Critique de concert Chhhhhut : Berline 033 + Antilles + Jean-François Pauvros & Jean-Marc Montera

Dernière soirée pour la première édition de Chhhhhut, festival consacré aux culture noise. Après le très intense concert de Motto et Cheveu de la veille, retour à l'Embobineuse où le festival avait débuté il y a 3 semaines avec Pneu et Sister Iodine. Un peu moins d'affluence ce soir, mais il faut dire que le festival a programmé 13 évènements en deux semaines, et en plus c'est un samedi de pont et de vacances scolaires. Quoiqu'il en soit, même si les débuts sont timides, le public va se faire plus nombreux au fil de la soirée. Tant pis pour les retardataires, le début de soirée fût de fort bonne facture.

Jean-François Pauvros et Jean-Marc Montera sont, comme on dit, des figures incontournables des musiques improvisées. Un mouvement qui ne me touche guère en général, étant plus sur l'émotion que sur l'intellectualisation. Mas ce soir, mes barrières tomberont vu la qualité et l'intensité de leur set. Les deux guitaristes attaquent assis, sur une trame blues. Et cela sera le thème prédominent de leur session. C'est ce qui me manque en général dans l'improvisation cette base mélodique.
Là, que ce soit par leur rythmique, ou leurs samples, elle soutiendra le concert. Un blues crépusculaire, tendu et électrique. Bien évidement, les incursions expérimentales seront omniprésentes, que ce soient du tapping de micro, du jonglage de pédales, de la torture au tournevis et à la chaîne, de raclage de guitare au sol, de baisers langoureux aux cordes, etc... Mais tout cela s'intègre parfaitement dans la trame principale, et au final avec cette idée que le blues est quand même une musique de névrosés.

Jean-Marc Montera n'hésitera pas à jouer de manière presque classique, délivrant des décharges épileptiques, tandis que Jean-François Pauvros chante et psalmodie avec une voix grave, intense, rappelant le Nick Cave de Murders Ballads. Cela ne les empêchera pas de distordre le style, à coup de déviances soniques et improvisées. Je bloquerais particulièrement sur un jeu tournvesis/disto de Montera et des rythmiques quasi classiques de Pauvros qui virent progressivement dans la dissonance. Au final, un set habité et vraiment prenant.
J'adore le disque de Berline 0.33 récemment sorti sur le label marseillais Katatak, comptant parmi les organisateurs du festival. Je ne suis pas le seul vu que le groupe a été mis en avant sur deux pages dans le de dernier Noise >Mag. J'attendais donc ce concert avec impatience. Ils débarquent à 4 sur scène, la chanteuse ayant un air de Lydia Lunch jeune. Impression confirmé dès le premier morceaux, et durant tout le concert, avec un chant et un jeu de scène très théâtralisé. Cela parfois me fera sortir du trip, mais c'est un ressenti personnel, une comparaison à Lyndia Lunch ne peut être une critique !
Le groupe assure. Le son de basse est vraiment de ceux qui me font triper, lourd et métallique. Les mélodies sont bien déchiquetées avec des stridence dissonantes. Les morceaux ont ce côté répétitifs des plus hypnotiques, avant d'exploser sur des déflagrations soniques. Le groupe mêle un côté groove et tellurique lié à la basse et la batterie et un plus tendu avec la guitare tranchante et la voix obsessionnelle. On oscille entre noise très 90's (un son que j'adore) et cold wave. Un morceau verra le gratteux lâcher son instrument pour une mélodie au clavier très 80's. Énergiques et à fond dans leur set, le groupe est à suivre assurément.
Dernier groupe de la soirée, et du festival, Antilles va littéralement séduire l'assemblée. Le trio est formé d'un batteur, d'un gratteux et d'un troisième acolyte jouant d'une guitare préparé et posé, qu'il titille avec des baguettes. Deux tiers de Sister Iodine et un tiers de Berg SanS Nipple pour la recette. Et celle-ci fait mouche. Ultra-dansant, le combo délivre une musique obsessionnelle avec des rythmes répétitifs et ultra saturés, avec des larsens très agressifs parfois.
On a l'impression souvent d'écouter une techno organique et on ne peux qu'entrer en transe. N'oubliant pas d'où ils viennent, les bruits blancs noisy s'entremêlent aux rythmes speed et saccadés. La batteur est un vrai tueur, fracassant ses fûts dans des rythmes plus subtils qu'on pourrait le croire. Lors du dernier morceaux, il distillera d'ailleurs une rythmique de battucada au sein des explosions bruitistes de ses collègues. Impossible d'expliquer (mais on s'en fout) pourquoi une musique aussi expérimentales, violente, dissonante t'emporte dans ses rythmes effrénés, mais leur set fût salué par des hurlements de bonheur.
Une excellente clôture pour le festival Chhhhhut, vivement la deuxième édition !

