Critique de concert Cécile McLorin Salvant

Cécile McLorin Salvant se produisait ce soir au Cri du Port en formation de trio.
Paul Pioli (guitare)
Pierre Fénichel (contrebasse)
Cécile McLorin Salvant (chant)

La maîtresse de céans, Armelle nous présente brièvement son programme : standards, compositions; et précise le soin particulier, la touche personnelle et le souci de singularité dans une cohésion d’ensemble qu’a apporté chacun des membres du groupe. Précision fort pertinente que nous aurons tout le loisir de vérifier tout au long de la magnifique prestation qui suit.

Cécile McLorin Salvant, c’est " The Voice " : un organe exceptionnel, doté d’une palette très riche, qui lui permet de passer d’un genre à l’autre avec aisance : cool jazz, swing, chorus dynamique, balade émouvante, longue plainte agonisante ou folk country obstiné. Elle descend très bas, monte en volume, éclate en toute clarté sur un chorus puis couvre son timbre d’un léger voile pour revenir à une ambiance crépusculaire. Elle adopte souvent une articulation très appuyée, injonctive, convaincante, quasi outrancière mais du plus bel effet, puis baisse en pianissimo comme pour nous mettre dans la confidence. Son style est très contrasté. Elle est juste impressionnante.
Le programme :
I Only Have Eyes For You
Alfonsina Y El mar
If I Only Had A Brain
Star Eyes
Don’t Explain
It’s So Easy To Whistle
Bernie’s Tune
Poussière
John Henry
Laugh Clown, Laugh
Key Largo
Outside Of That He’s All Right With Me
Les érudits reconnaîtront des titres de Benny Carter, Abbey Lincoln, Bessie Smith, Billie Holliday, et autres Big Bill Bronzy.

La formation en trio permet une écoute particulière : ni trop, ni pas assez de musiciens. Quand les trois jouent ensemble, je m’amuse à l’exercice qui consiste à écouter particulièrement l’un des trois artistes, et essayer d’entendre l’autre : essayer de superposer le duo à la singularité dans l’écoute, puis entendre vraiment chacun des trois. Et sur ce jazz acoustique et classieux, c’est un régal.

Paul Pioli agrémente ses solos d’accords balayés et de rythmiques d’accompagnement, ce qui les rend très variés. Son jeu est souple, intimiste à l’instar de celui de son comparse Pierre Fénichel qui promène ses doigts le long des cordes de la contrebasse. Lui n’en fait pas des tonnes comme beaucoup de contrebassistes dans l’étalage de sons originaux, inattendus, surprenants… mais il adapte son jeu à chaque atmosphère avec une pertinence et une économie de moyens étonnamment couplés : il ne reste que la note et le rythme, et c’est beau d’entendre toutes les nuances possibles avec ces deux seules données. Les membres du trio trouvent leur cohésion à travers un retour vers certaines valeurs fondamentales de la musique : sobriété, simplicité et austérité apparente du jeu, authenticité (roots !).

A l’opposé du style baroque qui fait étalage de ses moyens, les utilise à outrance et les dilapide, Cécile McLorin Salvant dispose de multiples possibilités, de nuances grâce à une grande maîtrise, une technique vocale irréprochable, mais ne s’en sert qu’avec parcimonie, à bon escient. Jusqu’au dernier rappel nous découvrirons des nouvelles facettes de son art. Pas d’étalage ni de fanfaronnade ; la technique est au service de l’effet souhaité, uniquement. C’est uniquement parce qu’elle a choisi un répertoire très varié que nous pouvons prendre la mesure de toutes ses capacités. De cette attitude émane une grande modestie, son ego n’est pas ostentatoire, qualité rare chez les artistes. Le chant tour à tour puissant, cajoleur, intimiste, envoûtant, tonique, dynamisant, minimaliste, souple; le chant d’une expressivité immense, qui rend successivement la révolte, la séduction d’une minaudeuse, la joie, la légèreté, la fièvre et l’obstination d’un ouvrier des chemins de fer du XIX siècle, la résignation, ou l’agonie d’une femme humiliée; le chant qui vient toujours du cœur.
La prestigieuse Thelonious Monk Competition (suprême concours de jazz aux U.S.A qui chaque année choisit un instrument de musique et auditionne de jeunes et talentueux interprètes) récompensait le chant l’an dernier. Le jury composé entre autres de Dee Dee Bridgewater, Aretha Franklin, Al Jarreau, Dianne Reeves. ne s’y est pas trompé, qui a fraîchement auréolé Cécile McLorin Salvant d’un premier prix. Là voilà qui entre en scène, et embrase le monde de son chant. Sur les autres voix féminines, elle a une langueur d’avance.

Paul Pioli (guitare)
Pierre Fénichel (contrebasse)
Cécile McLorin Salvant (chant)

La maîtresse de céans, Armelle nous présente brièvement son programme : standards, compositions; et précise le soin particulier, la touche personnelle et le souci de singularité dans une cohésion d’ensemble qu’a apporté chacun des membres du groupe. Précision fort pertinente que nous aurons tout le loisir de vérifier tout au long de la magnifique prestation qui suit.

