Critique de concert ThE BeWiTcHeD hAnDs On ThE tOp Of OuR hEaDs + Cercueil + Mustang + Minipli + Pilöt + The National Parcs (Printemps de Bourges 2009)


Très haut niveau pour les Découvertes rock du Printemps de Bourges cette année… Après la très belle sélection présentée le mercredi 22 avril (bientôt chroniquée ici même), les groupes sélectionnés pour jouer le vendredi 24 ont tous révélé un impressionnant potentiel. Chronique d’une série de concerts donnés au moment du repas de midi puis de la sieste - de 12h30 à 15h30 – dans un 22 d’Auron très bien rempli…
Pas de risque d’assoupissement cette année, et ce pour deux raisons : les concerts se déroulent dans deux salles où le public est debout (contrairement à la Maison de la Culture où les confortables sièges donnaient envie de dormir) et les groupes sont bons, voire excellents !

Minipli
Premier à plancher sur l’examen de passage scénique, le groupe Minipli fait bonne impression avec son électro rock cabaret plutôt marrant, sexy et original… Le gros travail sur la mise en scène et la présentation scénique (costumes, éclairages, changements d’instruments… ) rend la musique encore plus pertinente : on navigue à vue dans des atmosphères troubles, malsaines et interlopes.
Le guitariste/claviériste ne quittera pas sa combinaison intégrale (visage compris ) de tout le concert, le choriste/bassiste changeant, lui, souvent de tenue tandis que la chanteuse passe de la batterie au front de scène pour interpréter des titres acidulés, entres post punk, électro pop et new wave gothique… Ce croisement hybride entre Siouxsie and The Banshees, The Kills, Peaches et CSS est percutant ! Rien de révolutionnaire à proprement parlé mais de belles promesses pour ce groupe tiraillé entre la Lorraine et le Luxembourg. Une mise en jambe idéale doublée d’un parfait échauffement des sens !
Pilöt
Place désormais à un peu d’hystérie savamment organisée avec le groupe venu d’Ile de France Pilöt. La recette est (presque) simple : une petite agitée montée sur ressorts au chant, un guitariste perpétuellement en vadrouille entre dissonance et percussion, des basses ultra groovy et une batterie intenable… Le résultat fait aussi plaisir à voir qu'à entendre et pourrait s’apparenter à une collision sauvage entre Liars, Sonic Youth et CSS ; le crash - très bien organisé, comme dans le film de David Cronenberg - provoque d’ébouriffantes bouffées de chaleur dans tout le corps.

Une belle manière de suer sur le dance floor (ou en coulisses) en attendant la mort… Pilöt semble dire clairement qu’il faut profiter de l’instant présent car on ne sait pas ce qu’il va arriver dans les cinq minutes suivantes. Après avoir rencontré une charmante jeune fille et bien sympathisé à l’horizontale, on peut très bien juste après la petite mort connaître la vraie : se faire bouffer par ce qui se révèle être une mante religieuse. C’est ce que semble évoquer en filigrane Pilöt dans son titre Mante religieuse. Etrange, arty et énervé, ce groupe là a l’immense mérite de ne pas se vautrer dans la facilité ! Chapeau !

The National Parcs
Encore une bonne surprise juste après avec les Québécois anglophones de The National Parcs… Qui proposent un mélange entre électronique, blues world ethnique et hip hop du meilleur effet, après un léger temps d’adaptation. Alliage original entre le côté urbain du hip hop et l’échantillonnage de rythmes (réalisés à l'aide de vraies bûches de bois) ou de sons provenant de la nature (captés dans parc nationaux du Québec, dont les images sont d'ailleurs projetées sur un écran géant).
A la fois virtuose et sobre, abstrait et concret, synthétique et organique, le résultat de cet énorme travail produit de belles réussites, à la fois épicées, multiculturelles, dansantes et ouvertes sur différents univers (blues rock africain, hip hop, électro, rock… ). Une belle surprise, qui donne envie d’en savoir plus sur ce groupe… puis de visiter Montréal et le Québec !
Mustang
Place est faite ensuite aux trois rockers clermontois de Mustang… Ce groupe entre rock yéyé, rockabilly et rock ‘n roll vintage fait immédiatement bonne impression avec ses titres percutants, bien foutus et au fort potentiel sexuel. Les morceaux sont joués nerveusement, il n’y a pas de fioritures, aucune graisse, que du rock ‘n roll en français près de l’os… Malgré un léger problème technique à la batterie l’espace d’un instant, le groupe enchaîne, sans se démonter, signe que rien ne peut lui arriver, maintenant qu’il est rodé scéniquement. Les titres Mustang, En arrière en avant, Sexy symphonie, Le pantalon, Je m’emmerde, Chérie de mon cœur (une jolie reprise de Don Cavalli) parlent tous plus ou moins ouvertement de sexe ou d’amour, ce qui est souvent lié vous en conviendrez.

