Critique de concert Bonnie Prince billy +Suzanna Wallumrød

Après la Cigale et le Printemps de Bourges, et avant Turin et Bologne, Bonnie Prince Willy était sur la scène du Poste à Galène à Marseille ce dimanche soir pluvieux.
Une scène que l’Américain de Louisville dans le Kentucky n’avait pas foulée depuis 8 ans. Et 8 ans chez Will Oldham (de son vrai nom), c’est un peu toute une vie, tant le bonhomme est prolixe.
Car le nouvel album qu’il présente ce soir-là, Beware, doit être son 21 ou 22 disques depuis There is no-one will take care of you en 1993. Et il se pourrait bien que ce dernier effort constitue, à l’instar de I see a darkness en 1999, un tournant dans sa riche discographie.
C’est en tout cas le sentiment qui nous animait en sortant 2 heures plus tard du Poste. Car l’homme nous a réservé une sacrée surprise sur scène.
À ceux qui, comme moi, attendaient de se réjouir d’entendre un folk décharné porté par une voix presque étouffée, Bonnie Prince Billy nous a réservé… Un concert de rock en bonne et due forme avec de multiples influences et plus seulement celles de Bob Dylan, Neil Young et Johnny Cash.
Mais revenons une minute sur la première partie, assurée par la blonde vénitienne Suzanna Wallumrød. La jeune Norvégienne monte sur scène à 21h30, s’installe derrière son piano, comme à jouer et là, on se dit qu’on est en train d’écouter Tori Amos à ces tous débuts.
Mélodie lente, voix portée, diction lente, recherche d’emphase, c’est pas mal. Elle est rejointe par un guitariste et un batteur qui ont manifestement pour mission de rester le plus discret possible.
Car la demoiselle aime par-dessus tout chanter len-te-ment sur quelques notes de piano. Mais sa prestation paraît au final interminable tant la demoiselle se complait dans ce registre de jazz vocal où sévissent déjà un grand nombre de « grandes voix », de Lisa Ekdal à Madeleine Peyroux.
L’arrivée sur scène de Bonnie Prince Willy pour un duo sirupeux, ni, plus tard, celle de trois musiciens pour des chœurs, n’y changeront rien.
Finalement, on est soulagé de voir débarquer une bande de barbus pour le changement de plateau minimaliste. D’autant plus qu’ils font une vague balance en écoutant Johnny Cash.

À 21H30, changement de décor. Monte sur scène un ours à la batterie (Jim White), un grand barbu à la contrebasse électrique (Josh Abrams), un jeune homme souriant à la guitare (Emmett Kelly) et une très charmante jeune femme au violon (Cheyenne Mize). Puis apparaît Bonnie Prince Billy, qui en a profité pour revêtir son costume de scène : salopette de fermier sur chemise blanche éclatante et khôl sous les yeux.

Tout de suite, on est frappé par la musique produite : on n’est plus dans le folk, encore moins dans la country.
Le Bonnie « Prince » Billy de 2009 n’est plus l’ermite sauvage et dépressif qui alignait ces dernières années des albums aussi beaux que désespérants (et voire quand même aussi, de temps en temps, assez lénifiant).

Comme son mentor Dylan, Bonnie a branché sa guitare sur les amplis et s’est mis à écouter assidûment quelques groupes récents.
On pense à Arcade fire pour la richesse des arrangements et la construction des morceaux en forme de cathédrale autour du violon, Nick Cave pour sa façon de dicter ses textes comme un preacher inquiétant et sa théâtralité, à Mogwai également pour quelques passages carrément bruitistes.

Difficile d’ailleurs de retrouver les titres de son dernier album pendant le concert (bien qu’ils furent tous joués) tant le traitement rock sur scène bouleverse vraiment les repères.

