Critique de concert Erevan Tusk + Hannah

La bouffée d'air pop-folk du début de l'année 2012 sera donc Erevan Tusk et Hannah. Remède aux congestions potentielles de cet hiver mi-figue mi-raisin, la folk que ces deux formations nationales nous présentent ce soir à Seconde Nature d'Aix en Pce, fait du bien par où ça passe, pas seulement par les oreilles, mais indéniablement par le coeur et les jambes.

Hannah débute la soirée en douceur avec leur pop tout en voix et batterie.
Totalement décomplexé, et ce malgré l'arsenal de camera déployé pour l'occasion de cette scène propulsée par le Labo Rock & Co (1), le duo guitare/voix et batterie, donne la tonalité de la soirée, avec une musique qui se chante, se clame à tout va, à gorge déployée, en salle, ou comme on l'imaginerait parfaitement, en plein air, de ces airs que l'on entonnerait en groupe, en bande, en cercle assis sur une crête ou sur une plage.
Cultivant visiblement son image de couple de musiciens marcheurs, vaguant à fleur d'horizon, ces deux là sont parfaitement complices. Les transitions parlées entre les morceaux sont décomplexées et non dépourvues d'un petit humour très pince-sans-rire, plaisantant volontiers sur leur propre prestation ou défauts, incidents de scène, sans détours.

L'atout maître du duo est sans nul doute la voix caractéristique et mélodique de Emmanuel A, qui sent bon l'outre manche ou atlantique. Les yeux fermés, voix à l'accent parfait et charmeur, propulsée de l'avant sur de longs couplets folk, c'est classieux et, à mon sens, cela semble apparemment empli de références en tout genre, mais que mon anglais rudimentaire ne parviendra pas à identifier.
Mais l'autre atout est indéniablement une rythmique impeccable, basée sur le jeu complet du batteur Laurent T (ça c'est du nom de scène, du vrai !). Un jeu parfait sans aucune extravagance. Pur, extrêmement riche, jouant sur les ambiances, des plus intimistes aux plus percutantes (au risque de casser une caisse claire en plein milieu de set !), c'est raffiné, très élaboré. Un régal.

Hannah peut la mélodie et la rythmique impeccables sans beaucoup d'autre artifices, et le prouve sur scène. Mais si le duo se suffit à lui-même, au grand désarroi des groupes où foisonnent les instruments amplifiés de toutes sortes, il semble qu'il puisse également être porté ou transposé en ensemble plus élaboré, telle l'expérience récente du duo entouré par les cordes de l'orchestre régional de Cannes PACA... et ça a du être quelque chose (les images devraient être disponible prochainement), la preuve s'il en faut, du pouvoir de la pop-folk et de ses mélodies et rythmiques, si autonomes qu'elles peuvent être facilement transposables.

Rapide changement de plateau au gré de la musique de Mademoiselle Julie aux platines, et sa sélection très pop-rock pour l'occasion.
Les cinq acolytes de Erevan Tusk montent sur scène, tout aussi décomplexés.
Même punition, mais avec une formation bien plus importante, le son de Erevan Tusk est naturellement bien plus ample, même s'il répond visiblement aux mêmes règles et construction que Hannah : la mélodie avant tout, accrocheuse, entêtante de facilité et d'évidence apparentes, portée par une rythmique guitare folk nette et accrocheuse.

L'ensemble est tout aussi classieux. Les cinq ont des gueules et des attitudes de scène indéniables. A la manoeuvre, Jim et Pâcome assurent un rôle de lead partagé ou séparé, alternant guitares ou claviers. A l'arrière, les désormais reconnus Nico Desse à la basse (Starboard Silent Side, ...) ou Alex Viudes (Narrow Terence, ...), complétés d'un autre guitariste pour l'occasion (?) et que je ne reconnais pas.
L'éventail de sonorités est également plus ample, de la folk pure aux envolées de guitares et de choeurs (In Your Shadow, Cassidy, ...), à la pop plus énergique et électrique, comme ce superbe et accrocheur Frostbitten, un riff de guitare énervé et, une fois de plus, un choeur prenant et entêtant (un coup d'oeil sur leur actuel myspace vous proposera une video assez limpide de ce que cela peut rendre sur scène...).

Répétée à qui veut l'entendre, l'influence Go-Betweens semble quasi-évidente. La voix ultra-présente et incarnée de Jim (ou Mij, c'est selon), alternée avec celle de Pacôme, mains en avant, s'appuyant sur l'air, évoluant au rythme des évocations oniriques des textes, et assez régulièrement portée par les choeurs non-moins oniriques des autres musiciens et des nappes de guitares claires et percussions simples mais efficaces.
Le son est propre. Les arrangements efficaces, notamment les apports subtils du guitariste inconnu. Mais là encore, les mélodies se suffiraient à elles-mêmes, et le groupe au grand complet le prouve sur un dernier morceau, exécuté unplugged au milieu du public, souligné d'une guitare acoustique, d'un ukulélé et quelques percussions, nouvelle évocation de cette folk qui se scande à plein poumons, au grand air et à l'unisson. Et dire que j'attends l'album, prévu au printemps prochain, est un doux euphémisme.