Tout cela donne bien évidemment très envie de faire crac boum hue avec son joujou extra, mais pas que… Avec un candide sens du décalage, Mustang sait aussi écrire et interpréter un tendre slow adressé à une Maman chérie. Sans doute un coup fourré pour emballer encore plus de gonzesses... Quoi qu’il en soit, le chant – jolie réminiscences d’Elvis, Roy Orbison et Nino Ferrer – marque durablement, le jeu de guitare à la Chuck Berry/Bo Diddley/Ron Asheton/Scotty Moore ou de synthés façon Suicide électrise (on a envie de danser un twist endiablé !), les rythmiques basse/batterie rockent et les chœurs apportent une touche pop réjouissante. C’est classe, ça en a dans le pantalon et possède le potentiel pour aller loin.

ThE BeWiTcHeD hAnDs On ThE tOp Of OuR hEaDs
Le concert le plus impressionnant du plateau est celui des Rémois magiques de ThE BeWiTcHeD hAnDs On ThE tOp Of OuR hEaDs, au nom vraiment imprononçable mais à la musique immédiatement enthousiasmante. Certes, ils ont le sens de la hype et l’art de faire parler d’eux (le nom, le lettrage, les poses sur scène… ) mais tout cela passe au second plan quand on prend en plein face leur musique spectaculairement marquante. Sorte de cocktail régénérant entre Arcade Fire, The Flaming Lips, I’m From Barcelona, Daniel Johnston, The Kinks et John Lennon, la musique folk rock pop chorale de ThE BeWiTcHeD hAnDs On ThE tOp Of OuR hEaDs (putain de nom !) touche en plein coeur, emporte à des années lumières et met des étoiles dans les yeux du public.

Il faut dire que les chansons impeccables (sans aucune exception) sont présentées par une troupe foutraque, énervée et hallucinée : le tambouriniste se prend pour le fils caché de Bez des Happy Mondays et Joel Gion de Brian Jonestown Massacre (il enchaîne rythmes vrillants, poses, facéties et bourrades), les deux chanteurs guitaristes chantent joliment en chœur ou en appuyant leur acolyte, les chœurs féminins (ou de tout le groupe) sont parfaits, les rythmiques font décoller vers les cieux, les ambiances varient à un rythme effréné…
Un franc sourire aux lèvres, l’esprit perdu dans des pensées aériennes, les oreilles en fête et le corps agité, on passe un moment divin en compagnie de cette bande d’allumés notoires, capables de faire tout oublier en une seule seconde. Très en joie à la fin du concert des rémois, on a très envie envie de dire "Champagne !" à trois heures de l’après midi.

Cercueil
La soirée (heu, le début d’après midi) se conclut par un set imparable des Nordistes de Cercueil. Leur électro goth hyper bien envoyé donne instantanément envie de se suicider de joie sur le champ, oui carrément ! Juste pour immortaliser ce moment parfait passé en compagnie d’un groupe capable de créer des ambiances troubles hyper prenantes ! La voix sidère, les ambiances tétanisent, les rythmes envoûtent… Complètement immergé dans le trip électronico pop rock new wave gothique, on sombre dans les délicieuses affres de la dépression au dessus d’un volcan sonore en éruption. Les éclairages et les fumigènes laissent à peine deviner le groupe, bel et bien présent à la manœuvre (orchestrale dans le noir ?) pourtant. Quand quelqu’un a le malheur d’ouvrir une porte laissant entrevoir la lumière du soleil, on le maudit, tel un Bela Lugosi sortant de son cercueil après une nuit passée à sucer le sang de jeunes victimes plus ou moins consentantes… C’est fou l’effet que ça fait un concert de Cercueil ! A revoir sans tarder donc, comme la totalité des groupes sélectionnés ce jour là pour des découvertes Rock de haute volée.

