Critique de concert Eddy Mitchell

Il n'est jamais trop tard pour bien faire, alors il a fallu que j'attende sa dernière tournée pour me résoudre à aller voir celui que j'ai (re)découvert il y a peu du haut de mes 31 ans : Eddy Mitchell. Son dernier album m'a enthousiasmé et le concert a été à la hauteur.
Un mot me vient spontanément: la classe ! La classe en costume trois pièces impeccable. La classe pour rentrer sur scène alors que les musiciens jouent un petit thème blues. La classe dans l'interprétation soignée, le petit supplément dans la gestuelle ou le ton qui donne chair aux chansons. La classe dans une set list certes identique tous les soirs, mais dont le choix équilibré permet un voyage dans 50 ans de carrière et n'occulte aucune des orientations musicales prises par Eddy Mitchell tout au long de sa carrière : le rock'n roll, le jazz, le blues, la variété assumée. Le tout est cohérent et semble raconter une histoire. Celle du petit Claude qui s'appellera Eddy, deviendra un rocker et s'imposera dans le monde de la musique. "Come back" qui clôt le show résume bien ce panorama crépusculaire d'un artiste qui se retire à son zénith.
Le son était également parfait, n'écrasant pas les paroles sous un déluge de décibels, mais n'annulant pas toute la force de la musique par une voix trop mise en avant. Après la classe, l'équilibre donc. Celui qui alterne les morceaux rocks ("C'est un rocker", "Leche botte blues", "18 ans demain"), et ceux plus jazz ("le Bar du Lutétia", "Blues du Blanc", celui qui laisse sa chance aux nouveaux titres ("avoir 16 ans aujourd'hui", "l'esprit grandes prairies", "laisse le bon temps rouler") tout en n'oubliant pas les plus anciens ("Route de Memphis", "La dernière séance", "le cimetière des éléphants" entre autres), voire les très anciens ("Alice", "Daniela", Be bop a Lula", "toujours un coin qui me rappelle").
Quelques titres moins renommés tels "Le Bar du Lutétia", "le Blues du blanc" et une reprise de "April in Paris" ont atténué le côté "best of" de la set list. Rien n'était laissé au hasard. Après le "Bar du Lutetia" qui parle de l'homme à la tête de choux, il enchaîne sur "Vieille Canaille" (écrite par Gainsbourg) justement. Après avoir clamé en ouverture qu'il est un rocker, il reparle de ses racines ("Nashville ou Belleville") par exemple.
Il y avait du métier, peut-être un brin trop peu de spontanéité, mais tout de même pas mal de jeu de scène. Côté relation au public, je l'aurais pensé plus ému. Le public est lui longtemps resté (trop) sage et il a finalement attendre "Couleur Menthe à l'eau" pour voir une partie de l'assistance se lever et se masser vers le bord de la scène, l'entendre entonner la chanson, et emboîter le pas à Schmoll, peu enclain à faire chanter la salle. Mais on peut le comprendre, il sort d'une série harassante de concerts au Palais des sports et n'a pas pour habitude de faire dans le larmoyant. Tant mieux.
En résumé, un moment merveilleux avec un artiste dont beaucoup devraient s'inspirer pour ce qui est des textes, de la scène.
Ne le ratez pas !
PS: seul bémol, si quelque du Palais de sports me lit, il faisait beaucoup trop chaud et ce dès le début. On a dû friser les 40 degrés en haut des gradins !!
Signature : Krys
le 09/05/2011
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Dimanche 27 mai 2012 : 9162 concerts, 20891 critiques de concert, 4719 critiques de CD. 


















