Accueil Chronique de concert Carpenter Brut + Gost
Vendredi 16 novembre 2018 : 12512 concerts, 25245 chroniques de concert, 5234 critiques d'album.

Chronique de Concert

Carpenter Brut + Gost

Carpenter Brut + Gost en concert

Le Moulin - Marseille 4 novembre 2018

Critique écrite le par

Un concert au Moulin une veille de rentrée scolaire, un dimanche pluvieux. Pas le plan le plus engageant à la base. Mais on parle de Carpenter Brut, groupe/artiste solo (les lignes ne sont pas très claires) dont on m'avait dit le plus grand bien sur scène. Je précise bien "sur scène", car après ces retours extatiques de potes après le dernier concert parisien, j'avais tenté d'écouter leurs albums sans être transporté par l'expérience.

On parle là d'un artiste plutôt classé au rayon musique électronique. Mais de la musique électronique assez old-school, pas vraiment "dance", plutôt Jean-Michel Jarre que Chemical Brothers, avec des sonorités très 80's (et ce son de synthé omniprésent qui n'aurait pas dépareillé dans la B.O. d'une série à la Supercopter ou Miami Vice), une esthétique oscillant entre le métalleux, toujours 80's (à la Mötley Crüe ou Van Halen) et le courant cinéphile Grindhouse, avec en point de mire, l'ombre tutélaire du véritable Carpenter : ‘Big' John, que je considère comme un des plus grands cinéastes de son temps (et des autres), et qui a (avait?) comme habitude d'écrire et de jouer lui même les musiques de ces films, signant par là des thèmes mythiques comme celui d'Halloween ou New-York 1997.


Nous rentrons dans la salle lors du set de Gost, artiste synthwave très orienté gothique. Sur une scène peu éclairée, nous avons un type (ou une nana?) qui s'agite sur un macbook, entièrement vêtu de noir, avec la tête couverte d'un voile de la même (non) couleur qui lui masque le visage. Un dispositif visuellement pas très heureux, sauf s'il s'agit d'un subterfuge pour couvrir un retour de Diam's dans le show business. C'est un peu dommage, car en réécoutant a posteriori la musique il y a quelques morceaux assez efficaces.


L'interlude musical en fond avant l'arrivée de la tête d'affiche m'a interpellé et m'a fait comprendre ce qui me gênait un peu dans la démarche "Carpenter Brut". On est dans une réappropriation totale de codes issus des années 80. De plus, on est pas dans la recherche de pépites oubliées de la New-Wave ou du Post-Punk, mais plutôt dans l'exploitation de gros tubes très marqués par cette époque genre Take on Me (Aha) ou Maniac (Michael Sembello), des morceaux "tellement kitchs et de mauvais goûts qu'il en deviennent géniaux". Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si c'est sur le tube Africa de Toto que le groupe fait son entrée sur scène, avec un effet extrêmement puissant (une explosion au milieu du refrain de Toto qui éteint la lumière en même temps qu'elle lance les visuels et le gros son du premier morceau, Leather Teeth), aussi efficace que surprenant (voire même un peu flippant sur le moment).


Et d'efficacité il en sera totalement question lors de ce concert. C'est un gros show, généreux, avec de superbes jeux de lumière et du vrai gros son. Sur scène nous avons trois musiciens : le clavier (qui est le leader), un guitariste et un batteur. De vrais musiciens (et pas un DJ comme je le craignais), et un bémol : pas mal de parties enregistrées, dont les voix, ce qui pète un peu l'effet "live".

Le concert fonctionne pas trop mal, ne connaît pas de vrai temps morts, mais a à mon goût une légère tendance à tourner en rond au bout d'un moment.


Et toujours cet arrière goût un peu fatiguant pour quelqu'un qui, comme moi, fait partie de cette catégorie de personnes qu'on appelle "les vieux" : celui de voir ressassé encore et encore cette univers 80s tiré jusqu'à la corde ces dernières années. Il n'y a qu'à voir les derniers visuels promo plein de néons de Muse, le succès d'un machin insipide comme la série Stranger Things (qui repose totalement sur ce gimmick nostalgique) et le sempiternel retour des madeleines de cette époque.


Attention, si je râle, ce n'est pas parce que c'est une période que je n'aime pas, au contraire, je suis un enfant de la culture pop qui a connu son apogée à cette époque.

Mais j'aimerais bien que cette pop culture passe justement à autre chose. J'en ai assez qu'on me rappelle l'époque ou j'avais 15 ans si je veux me rappeler un jour de celle ou j'en avais 45.

Donc Carpenter Brut? C'est un chouette groupe qui fait plaisir à ses fans et qui propose une mise en scène spectaculaire. Mais c'est pas trop ma came. Je suis trop vieux pour ça. Ou trop jeune. Ou pas assez metalleux. En tout cas pas vraiment dans la cible


Si j'ai envie d'écouter un truc qui ressemble aux musiques de John Carpenter, j'écoute directement des musique de John Carpenter, dont ses derniers albums : Lost Themes et Lost Themes II (avec un préférence pour le premier), superbes bandes originales de films qui n'existeront que dans ma tête. Et qui ont accompagné mon retour à la maison après un bon concert qui m'a laissé un peu froid.

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