Critique de concert Altaï Khangaï & PHM & Sam Karpienia

En 2008, Hos Hayas fait se rencontrer des artistes mongols et français en Mongolie. Côté autochtone, des groupes traditionnels mais aussi la fine fleur du hip-hop local, et côté français, les Ogres de Barback, le choeur occitan La Mal Coiffée, le collectif electro IOT et les beatboxer de PHM, à l'initiative du concert de ce soir. Je vous conseille vivement Hos Ayas Recordings, l'album tire de cette expérience en vente sur le site de www.leschampsdelhomme.com. Une nouvelle incursion en Mongolie en moins d'une semaine après le concert d'Otkhon à la Meson. Ouaip, je suis accro depuis un envoûtant trip en Mongolie en 2009. Et, après le succès du concert à la Meson, autre belle surprise, le concert de ce soir attire beaucoup de monde, il a d'ailleurs été déplacé du Café Julien où il était initialement prévu à la salle de l'Espace.
En première partie de soirée, le duo Altaï Khangaï se produit seul. En habit traditionnel, ils vont délivrer un set à base de chant diphonique et de morin khuur (vièle à tête de cheval). Moins didactique que celui d'Okhton, leur prestation permet de pénétrer immédiatement dans leurs univers. La morin khuur est omniprésente, avec un son qui peut rappeler le côté obsédant et hypnotique du violoncelle (mais pas que). Ils maîtrisent parfaitement le chant diphonique, et c'est toujours impressionnant ce sifflement qui sort de la gorge sans autres instruments que des disciplines de la voix. Le musicien de gauche passe sans cesse de ce sifflement à un bruit de basse guttural, tandis que celui de droite est plus dans le chant traditionnel. Encore une fois, l'ambiance peut passer d'une mélopée envoûtante à une cavalcade épique qui évoque les chevaux de là-bas. La présence de deux instrument et de, heu, une multitude de voix différentes renforcent l'immersion, on se laisse emporter vers là-bas (du pur bonheur quand on y est déjà allé), un ailleurs à la fois totalement étranger et familier. Le corps se laisse emporter, tangue, hypnotisé. Encore une fois, je pense à Nosfell, cousin lointain de ces deux virtuoses. Loin d'être inaccessible, la musique mongole demande simplement que l'on s'y abandonne, et c'est sans hésitation que j'y ai plongé. Le terme chamanique correspond totalement, en fermant les yeux, on se retrouve ailleurs.
Sam Karpienia les rejoint pour deux morceaux, travaillés avec eux seulement en deux jours. The Voice of port-de-Bouc gratte quelques accord à la mandoe, sur lesquels les deux Altaï Khangaï le rejoignent. Les sons se complètent, et la musique onirique des mongols et de l'occitan se marient. Lorsque la voix poignante de Sam sort e sa gorge, la magie opère. Et on se met à rêver d'une réelle création, où en l'enverrait là bas, avec sa mandole (et avec un guide parce que le connaissant c'est pas gagner !), histoire qu'il prenne le temps de la rencontre.
Lorsqu'il quitte la scène, les PHM arrivent et présentent le concept de al soirée. Et s'ensuit le moment de bravoure du concert où les deux beatboxers commencent à poser des percu vocales, des scratchs et où les morin khuur entre dans une danse lancinante. Le PHM ont toujours été impressionnant de maîtrise, là on est encore au delà. Deux univers qui a priori n'ont rien à voir se rencontrent pour créer la musique d'un chamanisme urbain. Les sifflements de gorges mongols, les mélopées hypnotiques s'entremêlent avec les basses des beatboxers, dans une spirale qui chasse toute velléité de rationalité, proclamant que voyage, rencontre et métissage engendrent quand même de putains de beaux moments.
Deux morceaux et puis c'est fini. Une claque. Encore sous le charme (au sens magique), je ne resterais pas pour le reste du set où PHM et leur formation à 4 Under Kontrol ont parait-il mis le feu à l'Espace (si quelqu'un se sent de le chroniquer, il est le bienvenue).
Bayarlalaa !
En première partie de soirée, le duo Altaï Khangaï se produit seul. En habit traditionnel, ils vont délivrer un set à base de chant diphonique et de morin khuur (vièle à tête de cheval). Moins didactique que celui d'Okhton, leur prestation permet de pénétrer immédiatement dans leurs univers. La morin khuur est omniprésente, avec un son qui peut rappeler le côté obsédant et hypnotique du violoncelle (mais pas que). Ils maîtrisent parfaitement le chant diphonique, et c'est toujours impressionnant ce sifflement qui sort de la gorge sans autres instruments que des disciplines de la voix. Le musicien de gauche passe sans cesse de ce sifflement à un bruit de basse guttural, tandis que celui de droite est plus dans le chant traditionnel. Encore une fois, l'ambiance peut passer d'une mélopée envoûtante à une cavalcade épique qui évoque les chevaux de là-bas. La présence de deux instrument et de, heu, une multitude de voix différentes renforcent l'immersion, on se laisse emporter vers là-bas (du pur bonheur quand on y est déjà allé), un ailleurs à la fois totalement étranger et familier. Le corps se laisse emporter, tangue, hypnotisé. Encore une fois, je pense à Nosfell, cousin lointain de ces deux virtuoses. Loin d'être inaccessible, la musique mongole demande simplement que l'on s'y abandonne, et c'est sans hésitation que j'y ai plongé. Le terme chamanique correspond totalement, en fermant les yeux, on se retrouve ailleurs.
Sam Karpienia les rejoint pour deux morceaux, travaillés avec eux seulement en deux jours. The Voice of port-de-Bouc gratte quelques accord à la mandoe, sur lesquels les deux Altaï Khangaï le rejoignent. Les sons se complètent, et la musique onirique des mongols et de l'occitan se marient. Lorsque la voix poignante de Sam sort e sa gorge, la magie opère. Et on se met à rêver d'une réelle création, où en l'enverrait là bas, avec sa mandole (et avec un guide parce que le connaissant c'est pas gagner !), histoire qu'il prenne le temps de la rencontre.
Lorsqu'il quitte la scène, les PHM arrivent et présentent le concept de al soirée. Et s'ensuit le moment de bravoure du concert où les deux beatboxers commencent à poser des percu vocales, des scratchs et où les morin khuur entre dans une danse lancinante. Le PHM ont toujours été impressionnant de maîtrise, là on est encore au delà. Deux univers qui a priori n'ont rien à voir se rencontrent pour créer la musique d'un chamanisme urbain. Les sifflements de gorges mongols, les mélopées hypnotiques s'entremêlent avec les basses des beatboxers, dans une spirale qui chasse toute velléité de rationalité, proclamant que voyage, rencontre et métissage engendrent quand même de putains de beaux moments.
Deux morceaux et puis c'est fini. Une claque. Encore sous le charme (au sens magique), je ne resterais pas pour le reste du set où PHM et leur formation à 4 Under Kontrol ont parait-il mis le feu à l'Espace (si quelqu'un se sent de le chroniquer, il est le bienvenue).
Bayarlalaa !
Signature : mystic punk pinguinle 12/11/2010
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