparaison n’est même pas possible tant le timbre de voix de Cheyenne Mize est plus profonde, plus sensible et nettement plus juste. En ouvrant sa musique et ses textes aux musiciens qui l’accompagnent (Emmett Kelly aura également pas mal de passage chanté), Bonnie Prince Billy a manifestement gagné au change.


Et nous assistons, pendant 2 heures (dont 2 rappels) à l’échappée belle d’un artiste que l’on avait cru pour toujours prisonnier de sa chrysalide.

Photos non signées par Pirlouiiiit ... beaucoup d'autres en cliquant ici

Bonus vidéo :


et une petite de Susanna Wallumrød (ou on ne la voit pas mais on l'entend) :




 


>> Réponse (le 28/04/2009 par Philippe)
En effet, passé la première partie, belle et ennuyeuse à la fois, ce concert était pour le moins plus vivant que ce que j'attendais. Le son de Will Oldham en 2009 est riche, orchestral et ... choral. A un point qu'on entend pas toujours assez sa propre voix (qui est quand même ce qu'on est venu écouter à la base) dans la richesse de l'accompagnement. A signaler aussi, d'amusantes pitreries en ping-pong verbal avec le très causant Oscar du merchandising. Enfin j'ai quand même trouvé ça un peu longuet, mais sans doute était-ce l'effet "dimanche soir" qui m'a frappé. Peut-être que quelques séquences "minimalistes" guitare-voix auraient fait des interludes utiles pour varier les effets ?  > Réagir à cette critique

>> Réponse (le 28/04/2009 par Chlorophil)
Je suis globalement d'accord avec ce qu'écrit Stéphane... surtout en ce qui concerne l'appréciation globale et les 4 étoiles que méritent ce concert mémorable (malgré la première partie quelque peu ennuyante). Par contre (excuse moi d'avance Stéphane), j'ai du mal à laisser passer le "Bonnie a branché sa guitare sur les amplis et s’est mis à écouter assidûment quelques groupes récents" : Même si on a tendance à ne retenir que les albums "guitare au coin du feu" de BPB, ce bon vieux Will a depuis ses tout débuts avec les Palace Brothers, et jusque récemment, toujours préféré et largement utilisé les guitares électriques. Ce son rock, étoffé, avec des chansons jouées à 200 à l'heure dans des versions torturées sur scène n'est pas une nouveauté non plus : les archives de concerts .../...

 

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>> Réponse (le 29/04/2009 par The Greenman)
Si le concert était parfois bancal, le cul entre deux orchestrations et sur le fond, très inférieur aux dernières tournées de Will… Le compte-rendu du concert du PAG est également globalement décevant. Je croyais que les gars du site s’y connaissaient vraiment, or, ce n’est pas le cas avec ce Sarpaux-là, qui n’en est pas à ses premières erreurs ou oublis ! Comme d’hab’ (j’ai été voir les autres) pas de titres reconnus pour nourrir le papier, pléthore de fautes et accords, des phrases creuses dignes d’un ado de 4éme et des incohérences multiples qui me font bailler entre chaque ligne… Mais, peu importe, le pire étant que BP Billy n’en est pas à son coup d’essais côté guitares, bruits et sons fournis pour pousser la machine, il en a même fait sa marque de fabrique, passant son temps à .../...

 

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>> Réponse (le 29/04/2009 par Philippe) Cher Greenman, c'est très bien d'être actif sur le site, je vous y encourage. Cependant vous devenez chiant à personnaliser vos réactions (cf Kulfi, et celle-ci). Pourquoi ne pas rédiger vos propres chroniques érudites, drôles, d'une pertinence aigüe, et avec tous les titres des morceaux ? Promis, on y mettra des photos s'il le faut ! Aimez-vous Pierre Andrieu ? Il fait court et ne cite que très peu de titres dans ses chroniques. Moi ? Je bavasse, j'en cite plein, je dirais même trop. Est-ce vraiment ça qui fait une bonne chronique et son intérêt ? Les gars du site, comme vous dites, sont des bénévoles passionnés et je pense que l'étendue de leur culture musicale (celle de M.Sarpaux y compris) vaut bien la vôtre, en plus de leur curiosité naturelle et du temps passé à rédiger leurs .../...

 

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>> Réponse (le 29/04/2009 par The Greenman)
Le chanteur de Big In Japan non plus, n’est pas vraiment professionnel, mais passionné, non ? (Pour citer un exemple récent). Ce qui ne vous a pas empêché de le critiquer à donf en lui conseillant des cours de chant et autres aménités que je ne critique pas ici, si c’est mérité ! Ceci pourrait s’appliquer à ce M. Sarpaux que vous prenez élégamment sous votre aile protectrice. On aurait donc le droit de dire que quelqu’un chante mal sur ce site (quand c’est le cas) mais pas que quelqu’un écrit mal et retranscris mal un concert (quand c’est aussi le cas)… C’est ça ? Ok, alors, le tout, c’est de le dire ! Au fait, est-ce que le fait d’être passionné et bénévole fait forcément de vous ou nous des êtres meilleurs et hors d’atteinte ? À suivre… "Sauvez la Planète, pas les cons !" J'avais .../...

 

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>> Réponse (le 30/04/2009 par Stéphane Sarpaux) ah, que cela fait du bien un peu de méchanceté sur ce site. Merci, monsieur greenman, on ne s'emmerde pas avec vous ! Et il me tarde, comme Philippe, que vous passiez de la critique à la chronique. Peut être que, lorsque vous aurez le courage de vous lancer dans ce genre d'exercice, votre vision sera légèrement différente. Et à notre tour, nous pourrons exercer sur vos textes ce même regard perçant et intransigeant que vous manifestez ici. Peut être que lorsque vous aurez le courage de vous lancer dans ce genre d'exercice, votre vision sera légèrement différente... Au fait, pour les attaques personnelles, le mel perso est là pour cela. Je me languis déjà de lire votre réponse...  > Réagir à cette critique
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