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Vendredi 24 mai 2013 : 10523 concerts, 21947 critiques de concert, 4855 critiques de CD.

Critique de concert Festival Lives au Pont : Citizens, Pony Pony Run Run, Sebastien Tellier, Metronomy, The Kills


Festival Lives au Pont : Citizens, Pony Pony Run Run, Sebastien Tellier, Metronomy, The Kills en concert


4 étoiles, bon concert

Jaime

Lives au Pont by Pirlouiiiit 12072012

Une belle affiche dans un lieu inédit et à moins de 2 heures de voiture, voilà de quoi motiver des chroniqueurs et photographes en goguette depuis Marseille, en cette saison peu propice au rock dans la cité phocéenne. Après un trajet arrosé de quelques bières bien fraîches, nous arrivons donc à 4 en fin d'après-midi sur un superbe site de festival de plein air, même si le fameux Pont du Gard est lui, 500 mètres en arrière et dos à la scène, gâchant un peu l'effet paysager qu'on aurait pu obtenir en la tournant dans l'autre sens. En tout cas on peut se tremper dans le Gard, à défaut d'arriver au festival en kayak (ceux qui ont essayé se font promptement refouler).

Lives au Pont by Pirlouiiiit 12072012

Pour un jeune festival, l'organisation n'est pas trop mal : circulation, parking et entrée fluides, accueil et fouille sympathiques. En outre l'endroit, caressé par une lumière rasante, est vraiment plaisant : un grand champ en bordure du Gard, parsemé de petites tonnelles en bois où s'installer en petits groupes. Une visibilité assez exceptionnelle qui permet aussi aux gens de regarder les concerts assis dans l'herbe, à 100 mètres de la scène. Au niveau restauration par contre c'est très léger : 2 grands bars très basiques qui vendent des sandwichs sans imagination, voilà qui est un peu tristounet.

Citizens by Pirlouiiiit 12072012

Et un concept idiot à noter : le verre collector à 1 euro (parmi les gobelets plastiques) : ou comment dévoyer l'idée du gobelet consigné (ceux-ci ne le sont pas, pourtant ce sont bien des Ecocups), tout en obtenant quand même un site rempli de plastique écrasé en fin de soirée... Bref, le temps de faire le tour des installations (bon plan aussi, plein de petits coins éloignés pour les petites commissions), et j'ai raté les 5 dernières minutes de Citizens, dont je ne dirai donc pas un mot. Une petite exploration de leur vidéographie sur Youtube ne m'avait toutefois pas fait sauter au plafond, loin de là...

Pony Pony run Run :
Pony Pony Run Run by Pirlouiiiit 12072012

On ne ratera pas, par contre, les très dispensables Pony Pony Run Run. Outre leur nom assez affligeant, ils jouent de cette pop standard sans saveur ni originalité, celle que prodiguent les groupes (habituellement anglais) à date de péremption annuelle : un album hivernal, une musique reprise dans une pub, une tournée estivale et puis s'en vont. Ici c'est tout pareil (quoique français) : rien ne marque vraiment l'oreille et les efforts un peu maladroits du chanteur pour motiver le public n'arrangent rien. Une musique ni assez élaborée pour intriguer, ni assez putassière pour nous entraîner malgré nous : certes ils savent jouer et chanter juste, mais c'est le groupe le plus inintéressant que j'aie vu depuis longtemps ! Un morceau m'accroche un peu l'oreille, mais je comprends vite que c'est juste parce qu'il pompe intégralement la ligne de basse du mythique Fade to Grey...

Pony Pony Run Run by Pirlouiiiit 12072012

Fort heureusement il fait beau et doux, et les vagues de brume déversées depuis le bord de la scène font baigner tout le monde dans une douce euphorie, qui ne doit pas grand-chose au groupe lui-même. La mienne en tout cas est sans doute bien plus imputable aux 4 bières que j'ai déjà sifflées... Et heureusement pour le groupe, il y a quelques très jeunes minettes, toutes émoustillées par ce qui doit être un de leurs premiers festivals, très occupées à prendre des photos à publier sur Facebook. Bon et puis, il y a bien 30 vrais fans, sur les quelque mille personnes debout devant la scène. Juste assez pour leur éviter le bide complet quand ils jouent leur tube (qui fait "Hey You" bla bla bla) et un dernier titre presque assez putassier pour réveiller le public. Un premier concert très peu marquant donc.

