Critique de concert Elektrolux + Tommy & The Cougars With Heart


Çà faisait un moment que l'info circulait dans le milieu et personne ne voulait y croire, mais Elektrolux a bel et bien viré sa cuti, les soviet twisters ont enterré le communisme et avec, leur propagande colorée pour embrasser sans vergogne un capitalisme country en noir et blanc à la Robert Mitchum, leur troisième et nouvel album.
Pour fêter çà, c'est à la Machine à Coudre, le 15 septembre 2012, qu'ils ont, sans surprise, choisi de s'exposer au lynchage en règle des militants elektrolusiens en colère ! Pour une soirée explosive !
Hasard ou coïncidence, en ce jour anniversaire de la mort de Johnny Ramone, la première partie est assurée par Tommy & The Cougars With Heart, groupe marseillais, jeunes héritiers assumés des Ramones, qui, après avoir compté jusqu'à quatre et claqué une corde de basse dès les premières notes – çà arrive – nous ont offert un set punk rock calé et énergique.
A la guitare et au chant, Tommy Heartattack et Lully Fletcher, grands gaillards dégingandés, braillards et impertinents, ressemblent à Beavis and Butthead (Lully Fletcher ayant adopté une décoloration capillaire du meilleur effet). La ressemblance avec les loosers métalleux d'MTv s'arrête toutefois là. On est en effet vite fixé sur la tolérance musicale du groupe. Le public encore un peu désinvolte et certes, pas du même âge, en prend même pour son grade "Vous aimez Deep Purple, AC/DC ou The Wall ou quoi ?" "C'est çà, vous êtes fans de Pink Floyd !" "Vous êtes encore plus mous que nous !"... ce qui, entre nous, n'est pas difficile vue l'énergie déployée et le risque de collision avec le plafond et de trauma crânien qu'ils prennent à chaque bond sur scène.
Tommy & The Cougars With Heart ont joué six ou sept morceaux de leur cru, tous dans une veine punk rock classique et très efficace, deux guitares, une basse, une batterie, tempo en 4/4, refrain, et c'est parti ! Ils ont su faire monter la température de la salle comme il fallait, allant jusqu'à déclencher un pogo libérateur, pour finalement céder, à contrecœur, une scène bouillante à Elektrolux.

Je me suis cognée contre la déferlante Elektrolux, il y a un an (jour pour jour tiens), le 15 septembre 2011, un soir où plutôt que de rester là à rien faire, je décidais d'aller laisser trainer mes oreilles au Terminus. J'ai eu ce soir-là le même sentiment que j'avais eu quelques mois auparavant en allant écouter, dans un tout autre registre, Seu Jorge à l'Espace Julien... La grosse claque ! Ouaw ! Un vrai groupe de rock ! Un vrai concert ! Des gars qui se régalent, qui suent, qui partagent tout à la note et à la goutte de sueur près ! Un public de gens normaux (dans une normalité relative et subjective, s'entend, mais que des gens qui nous ressemblent et qu'on aimerait bien connaître), bref (cf la chronique de Vv qui est mot pour mot ce que j'aurais écrit du concert si j'avais été de service et avais eu son talent) je me suis promis dans la mesure du possible de ne plus louper un épisode marseillais d'Elektrolux et j'attendais patiemment (impatiemment en fait) depuis ce jour...

Parce qu'Elektrolux, c'est tout ce que j'aime, un son rond et chaud qui vous prend littéralement aux tripes, une musicalité torturée et obsédante, un rythme qui vous fait oublier que de temps en temps, si on ne veut pas s'évanouir, il faut aussi penser à respirer, et surtout une voix de dingue entre Nick Cave et Peter Murphy, grave et sensuelle (sexuelle) à mourir – j'assume et comme je n'en suis pas, comme le Pinguin, à ma cent cinquante millième chronique sur Elektrolux, je m'octroie encore le droit de le dire :) –

Il faut savoir pourtant qu'Elektrolux entre sur scène et fait ses réglages, comme on place les saucisses sur un barbecue fumant lors d'une soirée d'été entre potes, tranquilles, décontractés, contents, l'air de dire, les amis, sympa d'être là, on va passer une bonne soirée. Et de fait, ils sont chez eux à la Machine à Coudre, à l'aise et entourés de gens qui les aiment !

Mais cette nonchalance ne laisse rien présager de l'adrénaline qui va s'ensuivre. Parce que troisième album ou pas, virage plus sombre et soft ou pas, reconversion capitaliste (çà m'étonnerait et la batterie "faucille et marteau" est là pour nous rappeler les penchants collectivistes) ou pas, Elektrolux est à fond, physique, puissant, trempé de sueur, Cédric, souvent en équilibre sur la pointe de ses pompes, tressaillant comme si les connexions électriques défaillantes de sa guitare lui envoyaient des décharges régulières, Eric, basse tout au bout du bout de ses immenses bras, imperturbable et métronométré, Manu, tout en précision frénétique et rouflaquettes.

Çà envoie du très lourd et c'est contagieux, mes jambes se sont prises pour Elvis Presley et j'ai perdu six litres de flotte… l'essorage à 1200 tours minute!

C’est ainsi qu’Elektrolux a présenté l'ensemble de son nouvel opus, vendu sur place pour la modique somme de deux euros et sur leur site pour pas beaucoup plus (on le veut, on l'a déjà, et on en reparlera), remercié chaleureusement tout son petit monde, la ville de Marseille (nan, on déconne...) et poursuivi avec des morceaux plus anciens, pour le plaisir et dans la bonne humeur, jusqu'à minuit et des poussières. A présent, il n'y a plus qu'à espérer une looooongue, très looooongue, tournée de promo !!

Plus de photos par Pirlouiiiit (arrivé juste pour le début de Elektrolux) en cliquant ici
Signature : mai-lanle 17/09/2012
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Photographe : pirlouiiiit
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>> Réponse (le 22/09/2012) Superbe chronique qui donne envi de ne pas rater le prochain concert d'electrolux ! ( c'est pas une marque d'aspirateur du coup ? ) > Réagir à cette critique

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