Critique de concert Cowboys From OuterSpace, Oaï Star, les Wampas, DJ Zebra (Fiesta des Suds 2006)

Affluence raisonnable de 7 à 8000 personnes ce soir pour la fermeture de la Fiesta (soit paraît-il trois fois moins qu'à l'ouverture qui a effectivemet dû être un enfer). Après avoir fait les files d'invitations (c'est de bonne guerre), on entre tout juste sur le site quand le Mr Loyal de l'Oustau présente les Oaï Star sous l'autoroute. Pas le temps de souffler, faut se jeter mais bon, on s'avance facilement dans une foule pas trop dense. On avait déjà fêté dignement avec eux le dernier album au Balthazar il y a quelques mois, on les retrouve avec plaisir - artistes talentueux, drôles et sympas, Lux Botté & Gari Greu mettent encore une fois le feu aux poudres, malgré un son pas tout à fait assez fort : de la batterie, oui, de la voix, certes, mais de la guitare, guère...

Au début, festival de quand : du rock pour Quand on arrive ou Quand je chante, de la valse pour Quand j'étais minot... et puis du sérieux (Sarko a débarqué le lendemain, c'était prémonitoire) avec la punk-drôle Bravo mon papa. Une que je ne connaissais pas, It's Ok (sauf la fin, encore un riff pompé sans vergogne chez Metallica), puis l'inévitable reggae du Vin et du Boucan où Lux officie au mégaphone, on prône le culte du Destructeur d'horodateurs ou du Voyager intelligent mais quand faut y aller, Faut y Aller, il est temps de pogoter et d'exploser Comme un Fumigène, décidément leur meilleure même sans Manu Théron.

Un début blues annonce The Ballad of LB & GG toujours bien marrante (même si l'ASSE a mis une sacrée branlée à l'OM dernièrement, on se comprend), puis le riff (Black Math) de Jack White retentit pour un remix : J'ai vu les Wampas (ça rime avec "le son était dégueulasse") où, évidemment, il va falloir s'accroupir et bondir (c'est chromosomique chez ces deux types) pour un pur moment de délire, surtout quand la scène est envahie par le public.

Final sur l'air de "On met le oaï partout" pour bien rappeler la parenté, et les voilà partis, pas longtemps (le public pousse des rugissements menaçants) : retour sur un reggae un peu plan-plan à mon goût, mais final comme il se doit en pogo festif pour And I Smoke marijuana ev'ryday. Au final un concert très agréable et entraînant, avec un son moyen mais une énorme énergie pour le compenser : dans le registre punkaïoli, ils sont toujours au top !

Bon point, ils ont pensé à conseiller aux gens les sublimes Cowboys From Outerspace, groupe à la notoriété confidentielle... à part d'un public spécialisé de couturières marseillaises, et de gens un peu partout dans le monde qui les reconnaissent à leur juste valeur : celle du meilleur trio garage du vieux continent, ni plus ni moins.

Et eux, bordel de Zeus, ils ont un son énorme quoique réglé comme pour jouer dans un camion frigorifique, et déjà moult fois vanté sur ce site. Sapé tout en noir, notre classieux trio Pop/Wray/Cash local est quand on arrive déjà en train de ramoner des cages à miel à grands coups de riffs rageurs, de basses telluriques et de coups de boutoir.

Le drâme est qu'on ne connait généralement pas le titre de leurs chansons mais la mécanique est bien huilée : à un pogo assourdissant (exemple, Mary Jane) succède un rock'n'roll démentiel (exemple I Love you luna), puis un punk-rock sauvage (genre Motorhead feat. Johnny Thunders, pour situer), un truc lent sur un gros riff dégueu à la Link Wray, et enfin un truc garage lancinant et explosif qui vous ferait grimper au plafond... et on recommence le cycle !

