Critique de concert Faroa Quartet


Les responsables de salles ont un privilège, celui d’assister aux balances et de pénétrer une bonne heure avant les spectateurs dans l’univers des musiciens, dans l’ambiance qu’ils s’apprêtent à créer.
Et cet univers, cette ambiance s’annoncent magiques ce soir à en croire le malicieux sourire qu'affiche Claude Norbert en nous accueillant et son discours inaugural : "un concert qui fera date".

Effectivement, une pièce suffira pour nous conquérir, probablement leur plus belle. Contre-Visite est son nom, subtilement construite en trois mouvements avec sa splendide parenthèse centrale, duo où la tendresse du piano et la rudesse de la batterie font mine de s’affronter pour en réalité créer une belle et intense osmose.
La performance est d’autant plus remarquable que du groupe découvert voilà deux ans et demi dans le regretté festival Rhythm’N’Funk ne subsiste que la colonne vertébrale : Guillaume Serre aux saxophones et flûte, Fred Magnan à la batterie, les deux compositeurs du quartet.

L’intégration du claviériste, Clément Vidal-Naquet, partagé entre son piano et son Korg, est d’une fulgurante rapidité : si la précision n’avait été donnée qu’il joue ce soir pour la première fois dans le quartet et n’a assisté qu’à quelques répétitions, nul ne s’en serait douté. Le quatrième larron est Alain Jean. Le son de sa contrebasse à cinq cordes donne une couleur fusion au répertoire.

Les pièces sont toujours mélodieuses et variées, souvent ponctuées de ruptures. Ainsi sur Nuit, tendre thème que vient tourmenter une plage plus percutante où s’exprime la folie du sax. Le moment du set où la filiation avec Pharoah Sanders – à l’origine de leur nom – s’exprime le plus.
Nous voyageons dans "leur Orient à eux", puis en Afrique, (Afrology, avec des chicanes qui nous transportent jusqu’au Brésil), nous apprécions de notables performances instrumentales :

sax ténor prenant sur Orient, quasi-coltranien sur City avant une belle envolée de claviers, basse capable d’imprimer une rythmique délicieusement répétitive (Siddharta) ou de briser ses chaînes (XY), baguettes volcaniques laissant épisodiquement la place aux mailloches pour nuancer le propos…
Victor Theme semble un résumé de l’étendue de leur palette : saxophone, piano, flûte, s’y expriment tour à tour, rivalisant de fluidité sur un rythme effréné avant le torride solo de batterie final. "Un concert qui fera date" ? Pas mieux.

Clément Vidal-Naquet : piano, clavier / Alain Jean : basse / Guillaume Serre : saxophones soprano et ténor, flûte / Frédéric Magnan : batterie.
Setlist :
Contre-Visite / Clodikan / Orient / Nuit / Afrology / Cap 121
City / Aube / Siddharta / XY / Victor Theme
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Signature : mcyavellle 02/05/2012
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Photographe : mcyavell
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le 29 novembre 2009 - Espace de l'Huveaune - La Penne-Sur-Huveaune (par Mcyavell)


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