Retrouvez toutes les découvertes du Printemps de Bourges 2009 en vidéo à cette adresse : www.reseau-printemps.com/pages/decouvertes-2009.php
Sites internet : www.printemps-bourges.com, www.myspace.com/cercueil, www.myspace.com/handsbewitched, www.myspace.com/legroupemustang, http://www.myspace.com/00pilot, http://www.myspace.com/thenationalparcs, www.myspace.com/minipli.
A lire également sur le Printemps de Bourges 2009, des chroniques des concerts de GENERIC + Boogers + Grand Bureau + Hello Bye Bye, Mathieu Boogaerts + Victor Démé + Sammy Decoster, Orelsan + Eli Paperboy Reed And The True Loves + DJ Kentaro + Belleruche + General Elektriks + Alice Russell + Chinese Man, ThE BeWiTcHeD hAnDs On ThE tOp Of OuR hEaDs + Cercueil + Mustang + Minipli + Pilöt + The National Parcs, Bonnie Prince Billy + Susanna Wallumrød + Scary Mansion, The Noisettes + Battant + Kap Bambino + Slice & Soda + Telepathe, Emily Loizeau + Coming Soon + Andrew Bird , The Von Bondies + Stuck In the Sound + Mono + Detroit7 + Lucy and The Popsonics + The Dodoz + Dead Sexy Inc , Zone Libre VS Casey & Hamé, Dominique A, Sliimy et Piers Faccini + Ben Harper & Relentless7
Les photos sans crédit sont signées Flore-Anne Roth
Signature : pierre andrieule 28/04/2009
Envoyer un message à pierre andrieu
Voir toutes les critiques de concert rédigées par pierre andrieu
Photographe : flore-anne roth
Envoyer un message à flore-anne roth
Voir toutes les critiques de concert photographiées par flore-anne roth

le 28 avril 2012 - Le Phénix, Bourges (par Pierre Andrieu)

le 27 avril 2012 - Le 22 d'Auron, Bourges (par Pierre Andrieu)

le 26 avril 2012 - Phénix et 22, Bourges (par Pierre Andrieu)

le 25 avril 2012 - Phénix, Auditorium, Palais d'Auron, Bourges (par Pierre Andrieu)

le 24 avril 2012 - Phénix, Bourges (par Hélène)

le 27 octobre 2011 - La Gaîté Lyrique, Paris (par Pierre Andrieu)

le 17 avril 2010 - 22, Phénix, Palais d'Auron, Théâtre Jacques Coeur, Bourges (par Pierre Andrieu)

le 12 septembre 2009 - Le Bikini, Clermont-Ferrand (par Pierre Andrieu)

le 21 juin 2009 - Place de Jaude et Place de La Victoire, Clermont-Ferrand (par Pierre Andrieu)
le Mai 2011 - Coopérative de Mai, Clermont-Ferrand (par Pierre Andrieu)

le 23 avril 2011 - Phénix et Palais d'Auron, Bourges (par Pierre Andrieu)

le 24 mars 2011 - Coopérative de mai, Clermont-Ferrand (par Pierre Andrieu)

le 18 Février 2011 - La Cave aux poètes - Roubaix (par Reno)
Le 22 d'Auron, Bourges

le 17 avril 2010 - 22, Phénix, Palais d'Auron, Théâtre Jacques Coeur, Bourges (par Pierre Andrieu)

le 16 avril 2010 - Le 22, Bourges (par Pierre Andrieu)

le 16 avril 2010 - Le 22, Bourges (par Pierre Andrieu)
le 15 avril 2010 - Le 22, Bourges (par Pierre Andrieu)

le 25 avril 2009 - Le 22 d'Auron, Bourges (par Pierre Andrieu)
Copyright © Neolab Production 2000-2012. Reproduction totale ou partielle interdite sans accord préalable.
Conditions générales d'utilisation
Conditions générales d'utilisation
















