Critique de concert Dominique A. + Zop Hopop

Pour commencer cette soirée, un jeune homme dépeigné arrive tout seul avec sa guitare. Il ressemble comme deux gouttes d’eau au batteur de Françoiz Breut et Dominique A. Normal, c’est lui ! Zop Hopop alias Sacha Toorop est vraiment un phénomène : il joue de la guitare de façon très instinctive (voire primaire) et s’accompagne avec une petite batterie. Il a un accent belge assez prononcé, on ne comprend pas grand chose à ce qu’il raconte, qu’il s’exprime en français ou en anglais. Son folk rock minimaliste saisit l’auditoire par surprise dès le premier morceau pour ne plus le lâcher pendant la totalité du « one man show ». Il faut dire que sa musique est originale et que son humour est absolument ravageur. Ce fou chantant raconte n’importe quoi entre les morceaux, tourne sur lui-même sans raison, fait des mimiques impressionnantes, chante sans micro, oublie de brancher sa guitare. Alors que les gens applaudissent, il nous gratifie d’un « merci les mains ! » Maintenant, j’en suis sûr : je veux habiter en Belgique, non loin de Jean-Noël Godin, Arno, Benoît Poolevorde et Sacha Toorop ! On entartera tous les Bill Gates de la Terre en écoutant de la musique iconoclaste de qualité, ce sera le bonheur total. Ce concert s’est révélé totalement réjouissant et captivant grâce à son côté surréaliste. Sacha obtient même un rappel, chose assez rare pour un « support band » : cela prouve que les gens ont été conquis. A la fin, il nous dit « merci Clermont-Fernand » ; il nous cherche ou quoi ce Belge ? On lui hurle « Clermont-Ferrand ! » Il nous dit « Ah d’accord » mais il enchaîne en disant « au revoir aux Clermonferrantois et surtout aux Clermonferrantoises. » Salauds de Belges, ils ne respectent rien !
Après Bernard Lavilliers, c’est un autre costaud qui foule la grande scène de la Coopérative de mai, je ne me souvenais pas qu’il était si grand et qu’il avait l’air si méchant ce Dominique A. ! Une véritable tête de serial killer.
Dès le début, le ton de la soirée est donné, ce sera rock. Depuis l’album « Remué » et la tournée suivant cet album, Dominique A. veut casser son image de gentil chanteur de chanson française auteur d’un tube radiophonique. Il a toutefois l’air plus détendu que pour son passage au festival Rock Au Max lors de sa dernière tournée. Si la musique et les paroles sont tendues, Dominique A. essaie d’établir un contact convivial entre les morceaux, pour détendre l’atmosphère. Attention, il reste acerbe et ironique : il a encore des progrès à accomplir avant de pouvoir animer le « Bigdil » sur TF1 mais, patience, ça vient !
Alors que le départ avait été tonitruant, les titres suivants sont plus intimistes et calmes, les grosses guitares sont remises au placard pour un temps. Les morceaux sont magnifiquement interprétés, Sacha Toorop, Olivier Mellano et Gaétan Chataigner prouvent une nouvelle fois leur classe et leur habileté à créer des atmosphères variées. J’aurais préféré qu’ils alternent titres énervés et titres calmes, au lieu de jouer de grandes plages de chaque type de morceau. Mais bon, ce n’est pas rédhibitoire : c’est une très bonne soirée que nous proposent M. Ané et ses camarades ! Les lumières donnent une dimension supplémentaire au spectacle, elles instaurent des climats en accord avec les morceaux. Le petit plus : les reflets sur les crânes rasés et lisses de Dominique et Gaétan : arrêtez de bouger, messieurs Propre, ça m’aveugle ! Mon voisin, un gentil garçon échappé du monde des cadres le temps d’un concert, me demande s’il va jouer « Le silence des oiseaux ». Moi, j’en doute ! Peut-être « Le courage des agneaux » ? Encore un qui a du mal à retenir un titre de chanson mais l’important est ailleurs : pouvoir donner à chaque instant à son interlocuteur le cours de l’action de sa société en bourse.
