Critique de concert The Wildebeests + Magnetix + Les Arondes + Reverend Beat-Man (Festival Born Bad 2010)


Retour sur l'excellent week-end passé au Festival Born Bad -dans la salle du Trabendo à Paris - avec pléthore de groupes de surf rock, de rock 'n roll et de rock garage... Le public - majoritairement looké sixties garage et pin up vintage - a vu défiler devant ses yeux ébahis et ses oreilles sifflantes Les Arondes, Magnetix, The Wildebeests et Reverend Beat-Man, le 25 juin, puis The Urges, The Masonics et enfin Gravedigger V, le 26 juin (chronique ici... ). Pas de quoi avoir une seule seconde de répit, pas le moindre début d'amorce d'ennui et encore moins l'envie d'aller voir le guignol pour gogo David Guetta, qui cachetonnait aux platines du zénith de Paris, tout proche... Compte rendu :

Les Arondes
Le Festival commence sous les meilleurs auspices avec le set concis et gentiment vintage des surfers montpelliérains du groupe Les Arondes... Devant un public encore un peu clairsemé (au cours des deux soirées on regrettera le manque de public – relatif, il y a assez de monde pour qu'il y ait une bonne ambiance -, les organisateurs méritaient mieux !), les quatre musiciens fascinés par l'âge d'or de la surf music, les années 50 et 60, s'en donnent à cœur joie en enchainant leurs instrumentaux truffés de mélodies captivantes...

Le mélange de titres originaux et de reprises fonctionne bien, et récolte fort justement une réaction positive de l'assistance. Seul les fans de surf rock hystérique et méchant sont (un peu) déçus par le côté propret des Arondes, mais on leur répondra qu'il y a différents courants passionnants dans ce style ! Celui choisi par Les Arondes est idéal pour boire des cocktails savamment alcoolisés sur une plage et faire de l'œil aux jolies filles en bikini...

Magnetix
On monte de plusieurs ton niveau énergie et rock 'n roll attitude juste après avec le set encore une fois archi énervé du duo françaisde rock garage Magnetix...

A chaque fois qu'on les voit sur scène, c'est la même claque magistrale, et on en redemande encore et encore ! C'est grave docteur ? Souffre-t-on d'un incurable problème de masochisme auditif ? Est- il normal de vouloir ainsi se faire exploser les oreilles à grands coups de riffs méga distordus, de cris de loup garou en rut (et électrocuté !) et de parties de batterie dominatrices ? Oui et non, sont les réponses aux questions posées.

C'est dans la nature des choses, on aime juste se faire du bien tout en se faisant un peu mal, c'est ça qui est bon dans le rock 'n roll ! Ahhhh, prendre en pleine face le vacarme insoumis de ces deux hooligans sonores, quel putain de bonheur pour les tympans... Mais pas que : Magnetix propose un véritable spectacle visuel, le genre de truc admirable à regarder... Quand le regard noir, les mimiques folles et les gesticulations démentes du monsieur se mêlent au gestes secs (sexe ?) réalisés avec moues boudeuses et tétons arrogants de la dame, on est au Pa – ra – dis !

The Wildebeests
Et la première soirée du festival Born Bad se poursuit avec encore un excellent combo de rock garage délicieusement agressif : les Anglais de The Wildebeests . Ce trio-là est jouissif à voir sur scène, on a l'impression d'avoir en face de soi un groupe jouant des tubes des Sonics, des Beatles, des Standells, des Stones et des Kinks mis à sa sauce, piquante et cradingue... Heu, on allait oublier : et sexy, aussi hein, la sauce !

C'est du rock garage servi avec foi, énergie et envie de faire sauter en l'air, avec moult riffs de guitare tranchants, chant joliment forcé, basse sauvagement démontée et batterie sèche comme un coup de trique. Se faire botter le cul par les Wildebeests est un véritable délice, car ces gars-là, pas tout jeunes pour l'état civil mais toujours adolescents à l'intérieur, s'amusent autant que leur public (ravi de pouvoir pogoter comme un seul homme) à jouer des tubes aussi incroyables que l'orgasmique Lucinda.

Le chanteur guitariste à l'œil coquin, à la voix poussée dans ses derniers retranchements et au coup de guitare franc du collier, le bassiste chanteur sosie d'Elvis, au sourire ravageur et au jeu hyper saignant et le batteur imparable étaient faits pour croiser le fer sur une scène. Et nous, nés pour les encourager ! Voir ça en live rajeunit de 20 ans à tous les coups ! Ça intéresse quelqu'un ?

Reverend Beat-Man
La soirée a pris du retard et le dernier groupe, les excellents suisses de Reverend Beat-Man font leur entrée sur scène à un horaire qui commence à être un peu déraisonnable pour ceux qui habitent loin et espèrent rentrer en métro chez eux... Tout le monde n'a pas la chance d'avoir une superbe moto vintage garée devant le Trabendo pou pouvoir ramener sa dulcinée à fond dans les rues de Paris dans la nuit étoilée ! Tout ça pour dire, que l'on n'a pu voir que le début du set de Reverend Beat-Man, mais que le peu qu'on a vu nous a donné très envie d'en avoir plus très bientôt ! Pour la bonne et simple raison que le son de révérend est le type de truc qui convertit instantanément les fans de rock garage blues servi très chaud, avec les amplis à fond et les cordes vocales passées à la toile émeri. C'est rock 'n roll, c'est communicatif, c'est puissamment sexuel, c'est joyeusement querelleur mais... il faut aller faire dodo ! MERDE ! On se consolera demain avec The Urges, The Masonics et Gravedigger V...

Liens : www.myspace.com/lesarondes, www.myspace.com/themagnetix, www.myspace.com/wildebeests, www.myspace.com/reverendbeatman, www.bornbad.fr...
Photos du concert par Flore-Anne Roth www.floreanneroth.com
Signature : pierre andrieule 08/07/2010
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