Critique de concert Chhhhhut / RIAM : Hervé Boghossian + Derek Holzer + Radian

Amblifier les bruits :

Pour sa deuxième édition, le festival de musiques bruitistes Chhhhhut débutait ce mercredi à l'Embobineuse (NdR : la soirée était une collaboration entre Chhhhhut et le RIAM). Évènement essentiel de par son abnégation à accomplir une tâche héroïque : briser le préjugé premier; Le bruit n'est pas musical.
Le musicien Marseillais multiface Hervé Boghossian ouvrait le bal avec son projet Laptop Solo. Partant du feedback (larsen) du micro interne d'un ordinateur portable de grand marque, il l'amplifie, le contorsionne dans des effets, en triture les fréquences. La structure plastique même de son ordinateur servant de caisse de résonance à ce feedback, le voilà qui le maltraite, à coup de baguette brosse, de pressions de doigts épileptiques, de la vibration d'un harmonica soufflée au plus près du micro.
L'ordinateur en tant qu'INSTRUMENT, non pas virtuel, mais physique ! Il y a quelque chose de jouissif à le voir torturer ainsi un des symbole de l'ère digitale. Et, lorsqu'au détour d'une envolée de basse bloquant les oreilles, couverte de spasmes de fréquences aigües, le voici qui souffle de son harmonica dans les interstices consentants de son laptop, c'est une vague harmonique qui déferle sur des pics abrupts. C'est l'electro-rationnel submergé par la fantaisie du bruit.
L'Américano-Berlinois Derek Holzer prenait la suite sur un même mode Do It Yourself, utilisant lui des sources lumineuses comme patterns rythmiques et atmosphériques, par des dispositifs étonnant comme cette vielle à roue opto-eléctronique.
Il expérimente et visite une palette de fréquences à leurs extrêmes, parfois dures à encaisser pour les oreilles, aux penchants hardtek germaniques, sans les bpm. Un set très visuel, nerveux, déflagratif.

Les Autrichiens de Radian clôturaient cette soirée d'ouverture de manière magistrale et martiale. Un post rock savant aux accents jazz, metal et electronica, mené par un batteur virtuose, un bassiste-dynamite de fureur contenue et un guitariste penché sur un pedalboard luxuriant.
Les mélodies comme les rythmes sont déconstruits et réassemblés avec une grande cohérence musicale, leur permettant de se mouvoir dans de nombreux univers sans jamais en subir les poncifs, transformant les sons en matière.
Comme frappé par la pluie et les rayons du soleil en même temps, les cymbales florissent, les cordes saturés brûlent, et les boucles d'effets tonnent. Une musique d'assoupissement et de réveils en sursauts.
Il faut venir au Chhhhhut.
Si nos oreilles étaient tuyauteries, ce festival serait destop.

Une chronique Alter Echoes

Pour sa deuxième édition, le festival de musiques bruitistes Chhhhhut débutait ce mercredi à l'Embobineuse (NdR : la soirée était une collaboration entre Chhhhhut et le RIAM). Évènement essentiel de par son abnégation à accomplir une tâche héroïque : briser le préjugé premier; Le bruit n'est pas musical.
Le musicien Marseillais multiface Hervé Boghossian ouvrait le bal avec son projet Laptop Solo. Partant du feedback (larsen) du micro interne d'un ordinateur portable de grand marque, il l'amplifie, le contorsionne dans des effets, en triture les fréquences. La structure plastique même de son ordinateur servant de caisse de résonance à ce feedback, le voilà qui le maltraite, à coup de baguette brosse, de pressions de doigts épileptiques, de la vibration d'un harmonica soufflée au plus près du micro.
L'ordinateur en tant qu'INSTRUMENT, non pas virtuel, mais physique ! Il y a quelque chose de jouissif à le voir torturer ainsi un des symbole de l'ère digitale. Et, lorsqu'au détour d'une envolée de basse bloquant les oreilles, couverte de spasmes de fréquences aigües, le voici qui souffle de son harmonica dans les interstices consentants de son laptop, c'est une vague harmonique qui déferle sur des pics abrupts. C'est l'electro-rationnel submergé par la fantaisie du bruit.
L'Américano-Berlinois Derek Holzer prenait la suite sur un même mode Do It Yourself, utilisant lui des sources lumineuses comme patterns rythmiques et atmosphériques, par des dispositifs étonnant comme cette vielle à roue opto-eléctronique.
Il expérimente et visite une palette de fréquences à leurs extrêmes, parfois dures à encaisser pour les oreilles, aux penchants hardtek germaniques, sans les bpm. Un set très visuel, nerveux, déflagratif.

Les Autrichiens de Radian clôturaient cette soirée d'ouverture de manière magistrale et martiale. Un post rock savant aux accents jazz, metal et electronica, mené par un batteur virtuose, un bassiste-dynamite de fureur contenue et un guitariste penché sur un pedalboard luxuriant.
Les mélodies comme les rythmes sont déconstruits et réassemblés avec une grande cohérence musicale, leur permettant de se mouvoir dans de nombreux univers sans jamais en subir les poncifs, transformant les sons en matière.
Comme frappé par la pluie et les rayons du soleil en même temps, les cymbales florissent, les cordes saturés brûlent, et les boucles d'effets tonnent. Une musique d'assoupissement et de réveils en sursauts.
Il faut venir au Chhhhhut.
Si nos oreilles étaient tuyauteries, ce festival serait destop.

Une chronique Alter Echoes
Signature : julio bouvier
le 19/10/2012
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le 19/10/2012
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Voir toutes les critiques de concert rédigées par julio bouvierPhotographe : pgondard
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le 28 octobre 2012 - Salle Seita, Friche Belle-de-Mai, Marseille (par Philippe)


le 26 février 2010 - Embobineuse - Marseille (par Pirlouiiiit)


le 19 février 2009 - Poste à Galène - Marseille (par Pirlouiiiit)


le 19 avril 2012 - Embobineuse - Marseille (par Pirlouiiiit)


le 25 février 2012 - le No! - Marseille (par Pirlouiiiit)


le 31 octobre 2012 - Machine à Coudre, Marseille (par Philippe)

le 25 Octobre 2012 - Embobinoise - Marseille (par Mystic Punk Pinguin)


le 21 Octobre 2012 - Galerie des Grands Bains Douches - Marseille (par Mystic Punk Pinguin)



























