Autant dire que ces "ancêtres" comme ils disent parfois (alors qu'ils ont à peine l'âge de Jeanne Calment à eux trois) et leurs instruments vintage (ah, cette vieille Gretsch rouge, quelle classe) mettent des fessées à toute la bande de garagistes phocéens poseurs ou rockeurs qui les a suivis, et qui en redemande - ils sont pour partie dans le public ce soir, et venus exprès ! Comme souvent, le climax est atteint à mon goût sur You choke me up, terrifiante et fascinante, une tuerie (et dire que tout ça s'écoute sur cowboysfromouterspace.fr ...) !

Puis pendant que Michel tente de décoller son pantalon de ses jambes et que Basile tire vainement sur sa clope éteinte depuis longtemps, Henry déchaîne une nouvelle fois les enfers pour un punk-rock garanti 1977 - on sort en titubant, heureux et sourd. Bon point pour l'organisation, le hangar à sucre a tenu bon à cette apocalypse sonique et ça, ça équivaut à toutes les commissions locales de sécurité de la terre.

On rejoint donc l'autre groupe historique de la soirée, les Wampas qui ont eux aussi fait accroupir tout le monde (il semble que j'ai raté un bon moment). Il s'avère assez vite que l'intérêt de ce groupe tient surtout à l'énergie inépuisable de son charismatique Didier, fringué intégralement en jaune poussin. Je ne suis pas fan de leur musique, qui va du slow dégueu (prétexte à crowd surfing sur chaise plastique) au rock'n'roll braillard qui fait Eh eh eh eh eh (prétexte à mettre les bras en croix tel un Johnny "Optic 2000" Hallyday chantant Gabrielle).

Point positif, la guitare assez pimpante (rose avec un chat Hello Kitty dessus) qu'il empoigne quelque fois, comme pour Manu Chao, excellent moment il faut bien l'avouer malgré un son limite bof (décidément, c'est le thème de la soirée !).

Ca fait quand même limite Richard Gotainer par moments, mais la musique n'est qu'un prétexte : ce qui amuse Didier Wampas (qui est le roi et a inventé le rock'n'roll, rappelons-le), c'est surtout que ses musiciens fassent de longs ponts musicaux, comme ça il peut se balader sur ou dans la foule, escalader les gradins, chanter Kiss Kiss pour que les filles et les garçons se ruent sur lui.

On est presque lassés quand le groupe reprend les choses en main : Où sont les femmes enchaîné sur Petite fille ça c'est bon ! Puis retour à un slow dégueu avec un max de reverb, et l'ex-punk s'en retourne dans la foule, dans le but de monter emmerder les VIP (qui l'ont bien mérité), et finir grimpé dans la tour son au fond.

Le concert, certes très sympathique (c'est plus un show, en fait) se finit, sans toutefois nous avoir donné envie d'acquérir toute l'oeuvre des Wampas en vinyle ...

Au son des Tontons Flingueurs, ayant fait sa soirée on s'en va flâner un peu sur le site, entre l'excellente cuisine du Palais de l'Inde et les sympathiques éditeurs de l'Ecailler du Sud, la zone vestige de l'ancien Dock (et son affreuse petit bar à vin bondé qui a survécu on ne sait comment), les cinq dernières minutes du groupe Zong (les intrus de la soirée, à revoir pour juger).

Pendant ce temps, le sympathique DJ Zebra dont on a toujours bien aimé l'imposante production de bastard-mixes, présente d'anciens (Noir Désir vs Chemical Brothers) et de nouveaux bootlegs (Katerine vs Boney M, Daft Punk vs Big Soul) assez inspirés, à un public qui s'amuse et danse nombreux dans la bodega. Il est toujours aussi excité et transmet une sacrée énergie à un dance floor tout acquis à sa cause.
Pour conclure, force est de reconnaître que deux bonnes soirées (celle du slam de Vibrion et Grand Corps Malade, et celle-ci) nous ont réconcilié, non pas avec l'organisation mais au moins avec le lieu de la Fiesta des Suds : quand la jauge en est maîtrisée, cet endroit est vraiment idéal pour profiter de la fin de l'été indien, d'autant que la programmation y était à la fois surprenante et séduisante. Finalement, on reviendra peut-être l'an prochain (y'a que les idiots qui ne changent pas d'avis ...)
En bonus : le making-of de cette chronique (exclusif !) :

