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Mercredi 22 novembre 2017 : 11572 concerts, 24726 chroniques de concert, 5186 critiques d'album.

Chronique de Concert

Diam's

Diam's en concert

L'autre Canal à Nancy 26/11/2009

Critique écrite le par




D'abord, je rentre dans l'excellente (de part la qualité optimale du son et le respect des horaires de concert) salle l'Autre Canal à 20h20 sachant que le concert de Diam's est annoncé à 20h30... et devinez quoi ? Eh bien, il y avait déjà un groupe qui jouait, qui plus est les derniers accords du dernier titre de son set. Apparemment, la première partie a joué avant l'heure sus-dîte du concert !!! Quel manque de respect du public et des pauvres artistes devant jouer avant l'heure et n'étant même pas annoncés. Il me semble que ce groupe s'appelait Uncle Ben ; je ne les ai donc, malheureusement, pas entendu. Ça avait l'air d'être groove-soul pour le style musical. Voilà pour la petite déconvenue du début de soirée ; étrange tant l'Autre Canal (que je connais très bien) n'est pas habitué à ce genre de procédé.

Puis, il y eut une trentaine de minutes de battement pour le changement de plateau, pendant lesquelles le public de tout âge et essentiellement féminin tout de même, s'est donné à cœur d'appeler "Mélanie", véritable prénom de Diam's. C'est impressionnant de voir à quel point le public est en effervescence et entièrement acquis à son cause avant même le premier morceau. Et ce n'est pas pendant le concert que l'attention a baissé, tant la plupart de l'assistance connaissait les nouveaux morceaux, pourtant pas évident, car aux textes très longs et durs, de l'album "SOS" paru la semaine dernière et directement propulsé premier des ventes. Pour ma part, je ne l'ai entendu qu'une seule fois, mais ai suivi les passages télévisés de Diam's. Bref, passons au concert proprement dit !

Diam's débute, dans le noir, par le dialogue d'ouverture de "Mélanie" (premier morceau de l'album "SOS"). La lumière arrivant petit à petit, on distingue deux Diam's (l'autre étant l'une des choristes) de dos avec survêt' et capuche, puis elle attaque par "I am somebody", excellent morceau de neuf minutes dévoilé au grand public, il y a déjà 3-4 mois. Malheureusement, elle le stoppera au bout de trois minutes pour enchaîner sur le premier single "Enfants du désert" avec un "SOS" brillant en rouge au milieu du noir accroché en fond de scène.

C'est après ce morceau qu'elle commença à causer au public. Elle cause beaucoup d'ailleurs. Ce qui n'est pas toujours désagréable, sauf lorsqu'il s'agit d'intervention plus convenue pour tirer sur les ambulances (ça n'a guère d'intérêt surtout face à un public convaincu d'avance). Elle ne perd pas une occasion également de remercier "Son public". L'expression "mon public" a tendance à m'exaspérer : le public ne lui appartient pas. Elle a du public - indéniablement - mais ce n'est pas une raison pour en faire, sémantiquement, sa propriété, d'autant que cette expression renvoie directement au capitalisme qu'elle conspue.
Apparté terminé.

Ensuite, elle enchaîne par "Ma France à moi" légèrement remixé musicalement (du moins le début), alignant toujours autant de clichés à la pelle, mais néanmoins efficace, surtout en live avec cette montée finale et la guitare électrique ! Pour ce qui est de l'équipe sur scène : pas de surprise, ce sont les mêmes depuis des années. Les trois choristes, dont l'emblématique Sévère, Dj Dimé qui la suit depuis le premier jour et Yoshi au piano et à la guitare. Le mélange des instruments (voie d'issue du moment pour le rap) et des scratches sont du meilleur effet.

S'ensuit une série de nouveaux morceaux (tout l'album sera joué) avec pour grand moment "Dans le noir" (futur single à mon avis) au refrain terriblement efficace et à la "choré" (dans le noir forcément) bien vue, "Sur une bombe", très émouvant, mettant également en valeur les choristes avec des passages a capela, "L'honneur d'un peuple" avec ce son à la guitare "dans le style de Cabrel puisqu'ils n'aiment pas notre musique" sur lequel elle ne se prive pas de serrer les mains des personnes du premier rang, "Sur la tête de ma mère" sur laquelle elle met verbalement "une couronne de diamants", morceau touchant (et dansant) en l'honneur de sa maman, qu'elle chérit clairement et qui a été seule pour l'éduquer, qu'elle n'osait pas écrire auparavant, "Rose du bitume", bon morceau pour le respect des femmes. Malheureusement, elle n'interprètera qu'un couplet de "Marine" (très bon morceau bien qu'à l'argumentation "faiblarde" - et c'est un euphémisme), puis sur la musique nous expliqua que si "le Front National a chuté, c'est parce que Sarko a repris les mêmes idées".