L’autre grande découverte de ce concert, c’est également la violonniste, Cheyenne Mize.
Non contente de jouer avec délicatesse de son violon au milieu de tous ces (faux) fermiers du middle west américain, la demoiselle chante la plupart des titres en duo avec Bonnie Prince Willy et c’est là qu’on repense à Suzanna Wallumrød.
La comparaison n’est même pas possible tant le timbre de voix de Cheyenne Mize est plus profonde, plus sensible et nettement plus juste. En ouvrant sa musique et ses textes aux musiciens qui l’accompagnent (Emmett Kelly aura également pas mal de passage chanté), Bonnie Prince Billy a manifestement gagné au change.

Et nous assistons, pendant 2 heures (dont 2 rappels) à l’échappée belle d’un artiste que l’on avait cru pour toujours prisonnier de sa chrysalide.
Photos non signées par Pirlouiiiit ... beaucoup d'autres en cliquant ici
Bonus vidéo :
et une petite de Susanna Wallumrød (ou on ne la voit pas mais on l'entend) : là
Une scène que l’Américain de Louisville dans le Kentucky n’avait pas foulée depuis 8 ans. Et 8 ans chez Will Oldham (de son vrai nom), c’est un peu toute une vie, tant le bonhomme est prolixe.
Car le nouvel album qu’il présente ce soir-là, Beware, doit être son 21 ou 22 disques depuis There is no-one will take care of you en 1993. Et il se pourrait bien que ce dernier effort constitue, à l’instar de I see a darkness en 1999, un tournant dans sa riche discographie.
C’est en tout cas le sentiment qui nous animait en sortant 2 heures plus tard du Poste. Car l’homme nous a réservé une sacrée surprise sur scène.
À ceux qui, comme moi, attendaient de se réjouir d’entendre un folk décharné porté par une voix presque étouffée, Bonnie Prince Billy nous a réservé… Un concert de rock en bonne et due forme avec de multiples influences et plus seulement celles de Bob Dylan, Neil Young et Johnny Cash.
Mais revenons une minute sur la première partie, assurée par la blonde vénitienne Suzanna Wallumrød. La jeune Norvégienne monte sur scène à 21h30, s’installe derrière son piano, comme à jouer et là, on se dit qu’on est en train d’écouter Tori Amos à ces tous débuts.
Mélodie lente, voix portée, diction lente, recherche d’emphase, c’est pas mal. Elle est rejointe par un guitariste et un batteur qui ont manifestement pour mission de rester le plus discret possible.
Car la demoiselle aime par-dessus tout chanter len-te-ment sur quelques notes de piano. Mais sa prestation paraît au final interminable tant la demoiselle se complait dans ce registre de jazz vocal où sévissent déjà un grand nombre de « grandes voix », de Lisa Ekdal à Madeleine Peyroux.
L’arrivée sur scène de Bonnie Prince Willy pour un duo sirupeux, ni, plus tard, celle de trois musiciens pour des chœurs, n’y changeront rien.
Finalement, on est soulagé de voir débarquer une bande de barbus pour le changement de plateau minimaliste. D’autant plus qu’ils font une vague balance en écoutant Johnny Cash.

À 21H30, changement de décor. Monte sur scène un ours à la batterie (Jim White), un grand barbu à la contrebasse électrique (Josh Abrams), un jeune homme souriant à la guitare (Emmett Kelly) et une très charmante jeune femme au violon (Cheyenne Mize). Puis apparaît Bonnie Prince Billy, qui en a profité pour revêtir son costume de scène : salopette de fermier sur chemise blanche éclatante et khôl sous les yeux.

Tout de suite, on est frappé par la musique produite : on n’est plus dans le folk, encore moins dans la country.
Le Bonnie « Prince » Billy de 2009 n’est plus l’ermite sauvage et dépressif qui alignait ces dernières années des albums aussi beaux que désespérants (et voire quand même aussi, de temps en temps, assez lénifiant).

Comme son mentor Dylan, Bonnie a branché sa guitare sur les amplis et s’est mis à écouter assidûment quelques groupes récents.
On pense à Arcade fire pour la richesse des arrangements et la construction des morceaux en forme de cathédrale autour du violon, Nick Cave pour sa façon de dicter ses textes comme un preacher inquiétant et sa théâtralité, à Mogwai également pour quelques passages carrément bruitistes.