Sebastien Tellier by Pirlouiiiit 12072012

Un peu plus tard, c'est Sebastien Tellier qui fait une entrée de star, même s'il ne fait pas encore nuit donc pas vraiment assez bleu sur scène, pour son fameux Pepito Bleu. Ca manque aussi un peu de danseuses et de décorum, avec ses deux seuls musiciens et trois paravents en plastique. Je connais ses qualités de musicien dilettante (un très bon titre toutes les 10 chansons), et de pitre parfois inspiré (aux Eurockéennes il y a quelques années, il m'avait faire rire aux éclats) : ce soir il est surtout assez moyen, musicalement comme humoristiquement. Incapable de s'éloigner de la thématique du sexe féminin, il n'est pas drôle ni inspiré, et à vrai dire son album My God is Blue non plus. A l'image du Coiffeur pour Dames grotesque, ou du morceau disco Cochon Ville, interminable et répétitif.

Sebastien Tellier by Pirlouiiiit 12072012

Le concept mystico-foireux de l'Alliance Bleue, s'il s'y était tenu et collait au personnage de gourou, pourrait pourtant donner quelque chose d'intéressant... En tout cas les titres plus anciens sont un peu meilleurs, de Divine à Sexual SPortswear, surtout une fois qu'on s'est éloignés des baffles qui rendaient le son pénible. Mieux encore, nous profitons du concert pour aller faire tous les 4 un tour sur le Pont du Gard (bonne idée du festival, avoir inclus le monument dans son périmètre !).

Sebastien Tellier by Pirlouiiiit 12072012

A 500 mètres de la scène, outre une image inattendus (c'est rare d'avoir un tel recul), on s'aperçoit que les mélodies raffinées de sa Ritournelle ou encore de L'amour et la Violence, entendues au loin, vont très bien avec les arcades bleutées de l'aqueduc. Et qu'un Sebastien Tellier de 1 millimètre de haut est finalement très supportable !

Metronomy by Pirlouiiiit 12072012

Encore un peu plus tard, on se souvient finalement pourquoi on est là, aux premières notes de Some Written de Metronomy ! Soit une chanson en faux-nez qui permet à Joseph Mount de commencer tout seul et tout calme, avant l'arrivée progressive des 3 autres membres pour une montée en puissance progressive. Petites chemisettes Lacoste jaunes et pantalon blancs pour les messieurs, combinaison à paillettes orangée pour madame, voilà des gens qui ont un look, craignos certes, mais affirmé ! Aux premières notes de The Bay, on comprend qui tout le monde est venu voir ce soir : c'est eux ! En parlant de pop, voici un homme/groupe qui en 2 albums, n'a jamais cédé à la facilité d'un rythme ou d'une mélodie, semant toujours ici ou là un petit malaise, une inquiétude, une note ou un beat déglingué... Leur concert de 2011 aux Eurockéennes est d'ailleurs un très grand souvenir !

Metronomy by Pirlouiiiit 12072012

L'ambiance devient bouillante pour Your love is underlined, d'autant que le son est excellent : la montée progressive du morceau parvient enfin à rendre dingue l'assistance, jusque ici (et pour cause !) assez apathique. Il faut dire que rien que la basse du groupe sur Heartbreaker ou de la pourtant mélancolique She Wants, pourrait mettre en joie n'importe qui, surtout avec le look improbable et l'abattage fabuleux du bassiste Gbenga Adelakan. Juste après, c'est au tour de la jolie Anna Prior d'interpréter la sautillante Everything goes my way tout en jouant de la batterie : le titre simple et parfait que Pony Pony Run Run n'écrirait pas en un million d'années...J'apprendrai ensuite que mes co-voitureurs, non instruits à Metronomy, n'ont pas vibré mais pour moi, c'est pratiquement l'extase.