(1) Le Labo Rock & Co lance le pari de la pop, rock et folk sur Aix en Provence, avec chaque fin de mois pour ce premier trimestre 2012, des concerts de groupes, ayant souvent des attaches locales. Seconde Nature prête volontiers ses locaux, preuve (pour contredire ma première chronique) que ce lieu volontiers électro et DJ, convient parfaitement aux accents pop-rock.
plus d'infos : www.laborock.org

Hannah débute la soirée en douceur avec leur pop tout en voix et batterie.
Totalement décomplexé, et ce malgré l'arsenal de camera déployé pour l'occasion de cette scène propulsée par le Labo Rock & Co (1), le duo guitare/voix et batterie, donne la tonalité de la soirée, avec une musique qui se chante, se clame à tout va, à gorge déployée, en salle, ou comme on l'imaginerait parfaitement, en plein air, de ces airs que l'on entonnerait en groupe, en bande, en cercle assis sur une crête ou sur une plage.
Cultivant visiblement son image de couple de musiciens marcheurs, vaguant à fleur d'horizon, ces deux là sont parfaitement complices. Les transitions parlées entre les morceaux sont décomplexées et non dépourvues d'un petit humour très pince-sans-rire, plaisantant volontiers sur leur propre prestation ou défauts, incidents de scène, sans détours.

L'atout maître du duo est sans nul doute la voix caractéristique et mélodique de Emmanuel A, qui sent bon l'outre manche ou atlantique. Les yeux fermés, voix à l'accent parfait et charmeur, propulsée de l'avant sur de longs couplets folk, c'est classieux et, à mon sens, cela semble apparemment empli de références en tout genre, mais que mon anglais rudimentaire ne parviendra pas à identifier.
Mais l'autre atout est indéniablement une rythmique impeccable, basée sur le jeu complet du batteur Laurent T (ça c'est du nom de scène, du vrai !). Un jeu parfait sans aucune extravagance. Pur, extrêmement riche, jouant sur les ambiances, des plus intimistes aux plus percutantes (au risque de casser une caisse claire en plein milieu de set !), c'est raffiné, très élaboré. Un régal.

Hannah peut la mélodie et la rythmique impeccables sans beaucoup d'autre artifices, et le prouve sur scène. Mais si le duo se suffit à lui-même, au grand désarroi des groupes où foisonnent les instruments amplifiés de toutes sortes, il semble qu'il puisse également être porté ou transposé en ensemble plus élaboré, telle l'expérience récente du duo entouré par les cordes de l'orchestre régional de Cannes PACA... et ça a du être quelque chose (les images devraient être disponible prochainement), la preuve s'il en faut, du pouvoir de la pop-folk et de ses mélodies et rythmiques, si autonomes qu'elles peuvent être facilement transposables.

Rapide changement de plateau au gré de la musique de Mademoiselle Julie aux platines, et sa sélection très pop-rock pour l'occasion.
Les cinq acolytes de Erevan Tusk montent sur scène, tout aussi décomplexés.
Même punition, mais avec une formation bien plus importante, le son de Erevan Tusk est naturellement bien plus ample, même s'il répond visiblement aux mêmes règles et construction que Hannah : la mélodie avant tout, accrocheuse, entêtante de facilité et d'évidence apparentes, portée par une rythmique guitare folk nette et accrocheuse.

L'ensemble est tout aussi classieux. Les cinq ont des gueules et des attitudes de scène indéniables. A la manoeuvre, Jim et Pâcome assurent un rôle de lead partagé ou séparé, alternant guitares ou claviers. A l'arrière, les désormais reconnus Nico Desse à la basse (Starboard Silent Side, ...) ou Alex Viudes (Narrow Terence, ...), complétés d'un autre guitariste pour l'occasion (?) et que je ne reconnais pas.
L'éventail de sonorités est également plus ample, de la folk pure aux envolées de guitares et de choeurs (In Your Shadow, Cassidy, ...), à la pop plus énergique et électrique, comme ce superbe et accrocheur Frostbitten, un riff de guitare énervé et, une fois de plus, un choeur prenant et entêtant (un coup d'oeil sur leur actuel myspace vous proposera une video assez limpide de ce que cela peut rendre sur scène...).

Répétée à qui veut l'entendre, l'influence Go-Betweens semble quasi-évidente. La voix ultra-présente et incarnée de Jim (ou Mij, c'est selon), alternée avec celle de Pacôme, mains en avant, s'appuyant sur l'air, évoluant au rythme des évocations oniriques des textes, et assez régulièrement portée par les choeurs non-moins oniriques des autres musiciens et des nappes de guitares claires et percussions simples mais efficaces.
Le son est propre. Les arrangements efficaces, notamment les apports subtils du guitariste inconnu. Mais là encore, les mélodies se suffiraient à elles-mêmes, et le groupe au grand complet le prouve sur un dernier morceau, exécuté unplugged au milieu du public, souligné d'une guitare acoustique, d'un ukulélé et quelques percussions, nouvelle évocation de cette folk qui se scande à plein poumons, au grand air et à l'unisson. Et dire que j'attends l'album, prévu au printemps prochain, est un doux euphémisme.

(1) Le Labo Rock & Co lance le pari de la pop, rock et folk sur Aix en Provence, avec chaque fin de mois pour ce premier trimestre 2012, des concerts de groupes, ayant souvent des attaches locales. Seconde Nature prête volontiers ses locaux, preuve (pour contredire ma première chronique) que ce lieu volontiers électro et DJ, convient parfaitement aux accents pop-rock.
plus d'infos : www.laborock.org
Signature : flagle 29/01/2012
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Photographe : flag
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le 23 juillet 2010 - theatre de verdure de la rebutte - Barbentane (par Stephane Sarpaux)
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