Jean-François Pauvros et Jean-Marc Montera sont, comme on dit, des figures incontournables des musiques improvisées. Un mouvement qui ne me touche guère en général, étant plus sur l'émotion que sur l'intellectualisation. Mas ce soir, mes barrières tomberont vu la qualité et l'intensité de leur set. Les deux guitaristes attaquent assis, sur une trame blues. Et cela sera le thème prédominent de leur session. C'est ce qui me manque en général dans l'improvisation cette base mélodique.
Là, que ce soit par leur rythmique, ou leurs samples, elle soutiendra le concert. Un blues crépusculaire, tendu et électrique. Bien évidement, les incursions expérimentales seront omniprésentes, que ce soient du tapping de micro, du jonglage de pédales, de la torture au tournevis et à la chaîne, de raclage de guitare au sol, de baisers langoureux aux cordes, etc... Mais tout cela s'intègre parfaitement dans la trame principale, et au final avec cette idée que le blues est quand même une musique de névrosés.

Jean-Marc Montera n'hésitera pas à jouer de manière presque classique, délivrant des décharges épileptiques, tandis que Jean-François Pauvros chante et psalmodie avec une voix grave, intense, rappelant le Nick Cave de Murders Ballads. Cela ne les empêchera pas de distordre le style, à coup de déviances soniques et improvisées. Je bloquerais particulièrement sur un jeu tournvesis/disto de Montera et des rythmiques quasi classiques de Pauvros qui virent progressivement dans la dissonance. Au final, un set habité et vraiment prenant.
J'adore le disque de Berline 0.33 récemment sorti sur le label marseillais Katatak, comptant parmi les organisateurs du festival. Je ne suis pas le seul vu que le groupe a été mis en avant sur deux pages dans le de dernier Noise >Mag. J'attendais donc ce concert avec impatience. Ils débarquent à 4 sur scène, la chanteuse ayant un air de Lydia Lunch jeune. Impression confirmé dès le premier morceaux, et durant tout le concert, avec un chant et un jeu de scène très théâtralisé. Cela parfois me fera sortir du trip, mais c'est un ressenti personnel, une comparaison à Lyndia Lunch ne peut être une critique !
Le groupe assure. Le son de basse est vraiment de ceux qui me font triper, lourd et métallique. Les mélodies sont bien déchiquetées avec des stridence dissonantes. Les morceaux ont ce côté répétitifs des plus hypnotiques, avant d'exploser sur des déflagrations soniques. Le groupe mêle un côté groove et tellurique lié à la basse et la batterie et un plus tendu avec la guitare tranchante et la voix obsessionnelle. On oscille entre noise très 90's (un son que j'adore) et cold wave. Un morceau verra le gratteux lâcher son instrument pour une mélodie au clavier très 80's. Énergiques et à fond dans leur set, le groupe est à suivre assurément.
Dernier groupe de la soirée, et du festival, Antilles va littéralement séduire l'assemblée. Le trio est formé d'un batteur, d'un gratteux et d'un troisième acolyte jouant d'une guitare préparé et posé, qu'il titille avec des baguettes. Deux tiers de Sister Iodine et un tiers de Berg SanS Nipple pour la recette. Et celle-ci fait mouche. Ultra-dansant, le combo délivre une musique obsessionnelle avec des rythmes répétitifs et ultra saturés, avec des larsens très agressifs parfois.
On a l'impression souvent d'écouter une techno organique et on ne peux qu'entrer en transe. N'oubliant pas d'où ils viennent, les bruits blancs noisy s'entremêlent aux rythmes speed et saccadés. La batteur est un vrai tueur, fracassant ses fûts dans des rythmes plus subtils qu'on pourrait le croire. Lors du dernier morceaux, il distillera d'ailleurs une rythmique de battucada au sein des explosions bruitistes de ses collègues. Impossible d'expliquer (mais on s'en fout) pourquoi une musique aussi expérimentales, violente, dissonante t'emporte dans ses rythmes effrénés, mais leur set fût salué par des hurlements de bonheur.
Une excellente clôture pour le festival Chhhhhut, vivement la deuxième édition !
Signature : mystic punk pinguinle 30/10/2011
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