Critique de concert Calexico + Shannon Wright

« Shannon Wright, John Convertino, Joey Burns, yeah ! Tucson Arizona, Ennio Morricone, Sergio Leone, yeah ! Charles Bronson, Clint Eastwood, Federico Pellegrini, yeah ! » C’est une parodie un peu facile de la chanson Yeah ! des Little Rabbits, je le concède humblement, mais après un concert comme ça, on ne peut que hurler « YEAH ! ! ! » le plus fort possible.
Joey Burns, à la contrebasse, et John Convertino, à la batterie, les « leaders » de Calexico, servent de section rythmique à Shannon Wright pour la première partie de ce concert. Cette jeune femme toute frêle fait penser à Chan Marshall de Cat Power par sa timidité et son mal être.

Elle est vraiment très gênée de se retrouver sur scène : elle regarde sa guitare, ses pieds ou elle ferme carrément les yeux en chantant. Sa musique est un mélange de folk et de rock (avec des interventions de contrebasse qui rappellent la musique baroque, si, si !). Soit elle murmure et touche à peine sa guitare, soit elle gueule et fait presque des moulinets comme le guitariste des Who, Pete Townshend. Je peux vous dire que ça surprend...

Sa prestation est très émouvante, d’autant qu’elle reste seule à jouer, prostrée sur un vieux clavier Wurlitzer. Le public, un peu surpris mais conquis, la rappelle. En vain, elle se réserve pour de timides apparitions pendant le concert de Calexico.
Dès la première chanson de Calexico, El Picador, le public est transporté à la frontière mexicaine grâce aux trompettes et à l’ambiance mariachi. Sur la deuxième chanson, un des trompettistes empoigne un mini clavier dans lequel on souffle : la sonorité est proche d’un accordéon.

Ils sont sept sur scène : deux trompettistes, une pedal steel (c’est superbe quand c’est bien utilisé), un bassiste, un clavier, un batteur, John Convertino, et un chanteur guitariste, Joey Burns. Je vous arrête tout de suite : il ne s’agit pas de l’ignoble vieillard exploiteur des Simpsons, monsieur Burns. C’est un charmant jeune homme qui non content de bien jouer de la contrebasse, se débrouille à la guitare et a une belle voix (elle fait penser à celle du chanteur de Cake). C’est presque énervant tout ce talent... Pendant la plupart des morceaux, on s’attend à voir débouler Charles Bronson poursuivant Clint Eastwood dans quelque canyon du nord de l’Arizona. Les ambiances crées sont très cinématographiques : soli de guitare métalliques annonçant les duels entre bandits chez Sergio Leone, trompettes rappelant une fiesta mexicaine dans un film de Sam Peckinpah… Toutefois pas de règlements de compte sur scène : ils sont contents de jouer, souriants et courtois avec les femmes : ils invitent Shannon Wright (ils accordent même sa guitare) pour The ballad of Cable Hogue et I started a joke une touchante reprise d’un morceau composé en 1969 par Barry, Robin et Maurice Gibb, c’est à dire les Bee Gees.
Il règne une ambiance de franche camaraderie entre les musiciens : si tout le monde pouvait faire pareil... Le chanteur profite de l’accordage d’une guitare pour improviser une chanson sur le football. Il est bien gentil, mais il confond un peu le soccer et le football américain : il insinue que les Ricains sont meilleurs que les français au vrai football et qu’ils bénéficient de la présence à La Maison Blanche d’un président fort intelligent. Honteux ! Je veux bien avoir de l’humour mais, merde, on avait dit qu’on ne plaisantait pas sur les sujets qui fâchent... Mettre dans le même panier Dominique Rocheteau et Joe Montana, c’est lamentable. Par contre, comparer Jacques Chirac à George W. Bush, c’est… un peu plus compréhensible !
Ce concert a été incroyable de bout en bout, nombreux rappels y compris, et comme dirait Jean-Louis Murat (qui aurait d’ailleurs pu monter sur scène) : « Viva Calexico, Calexico, Calexico… »
Photo de Calexico prise par Lao (http://darklao.free.fr), à Paris, le 22 mai 2000.Photos de Shannon Wright : Sophie Hay.
Joey Burns, à la contrebasse, et John Convertino, à la batterie, les « leaders » de Calexico, servent de section rythmique à Shannon Wright pour la première partie de ce concert. Cette jeune femme toute frêle fait penser à Chan Marshall de Cat Power par sa timidité et son mal être.