Photos Pirlouiiiit
Au début, festival de quand : du rock pour Quand on arrive ou Quand je chante, de la valse pour Quand j'étais minot... et puis du sérieux (Sarko a débarqué le lendemain, c'était prémonitoire) avec la punk-drôle Bravo mon papa. Une que je ne connaissais pas, It's Ok (sauf la fin, encore un riff pompé sans vergogne chez Metallica), puis l'inévitable reggae du Vin et du Boucan où Lux officie au mégaphone, on prône le culte du Destructeur d'horodateurs ou du Voyager intelligent mais quand faut y aller, Faut y Aller, il est temps de pogoter et d'exploser Comme un Fumigène, décidément leur meilleure même sans Manu Théron.
Un début blues annonce The Ballad of LB & GG toujours bien marrante (même si l'ASSE a mis une sacrée branlée à l'OM dernièrement, on se comprend), puis le riff (Black Math) de Jack White retentit pour un remix : J'ai vu les Wampas (ça rime avec "le son était dégueulasse") où, évidemment, il va falloir s'accroupir et bondir (c'est chromosomique chez ces deux types) pour un pur moment de délire, surtout quand la scène est envahie par le public.
Final sur l'air de "On met le oaï partout" pour bien rappeler la parenté, et les voilà partis, pas longtemps (le public pousse des rugissements menaçants) : retour sur un reggae un peu plan-plan à mon goût, mais final comme il se doit en pogo festif pour And I Smoke marijuana ev'ryday. Au final un concert très agréable et entraînant, avec un son moyen mais une énorme énergie pour le compenser : dans le registre punkaïoli, ils sont toujours au top !
Bon point, ils ont pensé à conseiller aux gens les sublimes Cowboys From Outerspace, groupe à la notoriété confidentielle... à part d'un public spécialisé de couturières marseillaises, et de gens un peu partout dans le monde qui les reconnaissent à leur juste valeur : celle du meilleur trio garage du vieux continent, ni plus ni moins.
Et eux, bordel de Zeus, ils ont un son énorme quoique réglé comme pour jouer dans un camion frigorifique, et déjà moult fois vanté sur ce site. Sapé tout en noir, notre classieux trio Pop/Wray/Cash local est quand on arrive déjà en train de ramoner des cages à miel à grands coups de riffs rageurs, de basses telluriques et de coups de boutoir.
Le drâme est qu'on ne connait généralement pas le titre de leurs chansons mais la mécanique est bien huilée : à un pogo assourdissant (exemple, Mary Jane) succède un rock'n'roll démentiel (exemple I Love you luna), puis un punk-rock sauvage (genre Motorhead feat. Johnny Thunders, pour situer), un truc lent sur un gros riff dégueu à la Link Wray, et enfin un truc garage lancinant et explosif qui vous ferait grimper au plafond... et on recommence le cycle !
Autant dire que ces "ancêtres" comme ils disent parfois (alors qu'ils ont à peine l'âge de Jeanne Calment à eux trois) et leurs instruments vintage (ah, cette vieille Gretsch rouge, quelle classe) mettent des fessées à toute la bande de garagistes phocéens poseurs ou rockeurs qui les a suivis, et qui en redemande - ils sont pour partie dans le public ce soir, et venus exprès ! Comme souvent, le climax est atteint à mon goût sur You choke me up, terrifiante et fascinante, une tuerie (et dire que tout ça s'écoute sur cowboysfromouterspace.fr ...) !
Puis pendant que Michel tente de décoller son pantalon de ses jambes et que Basile tire vainement sur sa clope éteinte depuis longtemps, Henry déchaîne une nouvelle fois les enfers pour un punk-rock garanti 1977 - on sort en titubant, heureux et sourd. Bon point pour l'organisation, le hangar à sucre a tenu bon à cette apocalypse sonique et ça, ça équivaut à toutes les commissions locales de sécurité de la terre.
