Le Dôme a perdu la tête, et je dirai même que le Dôme a perdu la raison ! Tout ca à cause d'un Dany Brillant flamboyant
en ce froid soir pluvieux d'hiver. Tout le contraire d'une salle très bien garnie, qui a vite atteint des records
de chaleur rythmique !
Comme j'en discutais avec Yann, le photographe de LiM sur le coup, parfois la curiosité peut amener de jolies surprises. Pourtant, le fait que la salsa ait tendance à me gonfler au bout de trois morceaux, et que justement, cette tournée s'appelait le "Salsa tour", sans oublier un dernier album intitulé "Puerto Rico", je partais franchement pessimiste... Pour confirmer tout cela, le show débutait par des nouveaux titres, donc par de la salsa, encore de la salsa, toujours de la salsa... Des chansons qui ont terriblement tendance à se ressembler à mes oreilles... De surcroit, le son du micro alternait le trop fort et le pas assez fort, bref, que du bonheur...
Et puis et puis... Je dirai que le charme de Dany Brillant a opéré. Son charme, en plus d'être encore assez beau gosse et classe, c'est surtout son énergie positive, son enthousiasme, sa dynamique contagieuse. Quand en plus il alterne enfin la salsa avec des airs jazzy, du mambo, et surtout, beaucoup de reprises connues, c'est un énorme soleil qui envahit le Dôme et les spectateurs !
Dès le quatrième ou cinquième morceau, il descend dans la fosse assise, y chante et y danse, et il n'en faut pas plus à la gent féminine pour dévaler les gradins, avec son lot d'hystériques ridicules auquel on ne peut échapper ("oh mon dieu, il m'a touché la main !!" ou les dandinements de certaines filles qui se la pétait à donf les ballons, etc..). Heureusement toutes les fans n'étaient pas de cet acabit, et très rapidement, le spectacle était autant sur scène que dans la salle, avec nombre de couples virevoltant avec talent.
Bien sur, aucun ne pouvait égaler le couple accompagnant l'artiste, selon les chansons. Personnellement, je trouve qu'il n'y a rien de plus sensuel et de plus beau qu'un duo sachant vraiment bien danser. Alors quand en plus, la maitrise de la salsa, du cha cha, du mambo, et de l'expression artistique atteint un tel sommet, je reste scotché, admiratif. Ils étaient largement digne des danseurs fantastiques que j'ai pu voir à Buenos Aires...
Mais Dany Brillant était également accompagné de huit excellents musiciens, d'un grand métissage, puisqu'il y avait notamment deux cubains, un espagnol, un italien, deux français... Tous vraiment bons de chez bons; que ce soit aux percus, aux cuivres, ou à la rythmique. Dany lui même, en plus de chanter avec beaucoup de nuances et de chaleur, nous a gratifier d'un solo de percus étonnant, sans oublier qu'il sait jouer de la gratte.
Ce mec il est sincère et naturel, il n'y a pas de calcul dans son show, il envoie tout, il se donne à fond, bougeant sans cesse lorsqu'il ne gratouille pas sur son tabouret haut, affolant les femmes par ses déhanchés provocants, claquant des doigts, bref, une aura... flamboyante !
Pendant deux heures, il a intelligemment alterner les extraits de son dernier opus (le tendre "Léah", les entrainants "Si c'était à refaire" et "Laissez nous passer"...), ses vieux succès (un "Suzette" remanié, avec un solo énorme trompette/saxophone au milieu, "Viens à Saint germain", "Y a que les filles qui m'intéressent", "Tant qu'il y aura des femmes", le puissamment hypnotique "Garde la danse", le final "Quand je vois tes yeux" où il fait monter une vingtaine de filles...), ainsi que beaucoup de reprises ("Volare", "Mambo italiano", "Tu vuo' fa l'Americano", "Abanibi"...).
Je n'ai sincèrement pas vu passer le temps, il y avait toujours quelque chose à entendre ou à voir dans ce concert, qui ressemblait plus à une grande fête amicale, tant les gens se levaient, allaient danser, revenaient, gueulaient... dans une bonne humeur spontanée totale.
Tout le monde est ressorti du Dôme pour se retrouver sous une pluie battante, mais avec un grand et beau soleil à l'intérieur de soi. Une belle prouesse qu'a réussi là Dany Brillant.
|