Critique de concert Erik Truffaz & Sly Johnson


Il ne faut pas dire "Je vais voir Erik TruffaZ à Carnou", mais "Je vais voir Erik Truffa à CarnouX". J’avais fait le déplacement à Montpellier où j’avais été littéralement conquis.
Alors les quelques kilomètres pour rejoindre Carnoux, c’est une galéjade, d’autant que parmi mes passagers figure François, un habitué du Marseille-Cassis.

Cela nous donne l’occasion de découvrir une salle, L’Artea ou plutôt un complexe avec un grand hall dont les baies vitrées donnent sur un amphithéâtre en plein air.

C’est dans ce hall que Dj Oil fait patienter les spectateurs sirotant leurs consommations autour de tables. D’autres fument leur cigarette sur les gradins de l’amphi. Dj Oil fait son mix en enchaînant les CD qu’il sort de ses énormes pochettes de rangement. Il sait s’adapter à la situation puisque nous entendons beaucoup de trompette lors de sa prestation. Ce n’est habituellement pas l’instrument préféré des Dj. Musique d’ambiance pour un public pas conquis d’avance. D’ailleurs, personne ne se tient à moins de dix mètres de la table de mixage. Mais c’est assurément plus créatif que de passer une compil sur la platine.

Lorsque s’ouvrent les portes de la salle principale, on découvre une grande scène et une salle d’une dimension très respectable pour une ville comme Carnoux. Le mur du fond témoigne de l’existence d’une configuration assise à laquelle nous n’avons pas droit ce soir.

Contrairement à Montpellier, Erik Truffaz entre le premier et nous dit bonjour par l’intermédiaire de sa trompette qui a un sacré champ lexical ! Sly Johnson le rejoint rapidement et dès lors, je sais que je vais être déçu. Sa performance vocale est très nettement en deçà de celle d’il y a un mois. Mon ressenti n’est pas le même, l’impression de ventriloquie dégagée lors du début de la tournée s’est estompée.

Les efforts produits lors des nombreuses dates doivent l’expliquer. Il s’agit en effet d’une véritable performance physique pour un vocaliste, qui doit laisser des traces à force d’être répétée. Cela dit, si Sly Johnson n’est plus prodigieux, il est encore très bon. Sur son premier duo avec Erik Truffaz, The Fly, il présente sa palette vocale qui demeure impressionnante. Ils enchaînent avec Come Together des Beatles, et par mon morceau préféré, Mr Wyatt. Ceux qui connaissent l’album Rock Bottomde Robert Wyatt apprécient l’hommage à sa juste valeur.

"Captain Planet" Philippe Garcia a pris place à la batterie et commence un solo. Il est rapidement épaulé par Sly à la basse et aux djembés vocaux.

Parmi les grands moments de la soirée, Sly Johnson fait toujours le Dj de façon invraisemblable, mimant le scratching avec sa main gauche et l’effectuant parfaitement vocalement.
Lors de Nature Boy, on se demande si les interprétations de Nat King Cole, Coltrane ou Miles Davis peuvent avoir été meilleures que celle de ce soir.

Et surtout, Erik Truffaz a murmuré des secrets à sa trompette qu’elle n’a pas pu s’empêcher de nous répéter. A noter la qualité d’écoute du public ce soir, pas de "Yeah !", ni de sifflets pour perturber les confidences de Truffazette (j’ignore si Erik l’a baptisée autrement).

Les consoles à boucles et les bandes sons sont abondamment utilisées par les deux protagonistes principaux. Ils ont à mon avis trouvé un dosage correct entre les deux. Les boucles, c’est quelquefois un peu longuet comme sur le rappel qui a mis deux plombes à démarrer.

Sly préparait en effet la rythmique du morceau avec une petite dizaine de superpositions.
Les bandes sons, c’est frustrant, parce que tout ce qu’on y entend, on sait qu’ils savent le produire en live. Mais ça deviendrait encore plus longuet, alors…

Erik Truffaz s’est réjoui de jouer dans cette salle où il peut voir le public et dont l’acoustique est bien meilleure que dans les lieux où il s’est récemment produit. Pour ma part, j’aurais préféré la configuration assise. Et j’ai apprécié que le survêtement orange de Sly subi à Montpellier n’ait pas survécu à la tournée.

A la sortie, Dj Oil, imperturbable, assure l’after pour ceux qui veulent refaire le concert en se désaltérant. Les sons de trompette sont encore présents. Ceux de Truffazette restent dans ma tête encore ce matin.
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Signature : mcyavellle 05/04/2009
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Photographe : pirlouiiiit
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