Critique de concert David BOWIE + The Dandy Warhols

Dernier concert d’une semaine musicale essentielle à la Halle puisque après MUSE lundi et BEN HARPER vendredi, voici l’endroit investi par une légende vivante du rock : DAVID BOWIE pour la dernière date française de son « Reality Tour » accompagné des DANDY WARHOLS. Autrement dit, du très lourd…
THE DANDY WARHOLS
La bande à Courtney TAYLOR, qui a largement de quoi occuper une tête d’affiche, nous a sorti ce soir un set très épuré, dans l’obligation de jouer la carte tube, logique au vu des 45min qui leur étaient allouées. TAYLOR arrive le premier, magnifique guitare de blues à la main, « casqueté » à la gavroche, flanqué du 2eme guitariste déguisé en Renaud, du batteur et de la fille préposée au clavier, tambourin et effets. Ces 2 derniers sont des sosies des enfants Ozborne, la ressemblance est criante ! Entamé avec un« Not If You Were The Last Junkie On Earth » joué sur un rythme très lent, leur set se poursuit avec « We Used To Be Friends » et « You Were The Last High » avec l’instru à la trompette, assez réussi. Ils osèrent tout de même un morceau beaucoup plus expérimental basé sur des percus de TAYLOR devant une fosse très garnie mais complètement hermétique voire interloquée. Le tout était plutôt sympa, très cadré, mélodieux, mais franchement mou, on aurait apprécié un peu moins de réserve, plus de nerfs et que TAYLOR se lâche un peu plus vocalement. Les Dandy se serraient-ils assagis ou étaient-ils simplement intimidés de précéder le monstre sacré qui allait prendre la suite ?
PS : Fuck au beauf derrière nous qui téléphonait en hurlant pendant « You Were The Last High » !!
DAVID BOWIE
Non, monstre sacré, le terme n’est pas exagéré, car Mister BOWIE est un mythe vivant, une espèce en voie de disparition et les 19000 personnes qu’il a drainé ce soir ne s’y sont pas trompées. Tribunes archi combles, la fosse est remplie d’un public hétéroclite de 20 à 55ans en moyenne, témoin évident de la musique trans-générationnelle de BOWIE.
21h15, les écrans de fond de scène se mettent à diffuser des images de New York, ville à laquelle le dernier album « Reality » rend hommage. Puis ce sont des personnages de BD représentant la star et ses musiciens qui apparaissent puis s’effacent, progressivement remplacés par les ombres des véritables acteurs de ce soir. Le temps de descendre et de s’installer et la silhouette de BOWIE apparaît en plein contre-jour. Bref, une entrée à la mesure de la vedette qui, en toute décontraction devant le triomphe du public, entame la première chanson. Enfin éclairé de face, on découvre un BOWIE tout sourire, blouson et pantalon moulant noir, ceinture taille basse en peau marron, mèche rebelle et… bouteille de Vittel à la main (clin d’œil à la pub) dont il engloutira une gorgée rageuse. Il tombera un peu plus tard la veste, laissant apparaître un T-shirt noir accessoirisé d’un foulard à plume. Et force est de constater qu’à 58 ans, le bonhomme est rudement affûté, svelte, semblant en parfaite condition physique. On peut en dire de même de sa voix, le timbre est impeccable, limpide, il restera tout en fluidité tout au long du set. Et ô surprise, le son est presque à la hauteur pour une fois ici, comme quoi en jouant moins fort et en calculant bien sa balance, rien n’est impossible…
La classe donc. Dès le 2ème morceau, il s’empare d’une gratte pour nous proposer le récent single « New Killer Star », très emballant, il est tout à fait crédible dans le rôle de l’éternel jeune homme. Il faut dire qu’il est sacrément bien entouré et porté par des musiciens de haut rang : six en tout, on compte en devant de scène la formidable bassiste qui l’accompagne aussi sur les chœurs, 2 guitaristes dont l’excellent Jerry LEONARD (je crois) en guitare principale, et, derrière eux, le batteur, un clavier et une autre choriste-percu. Cela donne à BOWIE une dimension beaucoup moins individualiste, plus humaine car il intègre parfaitement ses musiciens au show.
Impossible de donner une setlist détaillée (ne connaissant pas assez les anciens morceaux) mais les extraits de « Reality » comme « Never get Old » ou « Bring Me The Disco King » s’intègrent parfaitement parmis les grands classiques : « Heroes », « The Man Who Sold The World », « China Girl » qui emportèrent facilement l’adhésion d’un public très enthousiaste. On aura également apprécié avec beaucoup de délectation deux reprises très réussies : « Cactus » des PIXIES et « Under Pressure » de QUEEN, sur laquelle la bassiste est surprenante dans le timbre de voix de MERCURY.
