Critique de concert Deschamps

De l'extérieur, alors que je fini le mégot, me parvient l'écho chaleureux des synthés de Cluster. En me frayant un chemin jusqu'au bar me percute la batterie motorik de Neu!. Aucun doute? Deschamps est derrière les platines pour cette soirée estampillée "Krautrock" par l'équipe de Second Nature. Et il nous régale.
Érudit rock dans toute sa splendeur, il enchaine les "tubes" du rock choucroute allemand sans sourciller...le film projeté en ambiance ("Daisies" ou "Sedmikrasky" splendide film de la nouvelle vague tchèque) enfonce le clou: sexy, psychédélique et subversif.
Si Deschamps sont "the prettiest girl you've ever met"(tm), ils sont aussi la plus sauvage, et il prouveront une nouvelle fois ce soir que le space rock n'est pas l'apanage des seuls hippies Nag Champa ou des obsédés du vintage...que c'est aussi, oh joie de l'étiquette, pour les punks. Que c'est aussi Hawkwind, Spacemen 3, Kevin Shields, les Boredoms et Fuck Buttons.
Un duo, donc. Alexa derrière un imposant Farfisa (quelle puissance!), Laurent arc bouté sur sa Jazzmaster et un mac dans un coin, rebut de technologie, simple outil. Mal calé, il est réduit à son usage le plus primitif, celui d'une boite à rythme et on l'oublie.
Stylés mais pas poseurs, nonchalants mais pas branleurs: Laurent annonce après un premier morceau d'intro construit autour d'un délicieux sample de voix féminine japonaise qu'ils sont Deschamps et qu'ils vont jouer 45 minutes. Ce qu'il ne précise pas c'est qu'ils le feront à un volume sonore complètement improbable générant des phénomènes physiques impressionnants sur l'auditeur et l'architecture du lieu. Les murs tremblent, ce n'est pas une image. Comme le dit le titre d'un de leurs morceaux "they don't give a fuck", et chez eux l'attitude est donc purement sonique.
La répétions et l'effarant volume crée un débordement sensuel qui n'a rien à voir avec une transe mystique quelconque, juste un massif "reality check" radical. De la vraie magie.
La troisième longue plage, bâtie, je l'apprendrais plus tard, autour d'un sample d'Isabelle Adjani (dont les disques sont une véritable obsession pour le barbu du groupe) pousse encore un plus loin la démarche extrémiste entamée par le binôme il y a maintenant 2 ans et que j'entends ainsi: Deschamps fait juste de la musique violente avec beaucoup de douceur. Les regards tendres et amusés d'Alexa au public alors qu'elle envoie des infra basses aéroportuaires ne me contrediront pas.
Et ce soir à Aix, on se fait gentiment maltraiter.
La panique à laquelle cède l'équipe du lieu face au rouleau compresseur sonore qu'envoie placidement droit sur nous les deux marseillais est purement réjouissante, et me fait comprendre à quel pointDeschamps est un groupe de rock...
Mixte, radical, spontané, DIY et cultivé, Deschamps parfait et unique groupe psychédélique punk de chez nous. Le voir pour le croire.
Pour tenter l'expérience à la maison (si vous avez les watts):
http://www.myspace.com/deschampslalala
Érudit rock dans toute sa splendeur, il enchaine les "tubes" du rock choucroute allemand sans sourciller...le film projeté en ambiance ("Daisies" ou "Sedmikrasky" splendide film de la nouvelle vague tchèque) enfonce le clou: sexy, psychédélique et subversif.
Si Deschamps sont "the prettiest girl you've ever met"(tm), ils sont aussi la plus sauvage, et il prouveront une nouvelle fois ce soir que le space rock n'est pas l'apanage des seuls hippies Nag Champa ou des obsédés du vintage...que c'est aussi, oh joie de l'étiquette, pour les punks. Que c'est aussi Hawkwind, Spacemen 3, Kevin Shields, les Boredoms et Fuck Buttons.
Un duo, donc. Alexa derrière un imposant Farfisa (quelle puissance!), Laurent arc bouté sur sa Jazzmaster et un mac dans un coin, rebut de technologie, simple outil. Mal calé, il est réduit à son usage le plus primitif, celui d'une boite à rythme et on l'oublie.
Stylés mais pas poseurs, nonchalants mais pas branleurs: Laurent annonce après un premier morceau d'intro construit autour d'un délicieux sample de voix féminine japonaise qu'ils sont Deschamps et qu'ils vont jouer 45 minutes. Ce qu'il ne précise pas c'est qu'ils le feront à un volume sonore complètement improbable générant des phénomènes physiques impressionnants sur l'auditeur et l'architecture du lieu. Les murs tremblent, ce n'est pas une image. Comme le dit le titre d'un de leurs morceaux "they don't give a fuck", et chez eux l'attitude est donc purement sonique.
La répétions et l'effarant volume crée un débordement sensuel qui n'a rien à voir avec une transe mystique quelconque, juste un massif "reality check" radical. De la vraie magie.
La troisième longue plage, bâtie, je l'apprendrais plus tard, autour d'un sample d'Isabelle Adjani (dont les disques sont une véritable obsession pour le barbu du groupe) pousse encore un plus loin la démarche extrémiste entamée par le binôme il y a maintenant 2 ans et que j'entends ainsi: Deschamps fait juste de la musique violente avec beaucoup de douceur. Les regards tendres et amusés d'Alexa au public alors qu'elle envoie des infra basses aéroportuaires ne me contrediront pas.
Et ce soir à Aix, on se fait gentiment maltraiter.
La panique à laquelle cède l'équipe du lieu face au rouleau compresseur sonore qu'envoie placidement droit sur nous les deux marseillais est purement réjouissante, et me fait comprendre à quel pointDeschamps est un groupe de rock...
Mixte, radical, spontané, DIY et cultivé, Deschamps parfait et unique groupe psychédélique punk de chez nous. Le voir pour le croire.
Pour tenter l'expérience à la maison (si vous avez les watts):
http://www.myspace.com/deschampslalala
Signature : TGR
le 20/11/2009


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Dimanche 27 mai 2012 : 9162 concerts, 20891 critiques de concert, 4719 critiques de CD. 














