Accueil Chronique de concert Chuck Prophet + The Curse of Lono
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Chronique de Concert

Chuck Prophet + The Curse of Lono

Chuck Prophet + The Curse of Lono en concert

Cherrydon, La Penne-sur-Huveaune 09 novembre 2017

Critique écrite le par

CHUCK PROPHET LIVE FOR OUR SINS.


The Curse Of Lono, un groupe londonien et talentueux de Folk-Rock ouvre pour Chuck Prophet, assez dignement... Ils jouent l'intégralité de leur premier album "Severed" avec enthousiasme. Ils finissent le set par un inédit extrait de la B.O d'une série ricaine. Le public adhère et achète l'album ou le EP : leur prestation n'a pas laissé tout le monde indifférent... Ils se prêtent au jeu des autographes, avec courtoisie, lors du changement de plateau. Et répondent à des questions sur leurs influences qui vont du Band à Stevie Ray Vaughn. Il y a pire. Charmants.


Charles William "Chuck" Prophet se révèle, d'emblée, comme un showman EXCEPTIONNEL. Dès le premier accord, il a TOUT juste ! TOUT. La diversité des facettes du bonhomme saute, immédiatement, aux yeux : songwriter de génie (quelles chansons !), grand guitariste, très bon chanteur, showman fabuleux (même si nous l'avons dit il y a deux lignes, suivez merde)... Les influences majeures (Dylan, Stones, Lou Reed, Waylon Jennings...) sont digérées et les chansons sont du "pur" Prophet, soit un mélange insolent de classe, de nonchalance et d'énergie à la fois. C'est compliqué, d'être énergique et nonchalant en même temps mais il y ARRIVE Chuck.


Toutes les qualités que l'on retrouve sur "Bobby Fuller is died for your sins", son dernier LP. Peut-être son meilleur à ce jour (avec "Homenade Blood") ! Cet album ne connait aucune baisse de régime ! Chaque chanson est merveilleuse. Un album lumineux. Un disque parfait : tout est à sa place, le moindre lick de guitare, la voix trainante qui fait merveille (oui, au risque d'être redondant, c'est, aussi, un grand chanteur)... Un merveilleux opus dont il nous gratifiera de quelques chansons "Bobby Fuller is died for your sins" et son refrain murmuré, tout en retenue, "A bad Year for Rock'n'Roll" ou "Jesus Was A Social Drinker"... Nous allions oublier, il a, aussi, énormément d'humour... Et ça s'entend.


Nous ne résistons pas à l'envie citer le journal "rock" anglais Mojo qui résume parfaitement la situation de cette soirée "live" "Des guitares Fender qui sonnent, des chansons du style Dylan-meets-the-Stones et partout du Rock'n'Roll intemporel". Des guitares au PLURIEL : son guitariste, en second, James DePrato mérite bien une mention spéciale. C'est un "tueur" patenté qui use et abuse de la slide comme pas deux. Il est tellement fort qu'il sonne parfois comme une pedal-steel guitar. On peut parler, sans craindre l'exagération, d'une complicité et complémentarité sans faille, entre lui et Chuck Prophet. Presque ça en deviendrait indécent... Et ce chorus à la tierce... La rythmique Kevin White, bass guitar, et Vicente Rodriguez: (batterie et chœurs) fait son travail avec classe et efficacité. On peut, bien sûr, regretter l'absence de Stephanie Finch, madame Prophet à la ville, mais aussi clavier, chœurs et guitares d'appoint de The Mission Express, le groupe de C.P... Remplacée, discrètement, par le clavier de Curse Of Lono, sur quelques chansons.


La set-list fût de rêve (étonnant, non ?)... En plus de chansons citées ci-dessus, on peut citer "Fast Kid", "Lonely Desolation", "Doubter Out of Jesus (All Over You)", "You Did (Bomp Shooby Dooby Bomp)", "In the Mausoleum (for Alan Vega)", "Countrified Inner City Technological Man", "Wish Me Luck", "Willie Mays Is Up at Bat"...). Comment ne pas mentionner cette version exceptionnelle de "Homenade Blood" ? Et son chorus de guitare à la Neil Young. Saignant !


Le rappel est Introduit par une anecdote, assez, stupéfiante. Il raconte sa première rencontre avec des congénères musiciens célèbres, comme lui, de San Francisco. Rencontre qui eût lieu lors d'un festival. Sur scène, un groupe qui détonne par ses fringues façon "Carnaby Street" et ses Beatles Boots... Dans le public, notre jeune Chuck est en face du guitariste, yeux dans les yeux et il se passe, selon les mots de Chuck Prophet "quelque choses d'électrique" entre les deux hommes...Quelques années plus tard, il rencontrera ce guitariste chez le même dealer de coke... Il s'agit, bien sûr, de Cyril Jordan... Et The Mission Express envoie une version sauvage de "Shake Some Action" des Flamin' Groovies ! Jouée avec énergie ! En direction du bas-ventre du public qui ne demande pas mieux et chante à tue-tête le refrain ! "Shaaaake Some Action, that's what I Neeeeeeed !". Puis... C'est fini. On aurait aimé que ça dure encore deux heures. Pour entendre "Credit", par exemple, absente de la set-list et tant d'autres... Nous sommes tous à genoux devant cette prestation tellurique !


Bien sûr, Chuck Prophet est très cool et signe, avec une extrême gentillesse, les albums que les fidèles ont portés de leur domicile... Chacun, les yeux, embués, rentre à la maison, conscient d'avoir vu un concert H.I.S.T.O.R.I.Q.U.E ! Et se surprend à espérer une prochaine visite de ce mec et de son groupe d'exception. On peut toujours espérer, hé ?

Texte : Gilles Borgogno.
Photos : Denis Fuentes

Special Thanks : Le Cherrydon, Magic Christian, Ave The Sound (South of Nowhere), Chuck Prophet et The Curse Of Lono.


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