Le light-show était classique, mettant néanmoins bien en valeur l’ensemble des protagonistes, avec en particulier ce mur de projecteurs dirigé vers la fosse qui assurait de superbes contre-jour enfumés…
Ce qui frappe le plus, c’est que Mister BOWIE donne vraiment l’impression de s’amuser comme un fou. Tranquille, serein, constamment souriant, il ne se prend pas au sérieux et ca fait plaisir à voir. De plus, il met un joli peps à des chansons comme « I’m Afraid Of Americans » et sait se faire délicat sur des morceaux lents comme « Bring Me The Disco King » où sa voix est simplement soutenue par le piano. On a tout loisir de constater qu’il a encore un joli déhanché, il s’adonne à de multiples mimiques et clins d’œil, se dandine, recèle d’expressions suggestives, joue avec son micro, s’en va haranguer la foule sur la jetée surplombant la scène, court, rampe à genoux sans jamais être ridicule. De la même façon, il a su garder un contact chaleureux avec le public qu’il questionne régulièrement en franglais et fait preuve d’humour («Les chansons vos» comme il le dit pour désigner ses tubes), le tout sans jamais être démago.
23h, l’artiste et ses acolytes saluent théâtralement l’assistance et quittent la scène. Ils reviendront tous pour un rappel évident composé de 3 morceaux de « Ziggy Stardust » dont l’inévitable et indispensable« Ziggy », joué magistralement. 23h15, après un set de pratiquement 2h, sieur BOWIE tire définitivement sa référence, non sans avoir encore longuement salué un public sous le charme. « B-O-W-I-E » se met à scintiller sur les écrans, il est temps de se retourner pour quitter la halle tout sourire, simplement heureux d’avoir vu un tel monument.
En conclusion, une certitude s’impose: ce type a décidément une classe immense. Bien sûr, 43 euros c’est un peu cher mais très franchement, ca vaut le coup, ne serrait-ce que pour entendre une fois dans sa vie « Heroes », « The Man Who Sold The World » et « Ziggy Stardust » chantés par cet artiste majeur qui a su éviter les écueils de la suffisance et de l’arrogance malgré son statut de mythe planètaire. Chapeau bas Sieur BOWIE et revenez quand vous voulez !
`FLO
THE DANDY WARHOLS
La bande à Courtney TAYLOR, qui a largement de quoi occuper une tête d’affiche, nous a sorti ce soir un set très épuré, dans l’obligation de jouer la carte tube, logique au vu des 45min qui leur étaient allouées. TAYLOR arrive le premier, magnifique guitare de blues à la main, « casqueté » à la gavroche, flanqué du 2eme guitariste déguisé en Renaud, du batteur et de la fille préposée au clavier, tambourin et effets. Ces 2 derniers sont des sosies des enfants Ozborne, la ressemblance est criante ! Entamé avec un« Not If You Were The Last Junkie On Earth » joué sur un rythme très lent, leur set se poursuit avec « We Used To Be Friends » et « You Were The Last High » avec l’instru à la trompette, assez réussi. Ils osèrent tout de même un morceau beaucoup plus expérimental basé sur des percus de TAYLOR devant une fosse très garnie mais complètement hermétique voire interloquée. Le tout était plutôt sympa, très cadré, mélodieux, mais franchement mou, on aurait apprécié un peu moins de réserve, plus de nerfs et que TAYLOR se lâche un peu plus vocalement. Les Dandy se serraient-ils assagis ou étaient-ils simplement intimidés de précéder le monstre sacré qui allait prendre la suite ?
PS : Fuck au beauf derrière nous qui téléphonait en hurlant pendant « You Were The Last High » !!
DAVID BOWIE
Non, monstre sacré, le terme n’est pas exagéré, car Mister BOWIE est un mythe vivant, une espèce en voie de disparition et les 19000 personnes qu’il a drainé ce soir ne s’y sont pas trompées. Tribunes archi combles, la fosse est remplie d’un public hétéroclite de 20 à 55ans en moyenne, témoin évident de la musique trans-générationnelle de BOWIE.
