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Dimanche 27 mai 2012 : 9162 concerts, 20891 critiques de concert, 4719 critiques de CD.

Critique de concert David Lafore + Merlot (Avec le Temps 2009)


David Lafore + Merlot (Avec le Temps 2009) en concert


5 étoiles, concert à ne pas manquer

Jaime


Deuxième soirée d'affilée au Café Julien ! Et cette fois-ci on a bien failli se faire avoir : pour nous la tête d'affiche était bien évidemment David Lafore, le triste et désopilant, graveleux et imperturbable chanteur qu'on aime depuis bien longtemps, précisément depuis une prestation de braderie de cunnilingus, effectuée en caleçon rouge sur la Place de Lenche. Il s'en est donc fallu de peu qu'on arrive délibérément en retard !


Et pourtant il jouait ce soir en premier, avant un espèce de grand zigue déconneur du 9-4 appelé Merlot, venu armé d'un bon paquet de fans - très vraisemblablement la soirée la plus drôle et peut-être la plus trash de cette édition d'Avec le Temps 2009 ! Bref, c'est sans façons et sans aucune autre de ses 5 Têtes qu'il monte sur scène, Monsieur Lafore, l'air de venir vérifier un micro, s'empare d'un guitare usée jusqu'à la moëlle et démarre à peu près sans crier gare.


Et commence d'entrée avec une histoire languide de fille toute mouillée, et se met toute la salle dans la poche sans aucune problèmes, malgré sa mine inamovible à la "tout le monde me déteste, ça marchera jamais !", et les bides volontaires qu'il enchaîne entre chaque chanson. Il faut dire que sa voix est très belle dans son genre, plutôt sensuelle même autant que je puisse en juger, et son toucher de guitare plus subtil qu'il n'y paraît : ce mec a la classe, tout simplement.


Puis il le prouve par la jolie Babines qui ouvrait son premier album, plus enlevée, assez classe ! Tout autant que Sur Ma Mule (que j'avais découvert sur "Coup de Pouce au Balthazar", formidable compile de la scène locale marseillaise) : très drôle, ponctuée de cris - le tube du premier album sans doute ! Et tout de suite après, Jalousie, qu'on pourrait qualifier de tube du second : avec ses paroles survoltées, elle fait rire aux éclats toute la salle - d'un de ces rires un peu dérangeants : il n'y a qu'à voir le clip de cette chanson pour envisager tout le potentiel homicide du personnage...


Tant qu'il y aura des mouches, effectuée l'oeil humide et torve, est très drôle aussi, et franchement cochonne ! Pépé et Mémé, sa première chansons paraît-il (oui, ils finissent brûlés évidemment), avant qu'il annonce une longue série de chansons lubugres (les dépressifs sont invités à quitter la salle) qui commence par la jolie et terrible Laisse moi mourir un peu. Un peu plus tard, Tu m'en diras tant, logorrhée embrouillée qu'aurait pu écrire Boby Lapointe, et la chanson qui dans un monde meilleur aurait défoncé les charts : la très enlevée et superbe Un baiser, une bombe - l'une des seules qu'il n'introduit pas par une ânerie, à croire qu'il l'aime bien lui aussi !


Pour rappel, une chanson qu'il fait reprendre à tue-tête par la public, sans aucun problèmes, et il fait même mine de recommencer le concert au départ. Au bord de la mer, jolie et calme, un titre pas reconnu triste et doux, et puis celle que quelques fans réclamaient à corps et à cris : 20 francs, déclenchant comme toujours l'hilarité générale sur la rime très riche "Un cuni, pour mami !" Il finit sur J'ai Massacré tout un pays, lubugre à souhait - et pourtant il récolte une ovation sincère pour conclure ce très beau concert.


