Suivez nous :facebooktwitterflux concerts
Jeudi 27 novembre 2014 : 12004 concerts, 23119 critiques de concert, 4991 critiques de CD.

Critique de concert Charlie Jazz Festival 3/3 : Odean Pope & His All Star Odean List + Mina Agossi Quartet + Wonderbrass + Florent Pujuila Quintet 'Z'


Charlie Jazz Festival 3/3 :  Odean Pope & His All Star Odean List + Mina Agossi Quartet + Wonderbrass + Florent Pujuila Quintet 'Z' en concert


4 étoiles, bon concert

Jaime

Dernière soirée du premier festival de jazz de l’été.

Florent Pujuila Quintet ‘Z’




J’avais découvert ici-même Etienne Lecomte, ses flûtes et son Vrak Trio l’année dernière grâce à ce même festival, je découvre cette année Florent Pujuila et son Quintet ‘Z’. Pourquoi cette comparaison ? Parce que leur musique est a priori difficile d’accès, extrêmement avant-gardiste. Et pourtant, tous deux parviennent à susciter la curiosité avant de conquérir leur auditoire.



Les plages expérimentales sont présentes tout au long du set. Certaines ne sont pas complètement maîtrisées comme lorsque cette lourde chaîne récalcitrante promenée par le batteur sur ses futs refuse de retourner dans sa caisse. Curiosité.

Mais les prouesses instrumentales font que l’amalgame se fait naturellement entre musique contemporaine et jazz moderne (soli successifs de bugle et de sax soprano), plus classique (merveilleux duo saxophone ténor / tuba) voire klezmer (époustouflante clarinette / trompette). Conquête.

<
Florent Pujuila Quintet ‘Z’ : Alexis Anerilles : clavier, basse / Fabrice Martinez : trompette, bugle, tuba / Florent Pujuila : clarinette, sax soprano, sax ténor / Nicolas Durant : guitare, basse / Ianik Tallet : batterie


Fanfare Wonderbrass




Changement total d’univers avec Wonderbrass, "fanfare opulente" marseillaise. Ils jouent bien quelques klezmers aussi mais dans un tout autre esprit. Couvre-chefs divers et lunettes originales semblent être de rigueur mais on dénote quelques dissidents. Leur musique est entraînante et leur bonne humeur communicative. Ils terminent le premier morceau allongés dans l’herbe.
Les festivaliers trouvent l’idée intéressante et font un cercle autour des 11 musiciens. C’est l’heure de la détente.



Après quelques minutes, fin stratège, je m’approche du snack. Pas de queue ! Je m’attable pour déguster mes chipolatas frites et savourer ma bière blanche. Et comme prévu, la fanfare arrive bientôt. Je connais un seul des musiciens, Christophe Robert, clarinettiste vu avec Technicolor Hobo. Si j’ai bien compris, les compositions sont d’un trompettiste, celui qui ressemble à Gotainer.



Wonderbrass : Guillaume Bence : grosse caisse / Jérémie Paulin : caisse claire / Elise Sut : tuba / Célia Billiard : trombone / Claire Pujol : trombone / Manu Apostolo : saxophone alto / Jérôme Boillet : saxophone soprano / Christophe Robert : clarinette / Jean-Philippe Fiffac : trompette / Bruno Bousquet : trompette / Vincent Trouble : trompette / David Bardy : guitare électrique


Mina Agossi Quartet


Ce fut pour moi le (trop court) sommet de la soirée. C’est sa troisième venue ici après une prestation en trio dans le Moulin, et une invitation d’Archie Shepp en 2005.



Le trio est devenu quartet avec l’ajout d’un musicien / compositeur "de l’underground parisien", Phil Reptil. Il donne à chaque chanson une couleur différente selon l’instrument derrière lequel il prend place.

Mais ces couleurs sont toujours chaudes grâce à la voix de Mina Agossi. Nous n’aurons que six titres, rappel compris, pour en profiter. Une voix emplie de grâce et d’énergie qui fait oublier le peu d’instruments qui l’accompagnent sur cette grande scène habituée aux formations étoffées.