Dominique A. semble content de son dernier album produit par John Parish car il le joue presque en intégralité. Les titres extraits d’« Auguri » sont de pures merveilles : « En secret », « Le commerce de l’eau », « Antonia », « Les chanteurs sont mes amis », « Pour la peau », « Les enfants du Pirée » joués ce soir, sont tour à tour drôles, sarcastiques, tendres, débordants de rage. Sur les envolées de guitares bruituistes, Dominique A. semble possédé, il grimace, trépigne avec sa guitare dans les mains, c’est assez surprenant de sa part. Le parti pris de sonner rock conduit le groupe a jouer « Le twenty two bar » et surtout « Le courage des oiseaux » dans des versions musclées qui s’éloignent radicalement des versions studio. Ce qu’on perd en finesse et en sonorités décalées (claviers kitsch, reverbe sur la guitare), on le gagne en puissance et en tension. Et puis, il reste la voix toujours aussi fragile et émouvante du chanteur de la soirée. Les morceaux joués à la Joseph Arthur (tout seul à la guitare avec un effet pour enregistrer en direct de multiples parties de guitare) sont de purs moments de grâce. A voir !
(Photo prise par Hum ! au concert de Marseille, le 25 mai 2002 )
Après Bernard Lavilliers, c’est un autre costaud qui foule la grande scène de la Coopérative de mai, je ne me souvenais pas qu’il était si grand et qu’il avait l’air si méchant ce Dominique A. ! Une véritable tête de serial killer.
Dès le début, le ton de la soirée est donné, ce sera rock. Depuis l’album « Remué » et la tournée suivant cet album, Dominique A. veut casser son image de gentil chanteur de chanson française auteur d’un tube radiophonique. Il a toutefois l’air plus détendu que pour son passage au festival Rock Au Max lors de sa dernière tournée. Si la musique et les paroles sont tendues, Dominique A. essaie d’établir un contact convivial entre les morceaux, pour détendre l’atmosphère. Attention, il reste acerbe et ironique : il a encore des progrès à accomplir avant de pouvoir animer le « Bigdil » sur TF1 mais, patience, ça vient !
Alors que le départ avait été tonitruant, les titres suivants sont plus intimistes et calmes, les grosses guitares sont remises au placard pour un temps. Les morceaux sont magnifiquement interprétés, Sacha Toorop, Olivier Mellano et Gaétan Chataigner prouvent une nouvelle fois leur classe et leur habileté à créer des atmosphères variées. J’aurais préféré qu’ils alternent titres énervés et titres calmes, au lieu de jouer de grandes plages de chaque type de morceau. Mais bon, ce n’est pas rédhibitoire : c’est une très bonne soirée que nous proposent M. Ané et ses camarades ! Les lumières donnent une dimension supplémentaire au spectacle, elles instaurent des climats en accord avec les morceaux. Le petit plus : les reflets sur les crânes rasés et lisses de Dominique et Gaétan : arrêtez de bouger, messieurs Propre, ça m’aveugle ! Mon voisin, un gentil garçon échappé du monde des cadres le temps d’un concert, me demande s’il va jouer « Le silence des oiseaux ». Moi, j’en doute ! Peut-être « Le courage des agneaux » ? Encore un qui a du mal à retenir un titre de chanson mais l’important est ailleurs : pouvoir donner à chaque instant à son interlocuteur le cours de l’action de sa société en bourse.
Dominique A. semble content de son dernier album produit par John Parish car il le joue presque en intégralité. Les titres extraits d’« Auguri » sont de pures merveilles : « En secret », « Le commerce de l’eau », « Antonia », « Les chanteurs sont mes amis », « Pour la peau », « Les enfants du Pirée » joués ce soir, sont tour à tour drôles, sarcastiques, tendres, débordants de rage. Sur les envolées de guitares bruituistes, Dominique A. semble possédé, il grimace, trépigne avec sa guitare dans les mains, c’est assez surprenant de sa part. Le parti pris de sonner rock conduit le groupe a jouer « Le twenty two bar » et surtout « Le courage des oiseaux » dans des versions musclées qui s’éloignent radicalement des versions studio. Ce qu’on perd en finesse et en sonorités décalées (claviers kitsch, reverbe sur la guitare), on le gagne en puissance et en tension. Et puis, il reste la voix toujours aussi fragile et émouvante du chanteur de la soirée. Les morceaux joués à la Joseph Arthur (tout seul à la guitare avec un effet pour enregistrer en direct de multiples parties de guitare) sont de purs moments de grâce. A voir !
(Photo prise par Hum ! au concert de Marseille, le 25 mai 2002 )
Signature : pierre andrieule 07/03/2002
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