Alors à vrai dire on se perd en conjectures sur le fait que David Lafore, songwriter indéniablement talentueux, ne soit pas devenu une star, depuis quelques années qu'il est monté à la très grande ville. A croire que son positionnement tragi-comique doit sans doute être mal compris par les grands médias, tout comme ses paroles pour le moins interdites aux oreilles non averties, ou son air de Buster Keaton phocéen peu avenant. Lui dont toutes les vidéos qu'on trouve sur le web sursautent pourtant au rythme des rires de ceux ou celles qui le filment... En tout cas nous sommes heureux de faire partie des "happy few" et continuerons à le pousser de toutes nos petites forces sur la voie d'un succès qu'il mériterait de rencontrer !



A l'approche du deuxième groupe (à l'époque on pense à un chanteur seul, d'autant que c'est comme ça qu'il arrive sur scène), on s'inquiète sincèrement : va-t-il pouvoir faire aussi bien, est-ce qu'on ne va pas s'ennuyer ferme ? Mais la question ne reste pas longtemps sans réponse : Merlot et ses potes (Krazy Keupon et je sais plus qui) sont, en tout cas pour le chanteur, de sacrés déconneurs. Voilà un grand type à lunettes, punk et chauve à la fois, sorte de John Malkovich anorexique, à la voix grave, incapable de chanter plus d'un couplet de chanson sans faire une digression déconnante, souvent à l'attention de ses potes de la Ciotat.


Son cirque nous amuse un bon moment, plus en tout cas que ses chansons de reggae ou de funk lo-fi à la Miro, sympathiques mais certainement un cran en dessous de celles de son prédécesseur, malgré des accompagnements sympas (de la human beat box notamment). Il nous fait en tout cas bien marrer, allant brancher une demoiselle au bout de la salle, prétendant qu'on est bien dans le 9-4 (on pourrait presque y croire !), ou une chanson où il se réaffirme: Tu n'es qu'un loser !


En tout cas il est carrément plus chaud (très funky Chuis Chaud !) que, par exemple, le (devenu) ridicule Sinclair, toutefois avec une tendance certaine à tomber dans le Didier Super contondant - ce qui n'est pas pour nous déplaire. A signaler aussi, une java pour un vieux Salaud (non dédicacée mais qui irait bien au borgne de St-Cloud d'après nous !). Un peu fatigués, nous quittons le groupe après une reprise délicate à la guitare de Benz Benz Benz par Krazy Keupon (et son look de premier de la classe...).


En tout cas le père Merlot nous a tenus en haleine un moment (on a manqué que 4 chansons d'après sa set-liste) et a certainement du continuer à régaler la salle de ses conneries. Désireux d'en garder sous la pédale (après la zolie Zaza Fournier hier et Pigalle demain, soit trois soirs d'affilée chez Julien, record battu !), on l'a toutefois laissé conclure sans nous. En tout cas deux excellentes soirées d'affilée au Café Julien, qui prouvent que la chanson française de cabaret abrite des talents à soutenir sans réserve, afin qu'ils dépassent le succès d'estime de la critique, pour entrer dans la catégorie des succès populaires !


(NB : David Lafore a joué sa set-list en mode "random"...)

Photos par Céline !
Vidéos par Céline, une de chacun, ici !


 


David Lafore 


  4 étoiles
David Lafore video
le 23 juillet 2010 - théatre de l'AFEV - Avignon (par Pirlouiiiit)
 

  4 étoiles
Sashird Lao + David Lafore Cinq Têtes
le 19 Janvier 2008 - L'Escale St Michel - Aubagne (par Ratwoman13)
 

  4 étoiles
Capitaine Carnasse et sa momie + David Lafore Cinq Tetes
le 01 juillet 2005 - Embobineuse - Marseille (par Pirlouiiiit)
 

  4 étoiles
David Lafore + Les Wriggles
le 19 Mars 2005 - Le Moulin, Marseille (par Pierre)
 

  2 étoiles
Les Wriggles + David Lafore
le 19 mars 2005 - Moulin - Marseille (par Pirlouiiiit)
 

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