Couleur groove avec Stoppin’ The Clock (Phil au clavier). Le groove de la contrebasse est vite surclassé par celui du chant de Mina.
Couleur tendresse avec Just Like A Lady (guitare acoustique).
Couleur brésilienne pour Waters Of March (guitare éclectrique). Cordes de contrebasse frappées avec une baguette, puissance de la voix survitaminent cette métamorphose d’Águas de Março de Carlos Jobim.
Couleur urbaine pour Lost In The City avec le solo final de batterie en apothéose et Vitrolles citée parmi les grandes mégapoles mondiales.
Couleur gospel pour une version on ne peut plus soft de When The Saints Go Marchin’In.
Couleur jazz pour There’s A Lull In My Life de Chet Baker avec un saxophone ténor invité pour l’occasion.



Mina Agossi Quartet : Mina Agossi : chant / Phil Reptil : guitares, clavier / Eric Jacot : contrebasse / Ichiro Onoe : batterie. Invité : Fulvio Albano : saxophone tenor.


Odean Pope & His All Star Group ‘Odean’s List’


Odean Pope a 72 ans. Il a été choisi par Coltrane pour le remplacer dans le groupe de Jimmy Smith lors de son départ pour New York. Ca vous crée une légende.



Je mettrai trois morceaux pour entrer dans l’univers du All Star Group, un jazz moderne construit autour des soli des différents musiciens.
Odean Pope s’emploie dès la pièce introductive bientôt imité par la plupart des autres musiciens : l’autre sax ténor, la batterie, la trompette, la contrebasse, l’autre trompette, le piano s’illustrent à tour de rôle. Quatre morceaux ont passé, l’avant-dernier m’était plus plaisant, le dernier davantage construit.



Mais force est de constater qu’on est en présence de virtuoses. Les moustiques ont fait leur choix, ils préfèrent Terrence Brown. Ils ont bon goût. Mais l’émotion dans tout ça ? Elle se fait jour lors d’un hommage à Max Roach avec lequel il a joué 20 ans et ne va cesser de croître jusqu’à la fin du set :



somptueuse ballade où pleure le ténor ;
scène désertée par ses camarades pour laisser Lee Smith s’exprimer à la contrebasse. Applaudissements nourris. Il remettra ça en intro de la dernière pièce, parvenant à faire sortir des sons de sitar de son instrument ;
solo du baryton puis de la trompette sur la pièce finale plus structurée.



Odéan Pope nous souhaite une bonne nuit en musique sur le tendre rappel qu’il joue en duo avec la contrebasse.

Odean Pope & His All Star Group ‘Odean’s List’ : Odean Pope : saxophone tenor / Terrence Brown : saxophone tenor / Joe Studler : saxophone baryton / David Weiss : trompette / Eddie Henderson : trompette / George Burton : piano / Lee Smith : contrebasse / Jeff “Tain” Watts : batterie


Cette treizième édition du Charlie Jazz Festival aura attiré 1 900 personnes sur les trois dates (500 + 700 + 700) malgré deux soirées de Coupe du Monde et proposé un éventail d’à peu près tout ce que le jazz peut proposer. A l’année prochaine.


 


>> Réponse (le 07/07/2010 par gp) Précisions : Walter Blanding, retenu par W. Marsalis, était remplacé au ténor par Terence Brown.(ndlr : corrigé, merci !) Le dernier morceau (sax et contrebasse) était une ballade de Coltrane; je crois bien que c'était "Too Young to Go Steady".  > Réagir à cette critique

Le festival Festival Rhinojazz : concerts et billetterieLe festival I Love Techno : concerts et billetterieLe festival Jazz à Vienne : concerts et billetterieLe festival Festival Chorus des Hauts de Seine : concerts et billetterieLe festival Fest.les Ptits Bouchons : concerts et billetterieLe festival CrossOver Festival : concerts et billetterieLe festival Papillons De Nuit   : concerts et billetterieLe festival Festival Primavera Sound : concerts et billetterieLe festival 3 Eléphants Festival : concerts et billetterieLe festival Ardèche Aluna Festival : concerts et billetterie
Copyright © Neolab Production 2000-2014. Reproduction totale ou partielle interdite sans accord préalable.
Conditions générales d'utilisation