Critique de concert Broken Social Scène + Bewitched hands


Le cabaret aléatoire était rempli au tiers mercredi soir pour accueillir une double affiche pop avec deux groupes aux noms à ralonge: Bewitched hands on the top of your head (que l’on peut traduire par "Mains ensorcelés au dessus de vos têtes") et les Canadiens de Broken social scene (traduction ? l’Etat de la France).

Comm d’hab au cabaret, on démarre avec une bonne grosse demi-heure de retard. Les 6 de Bewitched montent sur scène discrètement et entament sans tarder leur set par un "happy with you" qui nous renvoie illico dans la Californie gorgée de soleil des Beach Boys.

Pas étonnant d’être attiré par la surf music quand on a grandi à Reims. D’ailleurs, les Bewitched ne mentent pas vraiment sur ce qu’ils sont. Leur look est l’anti-glamour par définition : jean troué, chemise à carreaux, casquettes, barbes, cheveux longs, petits bidons, on dirait une bande de bûcherons canadiens trop portés sur la bière et la pomme de terre.
Heureusement, il se trouve que dans la bande, une charmante demoiselle brune apporte sa touche de sensualité.

Pour autant, quand ils se mettent à chanter tous ensemble, puisque c’est le principe fondateur de ce groupe, on a l’impression d’entendre une chorale d’enfants, tant les voix se confondent dans les hauteurs.
Une particularité bien dans l’air du temps (les groupes où tout le monde chante ensemble, comme si ensemble, tout était possible !) mais qui peut fatiguer, surtout quand le set se déroule totalement sur ce mode.

On sourit donc doucement à cette musique venue d’un autre siècle où la vie était tellement belle et simple. Mais on s’endort un peu aussi, comme quand on écoute jusqu’au bout un album de Belle et Sébastien.
Il faudra un enchaînement un peu plus dynamique entre "Birds and Drums" (titre de leur album) et le nihiliste "I don’t know" pour voir le groupe revenir un peu dans notre siècle.

Mais nos indécrottables amis repartiront de plus belle dans le rêve éveillé avec un "work" choral, le désormais inévitable morceau unplugged chanté ensemble autour d’un micro "Out of Myself", et hop un petit retour vers les Beach boys avec "Sea" puis chez Architecture In Helsinki avec "I Love You" pour enfin finir sur 2 morceaux clairement inspirés (pompés ?) par le rock emphatique d’Arcade Fire.

Alors ? pas vraiment ensorcelés ! D'autant plus que les 6 n’ont pas du tout confirmé leur réputation scénique, restant la plupart du temps bien stoïques. Au final, on en est mesure d’être déçu par la dernière coqueluche des inrocks, mais on se dit que ces jeunes gens-là ont quand même quelque chose qui pourrait éclore à terme. A suivre.

On espère, avec l’entrée en scène des Canadiens de Broken Social Scene pouvoir changer de braquer. Le groupe de Toronto a, en effet, un tout autre pedigree : Ils sont commencé voici 10 ans dans la lignée de Tortoise dans le Post Rock, ont pris un virage Indie-rock ensuite pour finalement s’attaquer à la pop avec leur dernier album, Forgiveness rock record.

Le dispositif scénique est déjà en soi plus impressionnant : 5 micros sont installés en frontline, Derrière, deux batteries et un keyboard. Sur le côté gauche de la scène, le rideau qui cache habituellement les instruments de changement de plateau est soulevé. On va bientôt comprendre pourquoi.

Le groupe arrive sur scène avec 5 guitaristes. On se dit : ça va faire mal aux oreilles. Mais pas du tout en fait. Si chacun à un énorme plateau à pédales, chacun joue son riff parfaitement ciselé sans monter sur celui du voisin.

Et puis, en plein milieu du morceau, le bassiste moustachu à la tête d’Irlandais échange sa basse avec l’un des guitaristes. Sur le second morceau, il change encore d’instrument en plein milieu pour prendre sa trompette, rejoint bientôt par le second batteur qui prend un sax. Du coup, le roadie se met à jouer de la guitare.

Une blonde aux cheveux crêpés comme une poupée apparaît d’un coup, se met à minauder, puis repart. Sur le morceau suivant, c’est le chanteur qui se met au keyboards, rejoint par un guitariste tandis que le second batteur, revenu à son instrument de départ, se lève en plein milieu du morceau pour jouer de la flûte traversière alors que la blonde revient chanter.

Voilà, un concert de Broken Social Scene, ça ressemble à un immense bordel où tout le monde ou presque change d’instruments et de rôles. C’est très surprenant à suivre depuis la salle car il y a sans cesse du mouvement sur la scène et tout ce petit monde semble s’amuser follement. Mais la musique dans tout cela ? C’est un peu là où le bas blesse. Car les architectures soniques propres au Post-rock font manifestement encore largement parties du patrimoine génétique du groupe.

Or, chacune de leur tentative pop, qui se caractérise quand même par la simplicité et l’évidence, est à chaque fois remis en cause par leur envie de rendre les choses plus complexes. Du coup, on se retrouve avec des morceaux qui partent dans tous les sens, ce qui, en soit, à son charme.

D’ailleurs, cette forme a l’air de toucher bien plus les filles, notamment celles qui m’entouraient pendant le concert, totalement déchaînées au point que l’un d’elle m’a filé un coup de coude puis un coup dans les lunettes.
Manifestement, elle était canadienne et ce concert, c’était un peu sa madeleine de Proust. Pour moi, c’était plutôt l’indigestion.
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et une petite de the Bewitched Hands : là
Signature : stephane sarpauxle 12/11/2010
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Photographe : pirlouiiiit
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>> Réponse (le 14/11/2010 par ghazari) Apres avoir lu la critique du concert, il semble evident que Stephane Sarpaux ne connait pas les Broken social scene: Il est venu ce soir la pour Bewitched hands dont il connait le nom des titres joués par coeur et les énumère les uns après les autres dans sa critique. Pour BSC il n'en ai rien. De plus, il parle d'indigestion: C'est un peu ce que l'on ressent à la première écoute de leur dernier album (si si un peu comme celui d'Arcade Fire) mais après plusieurs écoutes il s'avère être vraiment très bon et très "digeste". Avec des chansons assez complexes, l'auditeur ne connaissant pas les morceaux ne peut être que désorienté. A sa décharge, le spectacle visuel a été très bien décrit dans l'article. Le son était ENORME (Depuis les ned's atomic dustbin, je n'avait plus revu de .../...
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>> Réponse (le 17/11/2010 par stephane) Bonjour Gazhari, Juste une petite précision. je connaissais Plus broken que Bewitched, mais pas au point de connaître leur titre. Pour bewitched, si je nomme leur morceau, c'est qu'ils en ont annoncé quelques uns pendant le concert et que j'étais au bord de la scène. J'ai donc pu croisé avec leur setlist placé devant eux. Mais, j'avoue que les deux m'ont vite ennuyé. Et qu'un concert est avant tout une somme d'émotion, pas le CV d'un chanteur et de ses connaissances. Après, tout est question de goûts et de couleurs. > Réagir à cette critique

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