Elle est vraiment très gênée de se retrouver sur scène : elle regarde sa guitare, ses pieds ou elle ferme carrément les yeux en chantant. Sa musique est un mélange de folk et de rock (avec des interventions de contrebasse qui rappellent la musique baroque, si, si !). Soit elle murmure et touche à peine sa guitare, soit elle gueule et fait presque des moulinets comme le guitariste des Who, Pete Townshend. Je peux vous dire que ça surprend...

Sa prestation est très émouvante, d’autant qu’elle reste seule à jouer, prostrée sur un vieux clavier Wurlitzer. Le public, un peu surpris mais conquis, la rappelle. En vain, elle se réserve pour de timides apparitions pendant le concert de Calexico.
Dès la première chanson de Calexico, El Picador, le public est transporté à la frontière mexicaine grâce aux trompettes et à l’ambiance mariachi. Sur la deuxième chanson, un des trompettistes empoigne un mini clavier dans lequel on souffle : la sonorité est proche d’un accordéon.

Ils sont sept sur scène : deux trompettistes, une pedal steel (c’est superbe quand c’est bien utilisé), un bassiste, un clavier, un batteur, John Convertino, et un chanteur guitariste, Joey Burns. Je vous arrête tout de suite : il ne s’agit pas de l’ignoble vieillard exploiteur des Simpsons, monsieur Burns. C’est un charmant jeune homme qui non content de bien jouer de la contrebasse, se débrouille à la guitare et a une belle voix (elle fait penser à celle du chanteur de Cake). C’est presque énervant tout ce talent... Pendant la plupart des morceaux, on s’attend à voir débouler Charles Bronson poursuivant Clint Eastwood dans quelque canyon du nord de l’Arizona. Les ambiances crées sont très cinématographiques : soli de guitare métalliques annonçant les duels entre bandits chez Sergio Leone, trompettes rappelant une fiesta mexicaine dans un film de Sam Peckinpah… Toutefois pas de règlements de compte sur scène : ils sont contents de jouer, souriants et courtois avec les femmes : ils invitent Shannon Wright (ils accordent même sa guitare) pour The ballad of Cable Hogue et I started a joke une touchante reprise d’un morceau composé en 1969 par Barry, Robin et Maurice Gibb, c’est à dire les Bee Gees.
Il règne une ambiance de franche camaraderie entre les musiciens : si tout le monde pouvait faire pareil... Le chanteur profite de l’accordage d’une guitare pour improviser une chanson sur le football. Il est bien gentil, mais il confond un peu le soccer et le football américain : il insinue que les Ricains sont meilleurs que les français au vrai football et qu’ils bénéficient de la présence à La Maison Blanche d’un président fort intelligent. Honteux ! Je veux bien avoir de l’humour mais, merde, on avait dit qu’on ne plaisantait pas sur les sujets qui fâchent... Mettre dans le même panier Dominique Rocheteau et Joe Montana, c’est lamentable. Par contre, comparer Jacques Chirac à George W. Bush, c’est… un peu plus compréhensible !
Ce concert a été incroyable de bout en bout, nombreux rappels y compris, et comme dirait Jean-Louis Murat (qui aurait d’ailleurs pu monter sur scène) : « Viva Calexico, Calexico, Calexico… »
Photo de Calexico prise par Lao (http://darklao.free.fr), à Paris, le 22 mai 2000.Photos de Shannon Wright : Sophie Hay.
Signature : pierre andrieule 07/03/2000
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