Critique de concert Cabaret Bordel Line (Vlad + On Vend la Caravane)

ATTENTION : ne pas lire cette chronique si vous êtes amené à aller voir le spectacle en effet je me suis permis de le raconter en détail puisque à priori c'était la dernière; cela dit étant donné son succès il sera peut être amené à tourner - je leur souhaite en tout cas. Donc si c'est le cas ne lisez pas après la 10ème photo, sauf si vous êtes du genre à quand même apprécier un film même en en connaissant la fin. Enfin autre petite précision utile, parce que ce spectacle contient beaucoup de chansons, je me suis permis de le chroniquer ici, même s'il s'agit bel et bien d'une véritable pièce de théâtre (qui à pour décor un cabaret concert), et non pas un concert (dans un cabaret théâtre)

Cela faisait un moment que j'attendais ce Cabaret Bordel Line, avec un mélange d'impatience et de crainte (la crainte d'être déçu par quelque chose qu'on attend depuis trop longtemps). Le Cabaret Bordel Line qu'est ce que c'est (ou plutôt devrais-je dire c'était car pour le moment c'est terminé) ? C'est la rencontre des textes de deux groupes de chanson française, à savoir On Vend la Caravane et Vlad et de Rémi François René clown et auteur-metteur en scène-rôle principal-présentateur de cette soirée.

Pour être sûr que ce soit bien rodé (et parce que la veille je me suis rendu à la dernière des trois représentations qui avaient lieu au Théâtre Marie Jeanne, ce sympathique petit théâtre pouvant accueillir 70-80 personnes, situé à l’angle de la rue de Lodi et de la rue Berlioz. Lorsque nous pénétrons dans l’immeuble qui abrite le théâtre, on nous donne un petit sachet en papier qui contient des cailloux … les explications du gars à l’entrée son assez confuses, on verra dedans.

Dès que l’on rentre dans la salle, le ton est donné. Sur la scène il y a déjà (de gauche à droite) Julien Bienaimé à son piano, Vlad assis sagement à côté de sa guitare, les jambes croisé, et les mains soigneusement posées sur ses genoux et Hervé Lacombe aka Blah Blah avachi sur sa chaise prenant des airs de gros dur … et qui rode un peu partout l’inquiétant Rémi François René. Celui-ci, le ventre rond, nous accueille dans son cabaret dont il nous explique le principe.

Deux jeunes chanteurs amateurs vont s’affronter sous nos yeux, sur des thèmes précis et à la fin de chaque manche le public (nous donc) sera charger de départager lequel des deux a le plus de "talent" ; grosse digression sur l’origine et la signification du mot talent [extrait du programme du spectacle : En effet, le talent désignait à l'origine le "plateau d'une balance" et était avant tout un poids qui est devenu une monnaie puis un "don, aptitude particulière" par le biais de la parabole de saint Mathieu. La balance, le poids, l'argent, toute l'archéologie du terme menait vers des références issues de la mesure et de la comparaison entre des mesures.]

La notation ne se fait pas à coup de sms mais en mettant des cailloux dans des seaux au noms des concurrents (que nous fait passer un certain John), seaux qui seront ensuite versées dans des balances des deux côtés de la scène. A gauche le très maniéré Benito Pompadour avec sa chemise rose et à droite le macho / pégreux Camphre Sinatraperapa avec son costume à raies. Au début je m’embrouillerai dans les prénoms et ferai le contraire de ce que je voulais faire … entraînant dans mon erreur le rang entier.

Ca n’a finalement pas trop d’importance puisque plus ça va, plus ça part en sucette pour rester poli, avec notre hôte qui passe son temps à favoriser Benito pour lequel il a une nette préférence … avant de se mettre les deux a dos après un couplet contre ces parasites que sont les chanteurs qui n’apportent rien de concret à la société !

Les différents thèmes imposés par l’odieux maître de cérémonie comme "chanson comique", "chanson politique", "chanson existentialiste" sont autant de prétextes pour (re)découvrir les très bons textes de ces deux groupes qui se fréquentent déjà beaucoup … on les a vu partager la même scène au Festival Art des Lieux, en vitrine à tour de rôle pendant le Dai Ki ling, ou encore ici même il y a quelques semaines ; Vlad à l'époque du Professeur Sombre invitait Blah blah comme sur la scène du Théâtre de la Ferronnerie et tout récemment On Vend la Caravane invité en première partie de Karpatt invitait Vlad pour deux morceaux au Poste à Galène …

Ils s’avance devant le public l’un après l’autre, demandant parfois à Julien Bienaimé ici le "Marquis" de les accompagner au piano ou à la contrebasse et dont il faut noter l’impressionnante performance. On aura aussi le droit de sa part à une petite intervention parlée avec un texte difficile à suivre (surtout pendant qu’on se concentre pour en pas se gourrer de seau pour les cailloux) à la Raymond Devos.