Difficile d’ailleurs de retrouver les titres de son dernier album pendant le concert (bien qu’ils furent tous joués) tant le traitement rock sur scène bouleverse vraiment les repères.

L’autre grande découverte de ce concert, c’est également la violonniste, Cheyenne Mize.
Non contente de jouer avec délicatesse de son violon au milieu de tous ces (faux) fermiers du middle west américain, la demoiselle chante la plupart des titres en duo avec Bonnie Prince Willy et c’est là qu’on repense à Suzanna Wallumrød.
La comparaison n’est même pas possible tant le timbre de voix de Cheyenne Mize est plus profonde, plus sensible et nettement plus juste. En ouvrant sa musique et ses textes aux musiciens qui l’accompagnent (Emmett Kelly aura également pas mal de passage chanté), Bonnie Prince Billy a manifestement gagné au change.

Et nous assistons, pendant 2 heures (dont 2 rappels) à l’échappée belle d’un artiste que l’on avait cru pour toujours prisonnier de sa chrysalide.
Photos non signées par Pirlouiiiit ... beaucoup d'autres en cliquant ici
et une petite de Susanna Wallumrød (ou on ne la voit pas mais on l'entend) : là
Signature : stephane sarpauxle 27/04/2009
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Photographe : chlorophil
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>> Réponse (le 28/04/2009 par Philippe)

>> Réponse (le 28/04/2009 par Chlorophil)

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>> Réponse (le 29/04/2009 par The Greenman)

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>> Réponse (le 29/04/2009 par Philippe) Cher Greenman, c'est très bien d'être actif sur le site, je vous y encourage. Cependant vous devenez chiant à personnaliser vos réactions (cf Kulfi, et celle-ci). Pourquoi ne pas rédiger vos propres chroniques érudites, drôles, d'une pertinence aigüe, et avec tous les titres des morceaux ? Promis, on y mettra des photos s'il le faut ! Aimez-vous Pierre Andrieu ? Il fait court et ne cite que très peu de titres dans ses chroniques. Moi ? Je bavasse, j'en cite plein, je dirais même trop. Est-ce vraiment ça qui fait une bonne chronique et son intérêt ? Les gars du site, comme vous dites, sont des bénévoles passionnés et je pense que l'étendue de leur culture musicale (celle de M.Sarpaux y compris) vaut bien la vôtre, en plus de leur curiosité naturelle et du temps passé à rédiger leurs .../...
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>> Réponse (le 29/04/2009 par The Greenman)

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>> Réponse (le 30/04/2009 par Stéphane Sarpaux) ah, que cela fait du bien un peu de méchanceté sur ce site. Merci, monsieur greenman, on ne s'emmerde pas avec vous ! Et il me tarde, comme Philippe, que vous passiez de la critique à la chronique. Peut être que, lorsque vous aurez le courage de vous lancer dans ce genre d'exercice, votre vision sera légèrement différente. Et à notre tour, nous pourrons exercer sur vos textes ce même regard perçant et intransigeant que vous manifestez ici. Peut être que lorsque vous aurez le courage de vous lancer dans ce genre d'exercice, votre vision sera légèrement différente... Au fait, pour les attaques personnelles, le mel perso est là pour cela. Je me languis déjà de lire votre réponse... > Réagir à cette critique

le 25 Avril 2009 - Auditorium, Bourges (par Pierre Andrieu)

le 3 au 6 juillet 2008 - Roskilde, Danemark (par Pierre Andrieu)

le 2 juillet 2005 - Presqu'île de Malsaucy, Belfort (par Pierre Andrieu)

le Vendredi 1er juillet - Mains d'Oeuvres - Saint Ouen (par Bertrand Lasseguette)

le 25 Avril 2009 - Auditorium, Bourges (par Pierre Andrieu)
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