Critique de concert Chin Na Na Poun


Ca sentait bon la douceur estivale ce soir à La Cave à Son pour le concert de Chin Na Na Poun venu présenter en avant première leur deuxième album Au Cabanon qui sortira en juin 2010.

Chin Na Na Poun est un bon cru du coin porté par un trio original qui réunit :
Manu Théron au chant que l’on connaît également comme leader du Cor de la Plana, et que l’on a découvert avec les Gacha Empega.
Daniel Malavergne au tuba, également membre de Auprès de ma blonde, musicien ayant une expérience de la fanfare, de l’harmonie et des arts de la rue.
Patrick Vaillant à la mandoline électrique, créateur et leader de Melonius Quartet.
C’est dans une ambiance de cabaret et dans la tradition des chansonniers du XIXème siècle que le trio nous présente des vieilleries à leur goût pour reprendre les propos de Manu Théron.

Leur premier album rendait hommage au poète chansonnier marseillais Victor Gélu dont les textes écrits en occitan décrivent avec humour et réalisme les gens du peuple. L’on rentre d’emblée dans le vif du sujet avec ce premier morceau de Gélu : Lo Chin Na Na Poun. Mais qu’est ce donc que cette histoire de Chin Na Na Poun qui malgré les apparences a une signification ? Chin Na Na Poun est l’onomatopée du Zim boum boum de la fanfare et cette chanson raconte l’histoire d’un gars qui rentrant de multiples voyages se languit d’entendre le Chin Na Na Poun de la fanfare de son quartier, le quartier d’Arenc !

Chin Na Na Poun puise son répertoire dans la musique populaire d’ici et d’ailleurs. Ils nous amènent de Marseille jusqu’à Cuba en passant par la Sicile et l’Espagne. Leurs chansons dressent le portrait de personnages typiques au caractère bien trempé.
Mais si le trio a de l’humour à revendre il n’oublie pas d’être contestataire, la chanson Prison, texte de Verlaine mis en musique par Fauré et interprétée ici au mégaphone par Manu Théron en est une belle illustration.
Chin Na Na Poun fait aussi la part belle à la romance et nous offre de beaux moments avec Cannetella et la jolie reprise de Bourvil C’était bien.

Chin Na Na Poun est un trio harmonieux qui n’hésite pas à réinterpréter musicalement les morceaux et à détourner les instruments : quand la mandoline de Patrick Vaillant s’électrise et entonne un blues sur le morceau sicilien Vurria fare un Palluzzu c’est plutôt culotté mais ça prend et ça marche. Il y a une volonté de décloisonnement et de faire se rencontrer différents univers.

Daniel Malavergne caché par son tuba nous fait osciller entre joie et drame. Et Manu Théron a le verbe acéré ce soir. Chaque introduction de chanson est un régal et un plaisir. J’ai d’ailleurs découvert un Manu Théron que je ne connaissais pas. Cette formation lui va à ravir, tour à tour troubadour, poète, chansonnier, acteur… sans excès et avec justesse.

En attendant la sortie du deuxième album je vous recommande leur premier opus consacré à Gélu qui s’appelle tout simplement Chin Na Na Poun.

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Signature : natdelhomme
le 08/05/2010
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le 08/05/2010
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Photographe : pirlouiiiit
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La Cave à Son à Marseille


le 29 janvier 2010 - Cave de la Cité de la Musique - Marseille (par Mcyavell)
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