Bref il règne sur la scène (et dans le public) une très bonne ambiance. Les intermèdes ne sont jamais trop longs, ni les chansons. Le jeu Rémi François Rémi particulièrement efficace (de toute façon moi ce gars il me fait peur … même lorsqu’en civil il était monté sur la scène pour danser pendant le concert de Karpatt. Celui-ci aura l’occasion de montrer qu’il sait aussi chanter lorsqu’il ne fait pas l’andouille.

A force de tenir de devenir insultant pour les artistes en compétition, RFR finira par faire leur faire en venir aux mains (celles de Camphre) avant que Benito ne pète complètement les plombs et se mette à éventrer RFR après l'avoir roué de coups ... révélant des viscères multicolores (des viscères de clowns)

Ce sera peut être la seule partie où l'on pourra émettre quelques réserves sur le jeu d'acteurs des deux chanteurs ... un peu trop bruyants. Bref une fois débarrassé de la présence du détestable personnage, Benito, devenu inquiétant à son tour, décidera de chanter encore ...

Il se défoulera avec une version nerveusement enjouée de sa chanson J'aime pas et sera ensuite calmé par la chanson existentialiste de Camphre (celle sur l'oeuf de rien) ... puis ils se lèveront sans un mot et traverseront la salle direction la sortie ...

Lorsque Camphre et Benito auront quitté la scène il ne restera plus que la cadavre encore chaud de notre hôte et le Marquis qui aura juste le temps de s’approcher de la caisse (contenant la recette du soir promise au vainqueur) avant que la lumière ne s’éteigne et que cela ne marque la fin du spectacle.

Rémi François René ressuscitera et se mettra a chanter accompagné par le Marquis cette chanson qu’ils avaient fait au Poste à Galène justement (Les Oiseaux de Passage de Jean Richepin / Brassens)… Puis une voix surgira du fond de la salle, celle de Vlad qui les rejoindra sur scène, puis du fond à droite celle de Blah Blah qui fera de même, avant qu’ils ne soient tous rejoints par Emilie, alias Marcelle (la régisseuse du spectacle). Les voix bien différentes et caractéristiques des différents chanteurs donnent vraiment bien ensemble.

Ils essaieront ensuite de s’en aller mais seront rappelés pour Rain Dogs la fameuse reprise de Tom Waits (si chère au Professeur Sombre), sur laquelle Julien montrera encore tout son talent puisqu’il suivra sans la connaître.

Page de On Vend la Caravane : http://www.myspace.com/onvendlacaravane
Page de Vlad : http://www.myspace.com/vladlechanteur
Bonus vidéo :

Cela faisait un moment que j'attendais ce Cabaret Bordel Line, avec un mélange d'impatience et de crainte (la crainte d'être déçu par quelque chose qu'on attend depuis trop longtemps). Le Cabaret Bordel Line qu'est ce que c'est (ou plutôt devrais-je dire c'était car pour le moment c'est terminé) ? C'est la rencontre des textes de deux groupes de chanson française, à savoir On Vend la Caravane et Vlad et de Rémi François René clown et auteur-metteur en scène-rôle principal-présentateur de cette soirée.

Pour être sûr que ce soit bien rodé (et parce que la veille je me suis rendu à la dernière des trois représentations qui avaient lieu au Théâtre Marie Jeanne, ce sympathique petit théâtre pouvant accueillir 70-80 personnes, situé à l’angle de la rue de Lodi et de la rue Berlioz. Lorsque nous pénétrons dans l’immeuble qui abrite le théâtre, on nous donne un petit sachet en papier qui contient des cailloux … les explications du gars à l’entrée son assez confuses, on verra dedans.

Dès que l’on rentre dans la salle, le ton est donné. Sur la scène il y a déjà (de gauche à droite) Julien Bienaimé à son piano, Vlad assis sagement à côté de sa guitare, les jambes croisé, et les mains soigneusement posées sur ses genoux et Hervé Lacombe aka Blah Blah avachi sur sa chaise prenant des airs de gros dur … et qui rode un peu partout l’inquiétant Rémi François René. Celui-ci, le ventre rond, nous accueille dans son cabaret dont il nous explique le principe.

Deux jeunes chanteurs amateurs vont s’affronter sous nos yeux, sur des thèmes précis et à la fin de chaque manche le public (nous donc) sera charger de départager lequel des deux a le plus de "talent" ; grosse digression sur l’origine et la signification du mot talent [extrait du programme du spectacle : En effet, le talent désignait à l'origine le "plateau d'une balance" et était avant tout un poids qui est devenu une monnaie puis un "don, aptitude particulière" par le biais de la parabole de saint Mathieu. La balance, le poids, l'argent, toute l'archéologie du terme menait vers des références issues de la mesure et de la comparaison entre des mesures.]

