Critique de concert Cocoon + Chris Garneau



Chris Garneau
Chris Garneau arrive, seul au piano devant le rideau rouge qui nous masque le plateau de Cocoon. Le jeune new-yorkais est là sur l’invitation expresse du groupe clermontois et a la lourde tâche de devoir conquérir un public que l’on pourrait qualifier de sectaire. En effet, le Casino de Paris affiche complet et de toute évidence le public n’en n’a que peu à faire de sa musique d’écorché vif.
Il faut reconnaître que l’univers du jeune homme est assez personnel et déroutant. Ses chansons sont empreintes d’une profonde mélancolie, d’une sorte de regret de l’enfance, comme si leur interprète avait grandit trop vite et essayait d’en rattraper les heures enfuies. Sa voix douce et légèrement aiguë est comme un murmure alors qu’il se cache derrière son piano, comme s’il tentait de disparaître physiquement aux yeux du monde et d’exister uniquement par la musique qu’il nous offre.
Ses qualités de chanteur et de compositeur sont indéniables mais son mal-être est si évident, et quelque part tellement communicatif, qu’il ne parvient pas à capter l’attention du public sur toute la durée de sa prestation. Certains restent polis et applaudissent mais une grande majorité des spectateurs fait le bilan de sa journée avec son voisin.

Cocoon
C’est donc en messies que sont accueillis Morgane Imbeaud et Marc Daumail, lorsqu’ils investissent la scène après les vingt minutes d’entracte. Le duo Cocoon a bien grandi depuis son premier album My Friends All Died In A Plane Crash, et c’est maintenant accompagné de cinq musiciens qu’il se produit devant un public parisien venu l’applaudir en masse.
Il faut leur accorder une chose, ces deux là ont un réel sens de l’esthétique. La scène est sobre mais belle. L’espace de chacun est bien délimité, tous sont sobrement éclairés de blanc et le décor à l’inspiration marine (pour correspondre à l’univers de leur deuxième album, Where the Oceans End) ne fait pas dans le kitsch tape à l’œil et parvient à nous convaincre de son authenticité. Merci Djé. Les hommes en costumes, les femmes en blanc, le concert commence tout en douceur.
L’harmonie de leurs voix est comme d’habitude parfaite et leurs chansons folk font bon effet sur le public. Leur musique est agréable à écouter et permet de se déconnecter de la vie parisienne pendant une heure et demie : les chansons les plus calmes permettent aux pensées de vagabonder plus loin, de s’aventurer en terres inconnues et on aurait presque l’impression de voir s’élargir le champ de ses possibilités. De leur côté, les morceaux les plus enjoués collent un grand sourire sur la plupart des visages. Beaucoup diront, que demander de plus ?
Il est aussi agréable de voir Morgane s’affirmer un peu plus au sein du groupe, surtout lorsqu’elle interprète à la guitare sa propre chanson, In My Boat. Le public est d’ailleurs ravi de cet instant et lui réserve ses plus fervents applaudissements. Cocoon est un groupe sympathique sur scène, même s’il leur manque encore un je-ne-sais-quoi d’assurance pour pouvoir véritablement jouer dans la cour des grands. Ils alternent chansons du premier et du second album et communiquent beaucoup avec le public. Cela tombe d’après moi parfois un peu à plat, la faute à la pression de la date parisienne sans doute, et peut être aussi à ce manque d’assurance. Mais le public est quoi qu’il arrive conquis par leur fraicheur et le concert est une franche réussite pour le jeune groupe clermontois. Il leur faut maintenant tenir la distance et peut être étoffer un peu leurs textes afin de conquérir un public plus diversifié que leur base de fans principalement adolescente.
Signature : coline magaud
le 18/03/2011
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