Puis vient "Lili", morceau calme et bienvenu sur le voile, sujet qui a beaucoup fait jazzé ces temps-ci. Bien sûr, Diam's ne se prive pas de tirer, à juste titre, sur les paparazzis et "les journalistes dont le but est de transmettre des informations, pas des informations erronées". Le thème des rumeurs et des "on dit" devient très présent à partir de cet instant dans le spectacle, avec les messes basses des choristes sur Diam's dans un premier temps, par exemple.





Elle s'installe ensuite seule au piano où elle avoue avoir toujours
peur de faire des fausses notes. et joue un couplet de "Par amour" et de "Vénus". C'est terriblement frustrant qu'elle coupe ainsi tous les anciens morceaux. Je préférerais qu'elle choisisse de ne jouer qu'un seul titre en entier plutôt qu'un tiers de chacun ! A ce sujet, elle a eu le bon goût de se passer des morceaux "à midinettes" (c'est moi qui le dit, hein, pas elle), soient les insupportables, les tubes (c'est-à-dire "quelque chose de creux" dixit Boris Vian) : "Confession nocturne", "DJ" et "Jeune demoiselle". C'était des passages qui me semblaient obligés (tant les enfants et les jeunes filles les attendait) qui me faisaient frémir d'angoisse d'avance et, finalement, rien, quetchi !!! Si ça ce n'est pas une bonne nouvelle.... !

Puis, elle explique que les rappeurs n'aiment pas ce que font les autres artistes avant même d'écouter (même, et surtout, ce que font les autres rappeurs) et à quel point ce fut dur pour elle de rentrer dans ce monde, essentiellement masculin, aux fréquentes dérives machistes. Mais, elle ajoute que "pire que le rappeur, il y a la rappeuse" et enchaîne sur l'ultra-dansant "Suzy", titre qui a plus de dix ans, se moquant d'une rappeuse qui disait "Moi, c'est Suzy, j'rappe et j'déchire", qui a dû beaucoup taper sur les nerfs de Diam's tant elle nous ressort cette histoire à chaque fois.

Elle sort de scène et dans la foulée entre une demoiselle, disant
être son habilleuse, pour se moquer d'elle et dénoncer les conditions de travail que Diam's impose ! Évidemment, elle se fait gentiment siffler par le public, qui sait bien que cette diversion est là uniquement pour permettre un changement de costume.
Le tout est, d'ailleurs, très mis en scène (avec beaucoup de changements de costumes, mais avec une tendance principale au survêt', casquette - voire capuche - et voile, palestinien, autour du cou !), rien n'est laissé au hasard, mais les réactions de Diam's sont très spontanées. De même, elle me donne l'impression d'avoir une écriture très spontanée, pas réfléchie et peu retravaillée, d'où parfois certaines approximations (qui font que le grand public la décrie tant quand il n'en connaît que la surface), mais il se dégage une authenticité rare et un indéniable amour du public de cet artiste (je pense que ce sont de les raisons essentielles de son succès). .

Toute son équipe revient déguisée pour interpréter, le pas si enfantin, "Peter Pan" (que je n'aime pas trop), qui apporte forcément un peu de joie et de folie dans son univers assez sombre et terre à terre (je pense que ce morceau sera un futur single aussi), qui en squelette, qui en spiderman. Elle, elle est en gros nounours blanc !
Tout le monde nous salue après ce morceau, avant de revenir de plus belle pour "La boulette" et "Big up", joués en entier. Ce dernier morceau s'achève par un enregistrement de vibes des choristes, qui s'auto-sample, très bon moment du spectacle. Cela signera leur sortie définitive.

Diam's reste, en effet, seule avec son DJ et son pianiste sur scène pour interprèter "SOS" qu'elle termine a capella, avec le public bien entendu (hyper présent comme vous l'avez compris tout le long du concert), puis avec quelques notes, bienvenues, toutes douces de piano. C'est un joli moment de communion artiste-public. Elle ressort de scène après avoir longtemps salué et applaudit tout le monde.

Elle revient une dernière fois, pour le meilleur morceau de toute sa carrière (pour moi), "Et si c'était le dernier", dernier morceau de l'album "SOS". C'est un rap de onze minutes non-stop sans refrain. Un morceau homérique comme je les ai toujours apprécié, à l'instar d'un "Demain c'est loin" d'IAM. Extrêmement prenant et émouvant, elle raconte ses affres depuis trois ans, son passage en clinique et le morceau, qui nous laisse KO debout, s'achève sur ce "Je rappe" répété ad libitum tel une profession de fois.

Oui, elle rappe, et elle rappe bien. Diam's est enfin en train de gagner la respectabilité qu'elle mérite dans ce milieu grâce à une écriture personnelle et enragée (qu'elle avait déjà auparavant, mais qui était cachée par les arbres de ses, mauvais, singles). Elle se "dévariétise" et nous conte crument sa réalité, ses angoisses, ses espoirs et sa vision de l'univers.

De manière générale, heureusement que les femmes sont là dans le hip-hop à l'image de Kény Arkana et Casey (formidable projet L'angle mort). Ce sont elles qui apportent le plus de sang neuf à ce mouvement à l'heure actuelle !

Allez les voir !!!

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