Critique de concert Festival Chhhhhut : Je suis le Petit Chevalier


Ce qui est bien avec un festival, c'est que tu vas voir des choses que tu ne serais pas allé avoir en dehors de cette occasion, parce que tu suis les 15 jours de programmation de Chhhhhhut, parce que So'Prod qui organise la soirée ne t'a jamais déçu, parce que de toute façon tu peux pas tout connaitre et que tu as découvert pas mal de trucs qui m'ont foutu le frisson simplement parce que tu as fait confiance à une salle, une asso, un label, un festival. Encore merci à tous ces gens d'exister.

Parce que, honnêtement, Je suis le petit chevalier ne fait pas partie de ma culture, de mes esthétiques, de mon milieu. Parce que le nom du projet a fait rire le joueur de rôle que je suis ("et moi je suis le gros gobelin" ..), parce que je ne savais même pas qui était Félicia Atkinson avant ce soir ... Et c'est dans cet état d'esprit, mi craintif, mi sarcastique que je me pointe à la Galerie des Grands Bains Douches avec mes 250 kilos de punk'n'skinhead (répartis en 3 personnes).

Déjà le lieu est assez bloquant. Ce sont effectivement des anciens bains douches, avec tarifs d'époque gravé sur marbre à l'entrée, un couloir circulaire avec baie vitré entoure un jardin et donne sur des bureaux. Sur les murs du couloirs, on trouve des œuvres de divers artistes. Les enfants, et les skinheads (qui sont de grands enfants), apprécient le lieux et aucun bobo ne sera blessé lors du concert.

Félicia Atkinson s'installe derrière ses machines, tout en chignon roux, grosses lunettes et robe stricte. Une appréhension m'étreint. Elle commence à triturer ses boutons. Un lent bourdonnement amplifié nous enveloppe. Ce fil conducteur durera tout l'unique morceau du set. Envelopper n'est pas un vain mot.

En effet, alors qu'elle pourrait être angoissant, la musique de Je suis le Petit Chevalier est tout le contraire. La montée progressive est presque rassurante, enveloppante donc, comme un cocon sonore qui emplit tout l'espace. Au fur et à mesure du set, à base de drones obsédants et de nappes répétitives, elle va introduire divers sons, doux, stridents, mélodiques. Un peu de tout ça à la fois.

Mais point de dissonances majeures ici, tout vient naturellement, comme un conte qui s'enrichit au fil de l'histoire (et donc Je suis le Petit Chevalier ...). L'orage qui éclate sur Marseille, la pluie qui tape violemment sur la véranda s'intègre parfaitement à l'harmonie qui se construit. Absorbé par la musique, j'ai même cru à un moment que cela venait des machines. Propice à la rêverie, le set t'emplit d 'apparitions oniriques, une rêverie psychédélique.
Une vidéo de Penny Green-Shard
Le morceau s'achève dans un souffle, je retrouve la pluie et la moitié de mes skinheads. Je suis le Petit Chevalier nous a offert une belle parenthèse éthérée. Bizarrement, je ne pense plus à mes gobelins.
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Signature : mystic punk pinguinle 23/10/2012
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Photographe : pirlouiiiit
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