Metronomy by Pirlouiiiit 12072012

Surtout, SURTOUT quand Metronomy se lance dans un morceau pas fait en 2011, l'un de mes préférés, la délicieusement horripilante The End Of You Too issue de leur 2ième album, directement suivie de la non moins exaspérante et jouissive Holiday ! La petite pause slow de Trouble est donc bienvenue... Quant à nos voisins, jeunes fans hardcore (un poil casse-couilles d'ailleurs), ils attendaient la tubesque Corinne et le font bruyamment savoir. Mais il y a aussi un nouveau titre (qui sonne très rock), puis un final terrifiant sur la pétaradante A Thing for Me et évidemment, l'inévitable The Look. Le groupe et son chanteur, qui n'a pas manqué de paroles gentilles pour le public, quittent la scène après Living Arms interprété à 4 synthés, dans une ovation largement méritée. Meilleur groupe d'électro-pop en activité en ce moment, y'a pas photo !

the Kills by Pirlouiiiit 12072012

La soirée n'est pourtant pas terminée, d'autant moins que mon collègue m'a entraîné au milieu et au 4e rang pour être sûr de bien voir The Kills. Le duo, désormais accompagné d'un quatuor de percussionnistes (très esthétique mais pas toujours déterminant dans le son du groupe), va livrer un concert ultra-pro et bardé de l'exacte set-list de toute leur tournée actuelle : sans surprise mais parfaitement roborative. J'ai beau avoir déjà vus 4 fois Allison Mosshart en live (dont 2 en version Kills), je suis toujours impressionné par son intranquillité sur scène, où elle tourne comme une bête en cage avant de venir vociférer ses I said No Wow no more !, dont un qui réussira à me foutre la chair de poule.

the Kills by Pirlouiiiit 12072012

Le public est évidemment ravi et très énervé (sauf une partie tout de même conséquente qui s'en ira avant la fin : trop rock pour eux peut-être ?) Future Starts Slow est pourtant assez relax, presque pop, tandis que le riff bas-du-front de My Heart is a beating Drum (ou elle gratouille elle-même une Rickenbacker) est très réjouissant. Je m'aperçois juste à temps que je suis passé un peu vite sur leur dernier album... au moment où ils tapent dans du vieux (Kissy Kissy, bien déglinguée) avant d'y revenir avec un DNA roboratif et lourd (où j'entends une balle de ping pong dans le beat, pas vous ?).

the Kills by Pirlouiiiit 12072012

Assoiffé, je décide de quitter ma place enviable pour aller chercher une bière, et donc entendre de plus loin les charmantes Baby Says et Black Balloon, avant qu'ils redeviennent fachés (Jamie Hince engueule d'ailleurs copieusement un type apparemment incorrect dans le public) et envoient Tape Song et Last Days of Magic, toujours de grands moments en live et désormais agrémenté de chorégraphies des 4 batteurs. Même un peu épuisé, je trouve la force de me trémousser ! Mais si les Kills, c'est entendu, sont les rois des poseurs et si la chanteuse est une bombe atomique (un peu maigre en ce moment quand même...), il ne faut pas négliger leur potentiel de compositions et la force vocale de celle-ci : The Last Goodbye, piano-voix dépouillé, est pratiquement bouleversante. Une bière de plus et je chialais dedans...

the Kills by Pirlouiiiit 12072012

La suite et fin est émotionnellement un peu moins intense, mais joyeusement énervée : Pots and Pans où elle tabasse quelques fûts, puis leur méga-tube Sour Cherry et leur chérie Hey ! Fuck the People, toujours efficace et jouissive, fondue vers la sortie en Monkey 23. Fin des concerts à 2 heures du matin, ou peu s'en faut : nous sommes crevés mais heureux, y'a plus qu'à se re-taper 2 heures de voyage émaillés de jeux idiots pour ne pas s'endormir. Le lendemain au taf sera difficile, mais heureusement bercé des mélodies les plus entêtantes de Metronomy et The kills ! A l'an prochain sous le Pont ?

Pont du Gard by Pirlouiiiit 12072012


(Beaucoup) Plus de photos de cette soirée par Pirlouiiiit en cliquant ici.

Bonus video :


et une petite de Pony Pony Run Run ici
et une petite de Sebastien Tellier ici
et une petite du Metronomy



 


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