21h15, les écrans de fond de scène se mettent à diffuser des images de New York, ville à laquelle le dernier album « Reality » rend hommage. Puis ce sont des personnages de BD représentant la star et ses musiciens qui apparaissent puis s’effacent, progressivement remplacés par les ombres des véritables acteurs de ce soir. Le temps de descendre et de s’installer et la silhouette de BOWIE apparaît en plein contre-jour. Bref, une entrée à la mesure de la vedette qui, en toute décontraction devant le triomphe du public, entame la première chanson. Enfin éclairé de face, on découvre un BOWIE tout sourire, blouson et pantalon moulant noir, ceinture taille basse en peau marron, mèche rebelle et… bouteille de Vittel à la main (clin d’œil à la pub) dont il engloutira une gorgée rageuse. Il tombera un peu plus tard la veste, laissant apparaître un T-shirt noir accessoirisé d’un foulard à plume. Et force est de constater qu’à 58 ans, le bonhomme est rudement affûté, svelte, semblant en parfaite condition physique. On peut en dire de même de sa voix, le timbre est impeccable, limpide, il restera tout en fluidité tout au long du set. Et ô surprise, le son est presque à la hauteur pour une fois ici, comme quoi en jouant moins fort et en calculant bien sa balance, rien n’est impossible…
La classe donc. Dès le 2ème morceau, il s’empare d’une gratte pour nous proposer le récent single « New Killer Star », très emballant, il est tout à fait crédible dans le rôle de l’éternel jeune homme. Il faut dire qu’il est sacrément bien entouré et porté par des musiciens de haut rang : six en tout, on compte en devant de scène la formidable bassiste qui l’accompagne aussi sur les chœurs, 2 guitaristes dont l’excellent Jerry LEONARD (je crois) en guitare principale, et, derrière eux, le batteur, un clavier et une autre choriste-percu. Cela donne à BOWIE une dimension beaucoup moins individualiste, plus humaine car il intègre parfaitement ses musiciens au show.
Impossible de donner une setlist détaillée (ne connaissant pas assez les anciens morceaux) mais les extraits de « Reality » comme « Never get Old » ou « Bring Me The Disco King » s’intègrent parfaitement parmis les grands classiques : « Heroes », « The Man Who Sold The World », « China Girl » qui emportèrent facilement l’adhésion d’un public très enthousiaste. On aura également apprécié avec beaucoup de délectation deux reprises très réussies : « Cactus » des PIXIES et « Under Pressure » de QUEEN, sur laquelle la bassiste est surprenante dans le timbre de voix de MERCURY.
Le light-show était classique, mettant néanmoins bien en valeur l’ensemble des protagonistes, avec en particulier ce mur de projecteurs dirigé vers la fosse qui assurait de superbes contre-jour enfumés…
Ce qui frappe le plus, c’est que Mister BOWIE donne vraiment l’impression de s’amuser comme un fou. Tranquille, serein, constamment souriant, il ne se prend pas au sérieux et ca fait plaisir à voir. De plus, il met un joli peps à des chansons comme « I’m Afraid Of Americans » et sait se faire délicat sur des morceaux lents comme « Bring Me The Disco King » où sa voix est simplement soutenue par le piano. On a tout loisir de constater qu’il a encore un joli déhanché, il s’adonne à de multiples mimiques et clins d’œil, se dandine, recèle d’expressions suggestives, joue avec son micro, s’en va haranguer la foule sur la jetée surplombant la scène, court, rampe à genoux sans jamais être ridicule. De la même façon, il a su garder un contact chaleureux avec le public qu’il questionne régulièrement en franglais et fait preuve d’humour («Les chansons vos» comme il le dit pour désigner ses tubes), le tout sans jamais être démago.
23h, l’artiste et ses acolytes saluent théâtralement l’assistance et quittent la scène. Ils reviendront tous pour un rappel évident composé de 3 morceaux de « Ziggy Stardust » dont l’inévitable et indispensable« Ziggy », joué magistralement. 23h15, après un set de pratiquement 2h, sieur BOWIE tire définitivement sa référence, non sans avoir encore longuement salué un public sous le charme. « B-O-W-I-E » se met à scintiller sur les écrans, il est temps de se retourner pour quitter la halle tout sourire, simplement heureux d’avoir vu un tel monument.
En conclusion, une certitude s’impose: ce type a décidément une classe immense. Bien sûr, 43 euros c’est un peu cher mais très franchement, ca vaut le coup, ne serrait-ce que pour entendre une fois dans sa vie « Heroes », « The Man Who Sold The World » et « Ziggy Stardust » chantés par cet artiste majeur qui a su éviter les écueils de la suffisance et de l’arrogance malgré son statut de mythe planètaire. Chapeau bas Sieur BOWIE et revenez quand vous voulez !
`FLO
Signature : FLO
le 20/11/2003
Halle Tony Garnier; Lyon

le 3 avril 2011 - Halle Tony Garnier, Lyon (par Abigail Darktrisha)
Copyright © Neolab Production 2000-2012. Reproduction totale ou partielle interdite sans accord préalable.
Conditions générales d'utilisation
Conditions générales d'utilisation



Samedi 26 mai 2012 : 9523 concerts, 20890 critiques de concert, 4719 critiques de CD. 














