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Lundi 28 mai 2012 : 9032 concerts, 20891 critiques de concert, 4721 critiques de CD.

Critique de concert Farenji


Farenji en concert
Jaime

Farenji : "En Ethiopie, on utilise un terme dérivé de "français" pour désigner l’étranger."

Je n’avais encore jamais assisté à une séance de ciné-concert mais vu les noms affichés, je me réjouissais à l’avance de suivre une fois de plus Uli Wolters et de redécouvrir le groupe <>Nuestra Cosa qui m’avait émerveillé en concert il y a 3 ans avec leur mélange de jazz et de bidouillages sonores électriques. La séance a lieu au Pathé-Madeleine et est soutenue par la Meson. Farenji est donc constitué à la fois d’images de Jean-Marc Lamoure tournées au super 8 en Éthiopie, Soudan et Marseille accompagnées par la narration en direct de celui-ci et des musiciens précédemment cités pour la bande sonore.

Le documentaire est au début très introspectif, et nous fait partager les pertes de repères et les doutes du narrateur Jean-Marc Lamoure liés à sa propre vie ainsi qu’à la sensation de déracinement. Puis progressivement, il se tourne vers l’extérieur et s’interroge alors sur les rencontres furtives, les gens de passage (où est-ce lui qui est de passage ?). Qui est l’étranger ? par rapport à qui ? à quoi ? La notion d’identité apparaît alors. Comment se situer par rapport à soi-même et tout se qui nous entoure (les autres, les lieux, les changements). Le documentaire live est alors à la fois intemporel et d’actualité. Chaque spectateur se sent alors impliqué par toutes ces interrogations. Le sujet pourrait être lourd, mais il est abordé de manière poétique

Le super 8 dégage une atmosphère que je recherche depuis un moment. Les images tremblantes, fragiles et poussiéreuses sont le reflet d’un souvenir flottant, peut-être nostalgique, qu’on s’approprie petit à petit. La voix grave et rauque (cigarettes ?), mais néanmoins posée de Jean-Marc Lamoure nous emporte aisément dans ses pérégrinations et interrogations. Quant aux musiciens, ils nous délivrent une délicieuse bande sonore jazz qui complète à la fois les images mais également la narration. Tantôt la batterie se veut légère, ou bien au contraire, on est séduit par les envolées du saxophone. Ou dit autrement, tandis qu’on a le cerveau qui vagabonde et tente de rebondir sur les interrogations de Jean-Marc Lamoure, et le cœur qui se laisse porter par la poésie de celui-ci; l’ambiance sonore, elle, tout en restant soigneusement dosée pour mettre en valeur les images, nous prend aux tripes.

On en sort le cœur léger et la tête dans les nuages, tandis que les questions se mêlent.
J’écris la chronique presqu’un an après l’avoir vu, mais je me laisse envahir par ces images bien plus souvent qu’on ne pourrait le croire, d’autant plus après un voyage en Afrique. Mais nul besoin d’avoir voyagé pour savourer ce petit chef d’œuvre qui raisonnera longtemps dans vos esprits.

Jean-Marc Lamoure : images et narration
Ulrich Wolters : saxophone et mallets
Guillaume Cros : guitare électrique
Quentin Leroux : claviers, flûte, bugle, laptop
Loïc Marmet : batterie


 


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