Nous arrivons bien tôt à l'Espace Julien ce soir avec Pirlouiiiit (bon plan l'accès spécial accrédités, comme ça on est sùrs de voir la première partie!).
Cela nous permet de nous rendre compte que dans l'espace du Café Julien, il y a un "before", qui fait aussi l'"after". Ce sont trois musiciens qui nous font patienter pendant qu'on boit notre verre au bar. Sympathique, et quel mérite de jouer quand personne ne vous écoute. Bravo les gars.
Et puis ça y est, mr Lanuit, Gaspard de son prénom, commence. Gaspard Lanuit sont trois sur scène. Ils s'adonnent à plusieurs instruments : basse, guitare, orgue électrique, batterie... De leur musique se dégage parfois une ambiance sombre, mais ils alternent avec des chansons plus guillerettes où il est question de peupliers, d'oliviers et d'amour.
Le chanteur est un petit gars, sautillant, aux introductions de chansons décalées.
Les chansons de Gaspard Lanuit dégagent un réel équilibre entre le texte (des histoires chantées, pas simplistes, du genre dont on ne retient pas le refrain, qu'on n'écoute pas toujours en détail les paroles, mais dont on sent que l'auteur a bossé dessus, vous voyez ce que je veux dire? pas trop commercialement correct quoi), et la musique, tantot rock, tantot ballade, pas enfermée dans un style particulier, si ce n'est celui de la grande famille du rock.
Ils terminent leur concert par un morceau plein d'humour qui dit : "Non non je ne suis pas Johnny Depp, je suis Gaspard Lanuit"!! Péchu, sympathique, une bonne première partie qui a conquis l'Espace Julien.
La salle se remplit, il fait chaud, tout le monde attend l'incarnation féminine de la chanson alternative française, miss Brigitte Fontaine.
Et voilà que ses 5 musiciens (dont Monsieur Areski) arrivent sur scène. Les premières notes de Dura Lex... Brigitte Fontaine arrive avec ses menottes au poignet et son casque d'aviateur des années 30, le public l'acclame.
Pendant toute la première partie du concert elle interprètera plusieurs morceaux de son dernier album, dont Prohibition avec "les commodités de la conversation" comme elle le dit, ce qui signifie : assise sur un fauteuil en rotin (ah le fauteuil en rotin...).
Personnellement je dirai que sa voix s'améliore au fur et à mesure que le concert avance, parce que vraiment au premier morceau j'ai eu très peur! Le refrain crié d'une voix éraillée et forcée m'a un peu inquiétée. Mais la voix de Brigitte Fontaine, il faut qu'elle chauffe un peu, c'est tout (comme ma R5 de 1974), après elle roule... euh, elle coule, elle devient fluide, lapidaire quand c'est nécessaire et enivrante.
Brigitte Fontaine accueille les applaudissements comme un bain de soleil. Elle interprètera Que la vie est belle, Le nougat, et nous proposera une petite pause avec son compère Areski. Avec lui l'ambiance devient un peu plus orientale, il nous chantera deux morceaux dont un parsemé de remarques de Brigitte Fontaine, comme un petit sketch.
Et puis elle revient, avec de nouvelles menottes, pour interpréter notamment : La fiancée de Frankestein et Harem, ambiance plus calme, musique plus sombre, envoûtante, des morceaux longs comme à la radio (? par sûre pour le titre, désolée pour les puristes), qu'elle actualise de faits divers récents. Une partie du public, dont je fais partie, faiblit. Pour moi le concert finira au Café pour me réhydrater. J'ai raté le rappel.
Globalement heureuse d'avoir vu Madame Brigitte Fontaine, mais pas vraiment emballée par le concert. Peut-être n'étais-je pas assez fan pour être transportée...
http://www.concertandco.com/critique/concert-brigitte-fontaine-gaspard-lanuit-tentik/espace-julien-marseille/33277.htmLa dernière fois que j'ai vu Brigitte Fontaine c'était en 2002 au Moulin. Aussi quand je l'ai vue arrivée avec des difficultés à se déplacer et même un peu à chanter au départ j'ai eu très peur.
Et puis petit à petit j'ai vu que même si le poids des années commençait à se faire sentir physiquement, elle n'a rien perdu de son insolence et de tout ce qui fait son personnage. Si au début j'ai bloqué sur certains détails comme le prompteur dont elle n'a pas tellement abusé finalement (et puis après tout Biolay aussi avait ses anti-sèches sur scène) après je ne voyais plus que la grande dame qui se tenait droite sur scène devant un public ultra conquis ! J'avoue que lorsqu'elle s'est assise le pieds sur le genoux (genre "à la cool") pour nous chanter "je suis vieille et je vous encule" .../... >> La suite