Critique de concert Clara Clara + Westminster Royale Glyptotheque


Dernière soirée FAC de la saison à la Coopérative de Mai avec Clara Clara et Westminster Royale Glyptotheque... Pas grand monde (il pleut des cordes et les gens ont sans doute envie de rester chez eux pour voir sombrer en direct une équipe de footballeurs milliardaires sans motivation aucune), mais une bonne ambiance et deux sets réconfortants, comme souvent pour ces concerts indé et gratuits organisés par les relais étudiants de la Coopé...

Westminster Royale Glyptotheque
En première partie de programme, les hurluberlus foutraques de Westminster Royale Glyptotheque font très bonne impression dans un style blues rock expérimental et barré... LUXury & Pâris Marx (blues guitare ultra roots, chant fou, splendide coiffure à la Robert Smith), Elvis Leaderprice (Kokomos en chef, chant drogué, percussion avec du matériel de cuisine, nonchalance cool mais révolutionnaire) et Régis Turner (guitare électrique, claviers, chant inquiétant, facéties, acrobaties) sont vraiment faits pour jouer ensemble sur une même scène : leur musique est un véritable poème bruitiste, une ode au blues décalé, que dis je une symphonie borderline à l'attention des masses populaires avides de son cradingue... Qu'ils se lancent dans un antique blues à la Robert Johnson, à la John Lee Hooker ou à la Leadbelly, qu'ils tentent de broder autour de l'immémorial riff de Wild Thing des Troggs ou qu'ils dérapent joliment dans un hip hop évoquant Beck et les Beastie Boys, les Westminster Royale Glyptotheque captent l'attention, mettent tous les sens en éveil et provoquent des douleurs aux zygomatiques. Car les instruments jouets utilisés sont vraiment gratinés, les séances d'avachissement (couché sur scène ou allongé sur une chaise) sont à montrer dans les écoles de musiciens coincés et les chutes de scènes au ralenti sont un véritable bonheur. Encore un groupe clermontois joyeusement original et doué !

Dans un style à la fois plus brutal, plus pop 'n world, plus punk hardcore et plus aérien, le très brillant trio français Clara Clara a poursuivi la soirée avec enthousiasme, énergie, virulence et volonté de tout retourner... Le casting de ce groupe comporte un batteur/chanteur complétement halluciné (le proprement intenable François Virot), une organiste/chanteuse/percussionniste envoyant des déluges de notes sucrées sur son très cheap Bontempi (la gracile Amélie Lambert) et un bassiste musclant le tout avec nervosité et envie de salir le son (le discret Charles Virot). C'est original, osé et très marquant en live : la batterie saisit l'auditeur avant qu'il ne se rétracte, le chant coupe court à tout désir de s'éloigner durablement de la scène, les synthés font planer à très haute altitude et la basse arrache tout ce qui reste. Le résultat est saisissant et dansant - pogo ? sauts en l'air ? salsa ? - car l'auditeur se retrouve embringuer dans une folle sarabande à la fois primale, viscérale, dévastatrice, onirique et légère. Même si sur les planches, le résultat est un peu plus monotone que sur l'excellent dernier disque du combo, Comfortable Problems, Clara Clara maitrise l'art et la manière de faire s'entrechoquer de manière jouissive la pop psyché, le punk hardcore grinçant et le rock 'n world élégiaque ! Un choc frontal très efficace en concert !
Liens : www.myspace.com/facmusic, www.myspace.com/glyptotheque, www.myspace.com/claraclaraband.
Photos extraites des sites myspace des groupes...
Signature : pierre andrieule 18/06/2010
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