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Dimanche 27 mai 2012 : 9162 concerts, 20891 critiques de concert, 4719 critiques de CD.

Critique de concert Kayot Dot


Kayot Dot en concert


4 étoiles, bon concert

Jaime

J'arrive à l'Embobineuse pour le dernier morceau de Lavigna. sur scène un grand dadais habillé en petite fille chante d'une voix suraiguë, tandis que derrière lui un mec déguisé en nounours souffle dans un trombone, un autre dans une clarinette, un dernier à la guitare et un zombi à la batterie....



Tout dans ça dans une cacophonie bordélique. Soit. En fait, je n'en verrais pas assez pour me faire une opinion autre que ce grand n'importe quoi revendiqué.



De Kayo Dot, je en savais pas grand chose : que leur premier album avait été signé chez John Zorn, qu'il oeuvrait dans un espèce de métal progressif / free Jazz / musique barré expérimentale , que leur lign up était plus que mouvant autour de leur leader Toby Driver , que les disques étaient beaux à en pleurer et que leur violoniste est magnifique. Ce dernier point sera d'ailleurs vérifié dès leur entrée en scène.
Sauf qu'elle n'est pas encore au violon, mais au laptop. Enfin, tout ce beau monde va souvent changer de place, sauf le lead au chant / guitare. Du clavier à la clarinette, de la basse à la guitare, aux percus, au violon, aux machines, etc, etc...



Leur musique est très différente d'un Silver Mt Zion en fait, alors que je pensais qu'on naviguait de ce côté là. Souvent trop dissonante pour moi, j'aime quand même qu'il y ait un minimum de base mélodique, elle ne sera cependant pas totalement cérébrale, tendance où je lâche complètement l'affaire.



On passe par de longues plages sonores, malmené par des dissonances free, puis des moments plus doux et ça repart vers des expérimentations. La musique joue sur la confrontation entre les espaces mélodiques et la violence des cassures rythmiques, pouvant être très radicale. Le violon nous fait lorgner vers le classique, la clarinette vers le free et la gratte sur le noise. Tout cela souligné, rarement, par la voix angélique du chant.



On sent que l'architecture de tout cela est extrêmement travaillée, mais il y a de la place pour pas mal d'improvisations, les musiciens se jetant de nombreux coup d'oeil pour les lancer. Mais sans quitter Toby Driver, qui en est réellement le maître d'oeuvre, coupant un musiciens d'un simple regard, lançant un mouvement d'un geste. Parfois on a même l'impression que les musicos se retiennent de partir.







Parce qu'au final, cela ne décollera pas vraiment. Que ce soit le côté chaotique ou la face onirique, ils ne franchissent aucun des deux frontières, restant dans un entre-deux assez frustrant. Attention, ce sont loin d'être des bars cassé et le niveau est de haute tenue. Mais il manque cette touche de je-ne-sais-quoi qui pourrait tout emporter. La même impression que pour Gravenhurst que j'idolâtre sur disque et que je trouve ennuyeux sur scène.







Attention, il y aura quand même de beaux moments oniriques et d'autres bruitistes, comme ce final qui joue sur les larsens, avant que chacun abandonne progressivement son instrument pour saisir un tuyau de fer et tape dessus, cela dure, souligné par une basse et une batterie de plus en plus plombée.
Au final, une frustration certaine, et les adeptes du groupe semblaient plus déçus que moi.


 


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