Critique de concert dd/mm/yyyy + Bancal + Régis Turner


Aller traîner ses guêtres au Raymond Bar un lundi soir par une température sibérienne, il faut vraiment avoir envie… Pourtant, quand on arrive là-bas, on se doute qu'on a bien fait : il y a du monde, l’ambiance est chaleureuse, un soin particulier a été apporté à la déco (nouveaux éclairages trippants dans la salle de concert), les chansons torturées entre rock et hip hop de Régis Turner accrochent l’oreille, le hardcore punk noise hurlé de Bancal explose les tympans avec un terrifiant savoir faire et les Canadiens de dd/mm/yyyy délivrent quant à eux un set magistralement stratosphérique, le genre de truc qui laisse des traces… Cela valait assurément le déplacement !

Les deux premières parties clermontoises ayant parfaitement préparé les oreilles pour la tête d’affiche, les cinq musiciens de Toronto bizarrement nommés dd/mm/yyyy sont placés dans des conditions idéales pour mettre le public en orbite géostationnaire… Dès les premières notes, on sent que ces gens-là n’ont vraiment pas fait le déplacement pour rien, eux non plus : la troupe 100% masculine, agitée et virevoltante maîtrise à la fois la science du bruit qui tue, du rythme dingue et des voix barrées. Les instruments – deux batteries, une guitare, une basse, deux synthés, un saxophone – changent sans cesse de mains, avec le même résultat : la création d’une sorte de mur du son entre math rock surréaliste, pop new wave dansante, post punk très coupant et world du troisième millénaire. L’auditeur innocent et un peu crevé est tout d’abord saisi par les rythmes sidérants ourdis par de très virulents batteurs, il est ensuite soulevé par des sons de guitares acérés et dissonants, puis il est projeté virtuellement en l’air par des chants tribaux de fous hurlant dans une clairière un soir de pleine lune, avant d’être soumis à une séance de tournis sonique par moult changements de vitesse, breaks soudains ou départs vers de mini jams propices à la transe…

Putain de merde, quel choc ! Composé de véritables bêtes de scène et de musiciens accomplis, dd/mm/yyyy arrive à provoquer des émotions inédites doublées de soubresauts physiques et mentaux particulièrement ravageurs. Ce groupe-là, c’est véritablement de la dynamite en vente totalement libre ! Les artificiers explosifs de dd/mm/yyyy font vraiment un effet boeuf sur scène… On vous aura prévenu. Cet imparable groupe de scène stakhanoviste du bitume avalé est en tournée en France jusqu'à fin février.

Sites Internet : www.myspace.com/ddmmyyyy, www.myspace.com/registurner, www.myspace.com/bancalbancal.
Signature : pierre andrieule 16/02/2010
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