Cécile McLorin Salvant, c’est " The Voice " : un organe exceptionnel, doté d’une palette très riche, qui lui permet de passer d’un genre à l’autre avec aisance : cool jazz, swing, chorus dynamique, balade émouvante, longue plainte agonisante ou folk country obstiné. Elle descend très bas, monte en volume, éclate en toute clarté sur un chorus puis couvre son timbre d’un léger voile pour revenir à une ambiance crépusculaire. Elle adopte souvent une articulation très appuyée, injonctive, convaincante, quasi outrancière mais du plus bel effet, puis baisse en pianissimo comme pour nous mettre dans la confidence. Son style est très contrasté. Elle est juste impressionnante.
Le programme :
I Only Have Eyes For You
Alfonsina Y El mar
If I Only Had A Brain
Star Eyes
Don’t Explain
It’s So Easy To Whistle
Bernie’s Tune
Poussière
John Henry
Laugh Clown, Laugh
Key Largo
Outside Of That He’s All Right With Me
Les érudits reconnaîtront des titres de Benny Carter, Abbey Lincoln, Bessie Smith, Billie Holliday, et autres Big Bill Bronzy.

La formation en trio permet une écoute particulière : ni trop, ni pas assez de musiciens. Quand les trois jouent ensemble, je m’amuse à l’exercice qui consiste à écouter particulièrement l’un des trois artistes, et essayer d’entendre l’autre : essayer de superposer le duo à la singularité dans l’écoute, puis entendre vraiment chacun des trois. Et sur ce jazz acoustique et classieux, c’est un régal.

Paul Pioli agrémente ses solos d’accords balayés et de rythmiques d’accompagnement, ce qui les rend très variés. Son jeu est souple, intimiste à l’instar de celui de son comparse Pierre Fénichel qui promène ses doigts le long des cordes de la contrebasse. Lui n’en fait pas des tonnes comme beaucoup de contrebassistes dans l’étalage de sons originaux, inattendus, surprenants… mais il adapte son jeu à chaque atmosphère avec une pertinence et une économie de moyens étonnamment couplés : il ne reste que la note et le rythme, et c’est beau d’entendre toutes les nuances possibles avec ces deux seules données. Les membres du trio trouvent leur cohésion à travers un retour vers certaines valeurs fondamentales de la musique : sobriété, simplicité et austérité apparente du jeu, authenticité (roots !).

A l’opposé du style baroque qui fait étalage de ses moyens, les utilise à outrance et les dilapide, Cécile McLorin Salvant dispose de multiples possibilités, de nuances grâce à une grande maîtrise, une technique vocale irréprochable, mais ne s’en sert qu’avec parcimonie, à bon escient. Jusqu’au dernier rappel nous découvrirons des nouvelles facettes de son art. Pas d’étalage ni de fanfaronnade ; la technique est au service de l’effet souhaité, uniquement. C’est uniquement parce qu’elle a choisi un répertoire très varié que nous pouvons prendre la mesure de toutes ses capacités. De cette attitude émane une grande modestie, son ego n’est pas ostentatoire, qualité rare chez les artistes. Le chant tour à tour puissant, cajoleur, intimiste, envoûtant, tonique, dynamisant, minimaliste, souple; le chant d’une expressivité immense, qui rend successivement la révolte, la séduction d’une minaudeuse, la joie, la légèreté, la fièvre et l’obstination d’un ouvrier des chemins de fer du XIX siècle, la résignation, ou l’agonie d’une femme humiliée; le chant qui vient toujours du cœur.
La prestigieuse Thelonious Monk Competition (suprême concours de jazz aux U.S.A qui chaque année choisit un instrument de musique et auditionne de jeunes et talentueux interprètes) récompensait le chant l’an dernier. Le jury composé entre autres de Dee Dee Bridgewater, Aretha Franklin, Al Jarreau, Dianne Reeves. ne s’y est pas trompé, qui a fraîchement auréolé Cécile McLorin Salvant d’un premier prix. Là voilà qui entre en scène, et embrase le monde de son chant. Sur les autres voix féminines, elle a une langueur d’avance.

Signature : mardalle 04/04/2011
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Photographe : flag
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le 9 octobre 2010 - Bibliothèque du Merlan - Marseille (par Mcyavell)


le 13 octobre 2009 - Salle de conférence de la BMVR Alcazar - Marseille (par Mcyavell)

le 3 octobre 2009 - Bibliothèque municipale du Merlan - Marseille (par Mcyavell)


le 9 juin 2010 - Planet Mundo Kfé - Marseille (par Mcyavell)


le 13 octobre 2009 - Salle de conférence de la BMVR Alcazar - Marseille (par Mcyavell)


le 27 novembre 2011 - Maison de la Région - Marseille (par Pirlouiiiit)

le 5 avril 2011 - Le Grand Théâtre - Aix-en-Provence (par Mardal)

le 3 octobre 2009 - Bibliothèque municipale du Merlan - Marseille (par Mcyavell)
Le Cri Du Port - Marseille


le 10 mai 2012 - Le Cri Du Port - Marseille (par Mardal)
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