On rejoint donc l'autre groupe historique de la soirée, les Wampas qui ont eux aussi fait accroupir tout le monde (il semble que j'ai raté un bon moment). Il s'avère assez vite que l'intérêt de ce groupe tient surtout à l'énergie inépuisable de son charismatique Didier, fringué intégralement en jaune poussin. Je ne suis pas fan de leur musique, qui va du slow dégueu (prétexte à crowd surfing sur chaise plastique) au rock'n'roll braillard qui fait Eh eh eh eh eh (prétexte à mettre les bras en croix tel un Johnny "Optic 2000" Hallyday chantant Gabrielle).
Point positif, la guitare assez pimpante (rose avec un chat Hello Kitty dessus) qu'il empoigne quelque fois, comme pour Manu Chao, excellent moment il faut bien l'avouer malgré un son limite bof (décidément, c'est le thème de la soirée !).
Ca fait quand même limite Richard Gotainer par moments, mais la musique n'est qu'un prétexte : ce qui amuse Didier Wampas (qui est le roi et a inventé le rock'n'roll, rappelons-le), c'est surtout que ses musiciens fassent de longs ponts musicaux, comme ça il peut se balader sur ou dans la foule, escalader les gradins, chanter Kiss Kiss pour que les filles et les garçons se ruent sur lui.
On est presque lassés quand le groupe reprend les choses en main : Où sont les femmes enchaîné sur Petite fille ça c'est bon ! Puis retour à un slow dégueu avec un max de reverb, et l'ex-punk s'en retourne dans la foule, dans le but de monter emmerder les VIP (qui l'ont bien mérité), et finir grimpé dans la tour son au fond.
Le concert, certes très sympathique (c'est plus un show, en fait) se finit, sans toutefois nous avoir donné envie d'acquérir toute l'oeuvre des Wampas en vinyle ...
Au son des Tontons Flingueurs, ayant fait sa soirée on s'en va flâner un peu sur le site, entre l'excellente cuisine du Palais de l'Inde et les sympathiques éditeurs de l'Ecailler du Sud, la zone vestige de l'ancien Dock (et son affreuse petit bar à vin bondé qui a survécu on ne sait comment), les cinq dernières minutes du groupe Zong (les intrus de la soirée, à revoir pour juger).
Pendant ce temps, le sympathique DJ Zebra dont on a toujours bien aimé l'imposante production de bastard-mixes, présente d'anciens (Noir Désir vs Chemical Brothers) et de nouveaux bootlegs (Katerine vs Boney M, Daft Punk vs Big Soul) assez inspirés, à un public qui s'amuse et danse nombreux dans la bodega. Il est toujours aussi excité et transmet une sacrée énergie à un dance floor tout acquis à sa cause.
Pour conclure, force est de reconnaître que deux bonnes soirées (celle du slam de Vibrion et Grand Corps Malade, et celle-ci) nous ont réconcilié, non pas avec l'organisation mais au moins avec le lieu de la Fiesta des Suds : quand la jauge en est maîtrisée, cet endroit est vraiment idéal pour profiter de la fin de l'été indien, d'autant que la programmation y était à la fois surprenante et séduisante. Finalement, on reviendra peut-être l'an prochain (y'a que les idiots qui ne changent pas d'avis ...)
En bonus : le making-of de cette chronique (exclusif !) :

Photos Pirlouiiiit
Signature : Philippele 01/11/2006
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New dock des Suds, Marseille

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Dub Station #17 +Mongos Hifi feat KENNY KNOTS + KING ALPHA +OBF SOUNDSYSTEM
le Samedi 14 Janvier 20 - Dock des Suds - Marseille (par Mister Bc)
le Samedi 14 Janvier 20 - Dock des Suds - Marseille (par Mister Bc)

le 26 Novembre 2011 - Docks des Suds - Marseille (par Mister bc)
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