La notation ne se fait pas à coup de sms mais en mettant des cailloux dans des seaux au noms des concurrents (que nous fait passer un certain John), seaux qui seront ensuite versées dans des balances des deux côtés de la scène. A gauche le très maniéré Benito Pompadour avec sa chemise rose et à droite le macho / pégreux Camphre Sinatraperapa avec son costume à raies. Au début je m’embrouillerai dans les prénoms et ferai le contraire de ce que je voulais faire … entraînant dans mon erreur le rang entier.

Ca n’a finalement pas trop d’importance puisque plus ça va, plus ça part en sucette pour rester poli, avec notre hôte qui passe son temps à favoriser Benito pour lequel il a une nette préférence … avant de se mettre les deux a dos après un couplet contre ces parasites que sont les chanteurs qui n’apportent rien de concret à la société !

Les différents thèmes imposés par l’odieux maître de cérémonie comme "chanson comique", "chanson politique", "chanson existentialiste" sont autant de prétextes pour (re)découvrir les très bons textes de ces deux groupes qui se fréquentent déjà beaucoup … on les a vu partager la même scène au Festival Art des Lieux, en vitrine à tour de rôle pendant le Dai Ki ling, ou encore ici même il y a quelques semaines ; Vlad à l'époque du Professeur Sombre invitait Blah blah comme sur la scène du Théâtre de la Ferronnerie et tout récemment On Vend la Caravane invité en première partie de Karpatt invitait Vlad pour deux morceaux au Poste à Galène …

Ils s’avance devant le public l’un après l’autre, demandant parfois à Julien Bienaimé ici le "Marquis" de les accompagner au piano ou à la contrebasse et dont il faut noter l’impressionnante performance. On aura aussi le droit de sa part à une petite intervention parlée avec un texte difficile à suivre (surtout pendant qu’on se concentre pour en pas se gourrer de seau pour les cailloux) à la Raymond Devos.

Bref il règne sur la scène (et dans le public) une très bonne ambiance. Les intermèdes ne sont jamais trop longs, ni les chansons. Le jeu Rémi François Rémi particulièrement efficace (de toute façon moi ce gars il me fait peur … même lorsqu’en civil il était monté sur la scène pour danser pendant le concert de Karpatt. Celui-ci aura l’occasion de montrer qu’il sait aussi chanter lorsqu’il ne fait pas l’andouille.

A force de tenir de devenir insultant pour les artistes en compétition, RFR finira par faire leur faire en venir aux mains (celles de Camphre) avant que Benito ne pète complètement les plombs et se mette à éventrer RFR après l'avoir roué de coups ... révélant des viscères multicolores (des viscères de clowns)

Ce sera peut être la seule partie où l'on pourra émettre quelques réserves sur le jeu d'acteurs des deux chanteurs ... un peu trop bruyants. Bref une fois débarrassé de la présence du détestable personnage, Benito, devenu inquiétant à son tour, décidera de chanter encore ...

Il se défoulera avec une version nerveusement enjouée de sa chanson J'aime pas et sera ensuite calmé par la chanson existentialiste de Camphre (celle sur l'oeuf de rien) ... puis ils se lèveront sans un mot et traverseront la salle direction la sortie ...

Lorsque Camphre et Benito auront quitté la scène il ne restera plus que la cadavre encore chaud de notre hôte et le Marquis qui aura juste le temps de s’approcher de la caisse (contenant la recette du soir promise au vainqueur) avant que la lumière ne s’éteigne et que cela ne marque la fin du spectacle.

Rémi François René ressuscitera et se mettra a chanter accompagné par le Marquis cette chanson qu’ils avaient fait au Poste à Galène justement (Les Oiseaux de Passage de Jean Richepin / Brassens)… Puis une voix surgira du fond de la salle, celle de Vlad qui les rejoindra sur scène, puis du fond à droite celle de Blah Blah qui fera de même, avant qu’ils ne soient tous rejoints par Emilie, alias Marcelle (la régisseuse du spectacle). Les voix bien différentes et caractéristiques des différents chanteurs donnent vraiment bien ensemble.

Ils essaieront ensuite de s’en aller mais seront rappelés pour Rain Dogs la fameuse reprise de Tom Waits (si chère au Professeur Sombre), sur laquelle Julien montrera encore tout son talent puisqu’il suivra sans la connaître.

Page de On Vend la Caravane : http://www.myspace.com/onvendlacaravane
Page de Vlad : http://www.myspace.com/vladlechanteur
Signature : pirlouiiiitle 27/11/2006
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