Vendredi soir, Costes à l'embobineuse, Camille au ...Palais des Congrès (ah ouais c'est vrai y'a un palais des congrès à Marseille!...). J'avais déjà vu Costes à la "grand époque", c'est à dire accompagné du précieux Giuglio Nesi, dont il s'est séparé depuis. Je tente donc le coup d'aller voir Camille, et après avoir attendu dehors pendant la première partie (l'impact des Victoires de la Musique a envoyé le public en masse dans les salles de concert), le gars de la sécurité me laisse me faufiler en vitesse dans une salle archi-comble. sympa. j'arrive au balcon et je me rends compte que tout le monde cherche Camille qui a visiblement disparue... cinq secondes après, elle pousse la même porte que moi et se retrouve au milieu du public pour chanter a capella avec tout le monde. Evidemment, public déjà conquis, mais son energie est telle qu'elle évite toute démagogie; elle a envie d'être là au milieu de tout le monde, c'est tout. Puis un musicien commence un morceau sur scène et elle le rejoint. A partir de là c'est une claque monumentale. Trois sur scène, à faire de la beatbox, un peu de piano, de contrebasse, d'accordéon, arrangements minimalistes mais rien ne manque. C'est hyper carré et en même temps très vivant. Une présence très forte, c'est là, maintenant. ça commence par trois morceaux de Le fil, très beatbox, les boucles vocales sont imparables, évoquant parfois Mike Patton (onomatopées, suraigus), alors qu'apperemment Camille n'a jamais écouté le chanteur de M. Bungle. Elle enchaine avec une longue série d'anciens morceaux, histoire de montrer qu'il n'y a pas que le fil dans la vie, et ça passe tout aussi bien. Petit break avec une chanson d'un invité, Martin Rappeneau, très touchant, et ça repart avec des chansons superbes, pale septembre, menilmontant, quand je marche.
En rappel l'invitable ta douleur, version drum n bass assez revitalisante, et une version solo de too drunk too fuck des Dead Kennedys improvisée à la demande d'une personne dans le public. L'accoustique excellente du lieu (+ de concerts dans ce palais des congrès oublié des Marseillais!) fait vraiment décoller le set.
Je comprends qu'on puisse être réfractaire ou sceptique devant l'engouement médiatique autour de Camille, et sa position délicate d'artiste indépendante adulé des plateaux de variet', mais là franchement, c'est halluciant de musicalité, de finesse, de justesse, elle chante comme une folle, voix claire, puissante, inventive, timbres hypervariés, au point que l'album devient bien palot à côté de la prestation live. Et encore une fois, cette urgence et cette présence étonnante qui vous oblige à l'écouter. Pas de hype, pas d'arnaque, Camille est simplement une musicienne brillante, magnifique sur scène. Grande classe.
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